L'Hebdo #098 : Les conséquences sur les marchés de la future baisse de taux de la FED, l'impact de prêts immo potentiellement plus long et le pouvoir des intérêts composés
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. Les actions se redressent après que la Fed a indiqué que des baisses de taux sont probables
Après s'être repliés jeudi, les marchés boursiers ont rebondi vendredi, les trois principaux indices américains progressant de plus de 1 %. Le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué dans un discours prononcé vendredi lors du symposium de Jackson Hole que « le temps est venu pour la politique de s'ajuster ». Les marchés prévoient que la Fed entamera son cycle de réduction des taux lors de la réunion du FOMC du 18 septembre. Le mouvement de hausse des actions fait suite à un beau rallye dans les jours qui ont suivi la chute brutale des marchés le 5 août. Depuis lors, le S&P 500 a progressé de plus de 8 % et le Nasdaq, à forte composante technologique, a rebondi de plus de 10 %. Bien que les deux indices soient inférieurs à leurs plus hauts historiques de juillet, ils restent en hausse de plus de 17 % depuis le début de l'année. Dans l'ensemble, les récentes données économiques et d'inflation, meilleures que prévu, ont apporté une certaine stabilité aux marchés, de même que les attentes selon lesquelles la Réserve fédérale commencera à réduire ses taux lors de sa réunion de septembre.
2. Le bitcoin reprend des couleurs
Cette semaine, le Bitcoin connaît une hausse significative de plus de 4,9%, atteignant ainsi 61 000 dollars. Cette remontée est largement soutenue par l'afflux de 250 millions de dollars dans les ETF Bitcoin Spot, particulièrement aux États-Unis. De son côté, l'Ether (ETH) peine à suivre, avec une augmentation modeste de seulement 1,73%, stabilisant son cours autour de 2 650 dollars. Les investisseurs en crypto-monnaies restent attentifs à une éventuelle baisse des taux d'intérêt aux États-Unis, un facteur qui a historiquement favorisé la progression des actifs numériques.
3. Semaine clé pour les marchés : focus sur la macroéconomie et les résultats d'entreprises
La dernière semaine d'août s'annonce cruciale, avec deux grands rendez-vous. Sur le plan macroéconomique, les investisseurs attendent des signes clairs d'une possible baisse des taux d'intérêt, tant en Europe qu'aux États-Unis. Les premières estimations de l'inflation d'août en Allemagne et dans la zone euro, ainsi que les commandes de biens durables aux États-Unis et la seconde estimation du PIB pour le deuxième trimestre, seront particulièrement scrutées. L'indice d'inflation PCE, prévu pour vendredi, sera également un indicateur clé.
Côté entreprises, l'attention sera focalisée sur les résultats trimestriels de Nvidia, attendus mercredi soir. Ce groupe, devenu l'emblème des espoirs autour de l'intelligence artificielle, attire une large demande pour ses produits, même si leur utilité concrète n'est pas toujours comprise par tous. D'autres entreprises comme PDD, Salesforce, CrowdStrike, Dell, et Pernod Ricard apporteront aussi leur lot de diversité en termes de résultats financiers cette semaine.
📰 Le dossier de la semaine : La FED prévoit une baisse des taux, quelles conséquences sur les marchés ?
Le moment tant attendu n'est pas encore arrivé, mais le compte à rebours est bien entamé. La semaine dernière, la Réserve fédérale a organisé son symposium annuel à Jackson Hole, dans le Wyoming, un événement phare pour la politique monétaire. Bien qu'aucune décision concrète n'ait été prise lors de cette rencontre, elle a préparé le terrain pour les prochaines réunions officielles de la Fed, où des actions sont fortement anticipées.
Durant cette semaine, les marchés ont stagné, suspendus aux déclarations des responsables monétaires, en particulier le discours très attendu du président de la Fed, Powell, vendredi. Même si aucune surprise majeure n’a été dévoilée, les propos tenus ont apporté des éléments essentiels pour les évolutions futures des marchés.
1) En général, les baisses de taux d'intérêt sont bénéfiques pour les marchés, et nous pensons que cette fois-ci ne fera pas exception.
