L'Hebdo #127 : Marchés volatils, la diversification porte ses fruits et les conséquences de la fin du statut LMNP

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. Wall Street en plein doute : la peur d’un ralentissement économique

Les marchés financiers ont vécu une nouvelle semaine de turbulences, particulièrement aux États-Unis, où les indices boursiers continuent de reculer. Le S&P 500 et le Nasdaq ont enregistré des pertes supérieures à 3 %, marquant ainsi leur troisième semaine consécutive de baisse. L’incertitude grandit parmi les investisseurs, qui redoutent un double risque : un ralentissement économique combiné à une inflation alimentée par la politique protectionniste de Donald Trump.

La politique économique actuelle des États-Unis repose sur une approche agressive visant à remodeler les relations commerciales en faveur de l’Amérique, mais ces choix engendrent des tensions économiques majeures. La menace d’une guerre commerciale mondiale se renforce avec la multiplication des surtaxes douanières, créant des incertitudes sur la croissance mondiale. Ces perturbations poussent les investisseurs à se détourner des secteurs cycliques et technologiques pour privilégier les valeurs défensives, comme la santé ou la consommation de base.

Pendant ce temps, l’Europe a mieux résisté, en grande partie grâce à l’envolée des valeurs liées à la défense et aux infrastructures. L’annonce d’un vaste plan d’investissement en Allemagne, notamment dans le domaine militaire et les grands chantiers, a dopé les actions du BTP et des matériaux de construction. En revanche, les valeurs technologiques et le secteur de l’immobilier ont souffert, impactés par la hausse des taux et les incertitudes économiques. Malgré une situation plus favorable qu’outre-Atlantique, les places européennes restent fragiles face aux évolutions politiques et économiques mondiales.

 

2. La correction boursière se précise : Wall Street vacille sous la pression des marchés

Après des semaines de tensions croissantes, la chute des indices américains a franchi un cap symbolique : le S&P 500 a officiellement perdu 10 % par rapport à son dernier sommet, ce qui correspond à une phase de correction boursière. Historiquement, une correction peut être un simple ajustement temporaire ou le prélude à une tendance baissière plus marquée. Ce recul des marchés s’explique par plusieurs facteurs, notamment la détérioration du climat économique, les incertitudes liées à la politique commerciale des États-Unis et la volatilité croissante des actifs financiers.

Les tensions entre Washington et ses partenaires commerciaux atteignent un niveau critique. Donald Trump a récemment évoqué un durcissement des taxes sur l’acier et l’aluminium, menaçant même d’augmenter ces droits de douane à 50 %. L’Union européenne a rapidement répliqué en annonçant des mesures de rétorsion sur des importations américaines d’une valeur de 26 milliards d’euros. Ces décisions ravivent les craintes d’une guerre commerciale qui pourrait ralentir encore davantage la croissance mondiale.

À cela s’ajoute l’inquiétude concernant l’évolution de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Jerome Powell, le président de la Fed, a récemment affirmé que la croissance américaine n’était pas en danger immédiat, tout en indiquant que la banque centrale n’était pas pressée de baisser ses taux. Si la situation économique venait à se détériorer, les investisseurs espèrent que la Fed interviendra pour stabiliser les marchés. Toutefois, la politique monétaire ne peut pas tout, et l’incertitude actuelle rend les prévisions économiques particulièrement délicates.

Par ailleurs, la volatilité des marchés est en forte hausse, comme en témoigne l’indice VIX, qui mesure l’incertitude des investisseurs. La méfiance domine, et la correction actuelle pourrait s’intensifier si la situation économique et politique ne s’améliore pas rapidement. Malgré un léger rebond technique en fin de semaine, la prudence reste de mise sur les marchés financiers.

 

3. L’or et le pétrole en pleine ascension : les valeurs refuges en première ligne

Dans ce contexte d’incertitude, les investisseurs se tournent vers des actifs considérés comme plus sûrs. L’or continue son ascension spectaculaire, s’approchant du seuil symbolique des 3 000 dollars l’once. Depuis le début de l’année, le métal jaune a enchaîné treize records successifs, porté par la montée des tensions géopolitiques et les craintes d’une récession mondiale. L’intérêt croissant pour l’or s’explique aussi par l’augmentation des achats d’ETF adossés au métal précieux, signe d’une recherche accrue de protection contre la volatilité des marchés.

Le pétrole, lui aussi, connaît un regain d’intérêt après une période de baisse marquée. Le prix du Brent a progressé de près de 1 % cette semaine, porté par les incertitudes entourant les négociations entre les États-Unis et la Russie sur un éventuel cessez-le-feu en Ukraine. La menace d’un échec des discussions alimente les craintes d’une prolongation du conflit, ce qui pourrait affecter les approvisionnements en énergie et soutenir les cours du pétrole. En parallèle, l’Agence internationale de l’énergie met en garde contre une possible surproduction en 2025, notamment en raison de l’augmentation de l’offre américaine. Cette situation paradoxale pourrait engendrer de nouvelles fluctuations sur les marchés des matières premières.

Du côté des métaux industriels, la guerre commerciale entre les États-Unis et leurs partenaires a des répercussions importantes. L’acier et l’aluminium, désormais soumis à des surtaxes de 25 %, voient leurs prix grimper, ce qui pèse sur les coûts de production et ralentit certains secteurs industriels. Le cuivre, un indicateur clé de la santé économique mondiale, reste sous pression alors que la Chine, principal moteur du marché, affiche une croissance plus fragile que prévu.

Enfin, dans le secteur agricole, les tensions commerciales pèsent également sur les marchés. Le soja et le maïs enregistrent des pertes, affectés par l’abondance des récoltes sud-américaines et les mesures de rétorsion de l’Union européenne contre les produits agricoles américains. Le blé, en revanche, profite d’une réduction des exportations russes, ce qui soutient temporairement ses prix. Du côté des produits tropicaux, le sucre bénéficie de conditions climatiques défavorables au Brésil et d’une baisse de la production en Inde, tandis que le cacao et le café restent soumis à une volatilité importante en raison des incertitudes logistiques et des variations des stocks mondiaux.

L’évolution des matières premières sera donc à surveiller de près dans les semaines à venir, alors que l’incertitude économique mondiale reste au cœur des préoccupations des investisseurs.

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📰 Le dossier de la semaine : Marchés volatils, la diversification porte ses fruits

Volatilité des marchés : un contexte d'incertitude

La correction observée la semaine dernière a marqué la première baisse de plus de 10 % du S&P 500 depuis octobre 2023. Cette chute s'explique par plusieurs facteurs :

  • Un ralentissement de la croissance économique : les indicateurs montrent un fléchissement de la consommation aux États-Unis, avec une confiance des ménages en baisse.

  • Des incertitudes commerciales et réglementaires : la politique des tarifs douaniers et le flou sur certaines réformes gouvernementales freinent les décisions d'investissement des entreprises.

  • Des valorisations élevées en début d'année : les valeurs technologiques, notamment les grandes capitalisations, subissent des réajustements alors que les investisseurs se tournent vers des secteurs moins chères.

Toutefois, ces corrections sont fréquentes : chaque année, on observe en moyenne une à trois baisses de 5 à 15 %. Nous ne voyons pas, à ce stade, de signes annonciateurs d'un marché baissier prolongé ou d'une récession imminente.

 

Les valeurs cycliques et de rendement en tête

Malgré cette volatilé, plusieurs segments ont bien résisté :

  • Cinq des onze secteurs du S&P 500 affichent des performances positives cette année.

  • Les secteurs défensifs et cycliques (santé, finance, industrie) surpassent la technologie et la croissance.

  • La rotation sectorielle favorise les actions sous-évaluées, portées par les attentes en matière de politiques fiscales et de réglementation.

 

Les obligations surpassent les actions

Dans ce climat d'incertitude, les marchés obligataires ont surperformé les marchés actions. Plusieurs raisons expliquent cette tendance :

  • Les investisseurs cherchent des valeurs refuges.

  • Les rendements des obligations du Trésor américain ont reculé après avoir atteint des sommets en début d'année.

  • L'anticipation de baisses des taux directeurs de la Fed encourage l'achat d'obligations à plus longue duration.

Les obligations restent un pilier essentiel dans un portefeuille équilibré, tant pour leur rendement que pour leur rôle de diversification face à la volatilé des actions.

 

Les marchés internationaux en avance sur Wall Street

Les marchés boursiers internationaux ont affiché de meilleures performances que les actions américaines cette année :

  • L'Europe et la Chine enregistrent des gains de 8 à 10 %.

  • La réduction des taux par les banques centrales européennes et chinoises a stimulé les marchés.

  • L'écart de valorisation entre les actions américaines et internationales a favorisé des arbitrages en faveur des marchés à meilleur potentiel de rendement.

Si les marchés émergents et européens ne surperforment pas systématiquement Wall Street sur le long terme, ils jouent un rôle clé dans une stratégie de diversification.

 

La diversification : une stratégie gagnante en 2025

Les deux dernières années ont été dominées par la performance des valeurs technologiques et de l'intelligence artificielle. En 2025, la diversification s'impose comme un levier de résilience face aux turbulences des marchés.

Un portefeuille équilibré (ex. 60 % actions, 40 % obligations) a mieux résisté à la baisse du S&P 500, confirmant l'intérêt d'un positionnement diversifié.

Pour les investisseurs de long terme, les corrections de marché offrent des opportunités stratégiques pour :

  • Rééquilibrer son portefeuille.

  • Saisir des points d'entrée attractifs sur des actifs de qualité.

  • Répartir ses investissements sur différents segments de marchés, en tenant compte des tendances macroéconomiques.

En somme, la diversification continue de démontrer son efficacité comme rempart contre la volatilité, tout en permettant aux investisseurs de capter la croissance dans un environnement changeant.

 

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🏠 Immobilier : La fin du statut LMNP en 2025, quelles conséquences ?

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) a longtemps constitué une niche fiscale intéressante pour les investisseurs immobiliers. Son principal atout était la possibilité d'amortir le bien et ses équipements, réduisant ainsi l'imposition sur les revenus locatifs. Cependant, à compter de 2025, ces amortissements seront réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, alourdissant considérablement la fiscalité des investisseurs.

 

À partir de 2025, les amortissements augmentent la plus-value imposable

Jusqu'à présent, les investisseurs en LMNP bénéficiaient d'un double avantage :

  • La déduction des charges et des amortissements via le régime réel.

  • L'exclusion des amortissements dans le calcul de la plus-value lors de la revente.

Avec la loi de finances 2025, cet avantage disparaît. Dorénavant, le montant des amortissements déduits sera réintégré dans le calcul de la plus-value, alignant ainsi la fiscalité du LMNP sur celle du statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP). Le gouvernement justifie cette suppression par le besoin de rééquilibrer le marché locatif. La location meublée, souvent plus courte (baux d'un an contre trois ans en location nue), contribue à la raréfaction de l'offre de logements longue durée. De plus, la lutte contre la location saisonnière excessive a aussi motivé cette réforme.

 

Quel impact fiscal pour les investisseurs ?

La réforme modifie drastiquement l'imposition à la revente d'un bien LMNP. Examinons un cas concret :

  • Un investisseur achète un bien à 190 000 € en 2020.

  • Il amortit son bien à hauteur de 8 000 € par an.

  • En 2025, il revend son bien à 240 000 €.

 

a) Avant la réforme :

La plus-value imposable = Prix de vente - Prix d'achat = 240 000 € - 190 000 € = 50 000 €

Taxation :

Impôt sur le revenu (19 %) : 9 500 €

Prélèvements sociaux (17,2 %) : 8 600 €

Total : 18 100 €

 

b) Après la réforme :

Les amortissements sont réintégrés dans la base imposable :

Nouvelle plus-value imposable = 50 000 € + (8 000 € x 5 ans) = 90 000 €

Taxation :

Impôt sur le revenu (19 %) : 17 100 €

Prélèvements sociaux (17,2 %) : 15 480 €

Total : 32 580 €

L'imposition à la revente augmente donc de 80 %, rendant l'investissement en LMNP beaucoup moins attractif à long terme.

 

Les investisseurs bénéficient toujours d'abattements pour la durée de détention :

  • Impôt sur le revenu : 6 % par an à partir de la 6ᵉ année, puis 4 % la 22ᵉ année.

  • Prélèvements sociaux : 1,65 % par an de la 6ᵉ à la 21ᵉ année, 1,60 % la 22ᵉ année, puis 9 % par an jusqu'à la 30ᵉ année.

Ainsi, une détention longue (> 22 ans) reste avantageuse en termes de fiscalité sur la plus-value.

 

Certaines locations sont exemptées de cette réforme :

  • Les résidences étudiantes.

  • Les résidences seniors.

  • Les logements destinés aux personnes âgées et handicapées.

Ces exceptions visent à ne pas fragiliser l'offre de logements dans des segments de marché jugés prioritaires.

 

LMNP : un statut encore rentable ?

Malgré cette réforme, investir en LMNP conserve quelques avantages :

  • La possibilité de réduire l'imposition sur les loyers grâce aux amortissements.

  • Les abattements progressifs sur la plus-value selon la durée de détention.

  • L'exonération totale de la taxe sur la plus-value après 30 ans de détention.

  • Une exonération supplémentaire possible si le produit de la vente est réinvesti dans l'achat d'une résidence principale.

 

Faut-il encore investir en LMNP ?

La fin du privilège fiscal des amortissements en LMNP à la revente change la donne. Les investisseurs doivent repenser leurs stratégies et envisager une détention plus longue pour maximiser les abattements.

Toutefois, le LMNP conserve un intérêt certain pour ceux qui recherchent des revenus locatifs peu fiscalisés et un investissement immobilier géré de manière plus souple que la location nue. Pour ceux qui envisagent une revente rapide, d'autres solutions, comme la location nue ou l'investissement en Société Civile Immobilière (SCI), pourraient être plus appropriées. En définitive, la fin de cet avantage fiscal oblige à une analyse plus approfondie avant de se lancer dans un projet en LMNP.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Deliveroo quitte Hong Kong.

 

  • Euronext achève son programme de rachat d'actions de 300 millions d'euros.

 

  • Volkswagen vise 5,5 à 6,5% de marge opérationnelle en 2025. Le groupe va par ailleurs produire sa voiture électrique à 20.000 euros au Portugal.

 

  • Domino's Pizza annonce une hausse de son bénéfice annuel de base.

 

  • HelloFresh s'attend à une baisse de ses revenus en 2025 alors qu'elle poursuit ses réductions de coûts.

 

  • Boohoo change de nom pour devenir le groupe Debenhams et nomme un nouveau directeur financier.

 

  • Standard Chartered lance un club d'investissement exclusif pour les clients ultra-riches.

 

  • Airbus signe deux contrats pour 51 exemplaires de son nouvel hélicoptère H140.

 

  • Wendel vend à terme des actions Bureau Veritas (6,7% du capital) en disposant d'un levier sur une hausse éventuelle. Le prix de cession est de 27,25 EUR l'action.

 

  • Puma estime que son EBIT 2025 devrait se situer entre 445 et 525 M€, loin du consensus (693 M€).

 

  • Inditex publié un EBIT de 1,88 Md€ au T4, un peu au-dessus des attentes.

 

  • Le fabricant de batteries Northvolt (qui compte notamment Volkswagen, Goldman Sachs et BMW à son capital) est sur le point de déposer son bilan en Suède, selon le journal DN.

 

  • Bank of America supprime 150 postes junior dans la banque d'investissement, selon Reuters.

 

  • LVMH annonce des nominations chez Louis Vuitton, Loro Piana et Christian Dior.

 

  • Dassault Systèmes lance son nouveau plan d'actionnariat salarié.

 

  • La Compagnie des alpes et GreenYellow lancent l’installation d’ombrières photovoltaïques au Parc Astérix, au Futuroscope et à Walibi Rhône-Alpes.

 

  • Generali affiche un bénéfice annuel record avant le vote des actionnaires sur le nouveau conseil d'administration.

 

  • Rubis vise un EBITDA de 710 à 760 M€ en 2025 (consensus S&P Capital IQ de 4 analystes : 714,4 M€).

 

  • Dassault Aviation et Eurazeo entrent dans le CACNEXT20 à la place de Solvay et Worldline.

 

  • Air Liquide émet 500 M€ d'obligations vertes à 10 ans à 3,50%.

 

  • NRJ Group lance un plan de sauvegarde de l'emploi.

 

  • Brunello Cucinelli voit son bénéfice d'exploitation augmenter de 13% en 2024 et confirme ses prévisions.

 

  • Apple prévoit une fonction AirPods capable de traduire les conversations en direct, a appris Bloomberg.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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