La reprise boursière observée cette année devrait continuer à soutenir les marchés financiers dans les mois à venir. Le passage à une politique monétaire plus accommodante est vu comme un catalyseur positif. Cependant, cette évolution a été largement anticipée, et une partie de ses effets se reflète déjà sur les marchés boursiers et obligataires. Les rendements à court et à long terme ont chuté cette année, signalant des attentes de baisse des taux directeurs par la Fed. Parallèlement, le marché boursier a grimpé d'environ 40 % depuis le pic des taux d'intérêt du 1er octobre dernier.
Nous pensons néanmoins que le potentiel des baisses de taux n'est pas encore totalement épuisé pour les actions. La capacité de la Fed à orchestrer un atterrissage en douceur de l'économie, en évitant la récession, devrait permettre une croissance soutenue des bénéfices des entreprises l'année prochaine, prolongeant ainsi le marché haussier jusqu'en 2025.
2) Les actions ont progressé et les rendements des bons du Trésor ont chuté en anticipation des prochaines baisses des taux par la Fed.
Une politique monétaire plus souple ne garantit pas pour autant une période sans turbulence. Au cours des 40 dernières années, après les baisses de taux de la Fed, les marchés boursiers ont généralement performé positivement, sauf dans deux cas au cours des trois mois suivants. Toutefois, cette période est souvent marquée par une volatilité accrue. Les variations à court terme, qu’elles soient quotidiennes ou hebdomadaires, sont rarement linéaires, ce qui reflète le fait que l'assouplissement monétaire s'accompagne souvent de changements économiques et financiers.
Nous pensons que les préoccupations liées à la croissance, alimentées par des indicateurs économiques faibles, ne sont pas encore derrière nous. De plus, l'élection présidentielle américaine et les incertitudes géopolitiques pourraient intensifier les tensions dans les mois à venir. Bien que ce changement de cap de la Fed soit globalement positif, il n'éliminera pas les fluctuations ni la volatilité pour le reste de l'année 2024.
3) Les performances du marché boursier ont été mitigées immédiatement après la première baisse, reflet de l’évolution des conditions.
L'histoire et la situation actuelle soutiennent une perspective optimiste. Les baisses de taux ne sont pas une solution miracle, mais une politique moins restrictive est une bonne nouvelle. Cela ne signifie pas un retour aux prêts hypothécaires à faible taux ni à une forte relance monétaire, mais cela facilite un peu plus les conditions d'emprunt pour les consommateurs et les entreprises américaines. Des taux plus bas peuvent également renforcer les valorisations boursières et les rendements obligataires, comme le montrent les performances des actions un et deux ans après le début des baisses de taux. Bien que des événements majeurs comme l'éclatement de la bulle Internet, le 11 septembre, ou la crise financière mondiale aient prolongé les faiblesses du marché, l'histoire reste favorable aux investisseurs
En résumé, si on se base sur des périodes comme 1987, 1995 et 1998, où les baisses de taux n'ont pas été suivies d'une récession, les rendements à un ou deux ans ont été particulièrement élevés. Une récession n’est jamais totalement exclue, mais nous croyons que l'expansion économique se poursuivra. Le fait que la Fed ait commencé à abaisser les taux alors que l'emploi, les dépenses de consommation et la croissance du PIB sont encore robustes, renforce notre vision positive pour les marchés financiers à venir. En conclusion, la performance globale du marché après les premières baisses de taux a souvent été favorable.
🏠 Immobilier : Pourquoi ne pas prêter sur des durées plus longues ?
Face aux défis que rencontrent le marché immobilier, il est normal de se demander pourquoi les banques ne prêteraient pas sur des périodes plus longues ? Néanmoinns, si cette option peut sembler séduisante, elle comporte des risques non négligeables.
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Un coût total nettement plus élevé
L’un des premiers aspects à considérer est le coût total du crédit. En étalant les remboursements sur plus d'années, le montant des intérêts à payer augmente considérablement. Cela signifie qu'au final, l’emprunteur paiera bien plus pour son bien que s'il avait choisi une durée plus courte. Cette différence pourrait atteindre des dizaines de milliers d’euros, ce qui doit être pris en compte dans le calcul de rentabilité de l’investissement immobilier.
Le risque de surendettement sur le long terme
Prolonger la durée de son prêt peut réduire les mensualités, rendant ainsi l’emprunt plus accessible. Toutefois, cette réduction des mensualités ne doit pas occulter le risque de surendettement. Sur une période aussi longue, les aléas de la vie, comme une perte d’emploi ou des dépenses imprévues, peuvent rendre le remboursement difficile. De plus, un engagement financier qui s’étend sur plusieurs années peut limiter la capacité d’épargne pour d’autres projets importants, comme la retraite.
Une réponse limitée à l’accessibilité au logement
Si l’allongement de la durée des prêts peut sembler une solution pour faciliter l’accès à la propriété, il ne s’attaque pas aux causes profondes du problème, notamment le manque de logements disponibles. Sans une augmentation de l’offre de logements abordables, ce type de prêt pourrait même contribuer à maintenir les prix élevés, rendant l’immobilier toujours aussi inaccessible pour une grande partie de la population.
🏦 Investissement : Le pouvoir des intérêts composés
Albert Einstein aurait un jour déclaré que la force la plus puissante de l'univers est le principe de la composition des intérêts. Dans le domaine des finances et de l'investissement, ce principe se manifeste par les rendements composés, où les intérêts générés sur un capital commencent eux-mêmes à produire des intérêts. Ce mécanisme permet de multiplier votre argent de manière exponentielle.
Qu'est-ce qui influence le montant des intérêts composés ?
Trois facteurs principaux déterminent la rapidité avec laquelle votre argent se compose :
Le taux de rendement : Il s'agit du profit que vous réalisez sur votre investissement. Par exemple, si vous investissez dans des actions versant des dividendes, votre rendement total proviendrait des plus-values et des dividendes. Dans le cas d'un livret d'épargne comme le Livret A, ce serait le taux de rendement annuel.
Le temps : Plus vous laissez votre argent fructifier, plus il se compose. Par exemple, sur une période de 10 ans, votre argent croîtra plus que sur une période de 5 ans, logique.
Le taux d'imposition : Vous accumulerez bien plus d'argent si vous n'avez pas à payer d'impôts, ou du moins, si vous ne les payez qu'à la fin de la période de composition, plutôt qu'à la fin de chaque année. C'est pourquoi il est important de considérer les comptes à imposition différée, comme les contrats d'assurance-vie par exemple.
Les intérêts composés et la valeur temporelle de l'argent
La composition des intérêts repose sur le concept de valeur temporelle de l'argent, qui stipule que la valeur de l'argent varie en fonction du moment où il est reçu. Il vaut mieux avoir 100€ aujourd'hui que dans quelques années, car cet argent peut être investi pour générer des revenus sous forme de dividendes et d'intérêts. En composant, cet argent croît de manière significative. Si vous attendez deux ans pour recevoir ces 100€, vous manquez l'opportunité de faire fructifier cet argent.
Investir tôt permet de maximiser l'effet des intérêts composés, qui augmentent de manière exponentielle avec le temps. En commençant à épargner et à investir dès le plus jeune âge, même de petites sommes, vous laissez plus de temps à votre argent pour croître, ce qui réduit l'effort d'épargne nécessaire pour atteindre vos objectifs financiers. De plus, les investissements à long terme ont le potentiel d'amortir les fluctuations du marché, ce qui vous permet de bénéficier pleinement de la croissance sur la durée. En résumé, plus vous commencez tôt, plus vous donnez à votre argent la chance de se multiplier de manière significative.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
SoftBank discute d'un partenariat avec Intel pour rivaliser avec Nvidia dans le domaine des puces d'IA.
S&P abaisse la note crédit d'Intel d'un cran, à "BBB+"
Mastercard prévoit de réduire ses effectifs mondiaux de 3%.
Boeing et Lockheed Martin en pourparlers pour vendre la société de lancement de fusées ULA à Sierra Space.
L'Autorité de la concurrence autorise le rachat de La Poste Telecom par Bouygues Telecom.
Les premiers modèles d'iPhone Pro d'Apple fabriqués en Inde seront lancés cette année, selon Bloomberg.
LVMH et Beyoncé dévoilent un nouveau whisky
Le chef de production de la startup Rivian rejoint Stellantis..
Walt Disney a nommé James Gorman, ancien CEO de Morgan Stanley, à la tête du comité chargé de trouver un successeur au PDG Bob Iger.
Alibaba obtient le feu vert de ses actionnaires pour passer à une cotation primaire à Hong Kong.
Le bénéfice S1 de Ping An Insurance augmente de 7%, le revenu d'exploitation progresse de 1%.
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse