L'Hebdo #124 : Trois tendances majeures à observer en 2025 et les bonnes et les mauvaises surprises de la nouvelle loi de finances

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. La montée de la tech chinoise
Le secteur technologique chinois affiche un renouveau marqué cette semaine, incarné par la présence remarquée de Xi Jinping lors d’un symposium d’entreprises privées. Ce geste fort est perçu comme un signal clair du soutien des autorités envers les géants locaux et marque la fin, peut-être, d’une période de répression. L’intervention de Xi Jinping, couplée à une rencontre saluée avec Jack Ma – figure emblématique d’Alibaba – a ravivé l’optimisme des investisseurs, qui voient dans ce repositionnement une opportunité de redynamisation du marché. Les entreprises du secteur, notamment celles engagées dans le développement de l’intelligence artificielle, connaissent une montée en puissance, renforçant ainsi la confiance en une tech chinoise résolument tournée vers l’innovation et la compétitivité internationale.

 

2. Les tensions géopolitiques et commerciales
Les relations internationales se trouvent au cœur des préoccupations, alors que Washington intensifie ses demandes auprès des partenaires européens pour une contribution accrue à la sécurité de l’Ukraine. Dans un contexte où des rencontres de haut niveau se préparent pour un éventuel sommet entre Trump et Poutine, les incertitudes se multiplient. L’annonce de potentielles surtaxes sur certains produits, comme les voitures importées, alimente un climat de tension commerciale et diplomatique. Ce jeu complexe entre mesures protectionnistes et pressions géopolitiques perturbe les marchés et incite les acteurs économiques à repenser leurs stratégies. L’incertitude quant à l’issue du conflit russo-ukrainien et les ajustements prévus dans les politiques tarifaires créent un environnement où chaque décision a le potentiel de redessiner rapidement l’équilibre des échanges mondiaux.

 

3. La résilience des marchés européens
Malgré l’absence de l’influence directe de Wall Street due à une journée fériée américaine et un contexte international quelque peu agité, les bourses européennes témoignent d’une solidité surprenante. Les indices du continent, portés par des secteurs stratégiques tels que la défense et l’industrie, continuent de progresser, reflétant la confiance des investisseurs dans une économie capable de se démarquer en période de turbulences. Cette résilience se traduit par une dynamique autonome des marchés européens, qui, tout en restant vigilants face aux incertitudes géopolitiques, affichent des performances robustes. Ce bilan positif, souligné par des hausses notables sur des indices comme le CAC40 et le DAX, confirme la capacité du vieux continent à maintenir sa stabilité et à attirer les capitaux, même lorsque le climat économique mondial se fait plus imprévisible.

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📰 Le dossier de la semaine : Deux mois dans l’année 2025 : Trois tendances majeures à observer

Au début de 2025, les marchés boursiers mondiaux montrent une tendance haussière malgré quelques périodes d’incertitude et de volatilité. Le S&P 500 affiche une progression d’environ 4 % et l’indice MSCI World grimpe de près de 5 % au 20 février. Ces évolutions interviennent après deux années de fortes performances sur les marchés américain et international, soutenues par des taux directeurs plus bas et une croissance économique ainsi que des bénéfices relativement stables, même si les incertitudes tarifaires et inflationnistes subsistent.

 

1. Les géants technologiques américains peinent à suivre

L’année 2024 avait vu les actions des géants technologiques, souvent désignés sous le nom de « Magnifiques 7 » (incluant des entreprises telles qu’Apple, Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft, NVIDIA et Tesla), dominer le marché, générant plus de la moitié des gains du S&P 500. Cependant, 2025 débute avec un décalage notable : seuls deux de ces titres dépassent désormais la performance de l’indice global, les autres restant en retrait.
Ce recul peut s’expliquer par des valorisations déjà élevées et une exposition plus importante aux incertitudes liées aux échanges commerciaux, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs et du matériel technologique. Par ailleurs, la croissance des bénéfices devrait s’équilibrer davantage entre les secteurs technologiques et non technologiques, ce qui favorise une répartition plus large du leadership boursier.

 

2. Stabilisation des rendements obligataires

Après une forte hausse du rendement des bons du Trésor américain à 10 ans – passant de 3,6 % à environ 4,8 % entre septembre et début janvier – les taux semblent revenir à un niveau plus modéré, autour de 4,5 %.
Cette stabilisation résulte de plusieurs facteurs. D’une part, les indicateurs d’inflation restent maîtrisés malgré un contexte incertain, et les données à venir devraient confirmer une légère baisse de l’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelle. D’autre part, la politique budgétaire axée sur la réduction des dépenses publiques contribue à apaiser les craintes liées aux déficits, ce qui, combiné à des signes de ralentissement de la croissance économique, pourrait même inciter la Réserve fédérale à envisager quelques baisses de taux si nécessaire.

 

3. La remontée des actions européennes

En contraste avec la modeste progression des marchés américains, les indices européens, et notamment le EuroStoxx 50, enregistrent une hausse d’environ 13 % depuis le début de l’année.
Cette dynamique positive est notamment liée à un affaiblissement du dollar américain, favorable aux actifs internationaux, et à une série de surprises économiques optimistes dans la zone euro. Les discussions récentes autour d’un possible règlement du conflit Russie-Ukraine, qui pourraient apporter une stabilité régionale et faire baisser les prix de l’énergie, ainsi que les perspectives d’un relance des dépenses publiques dans certains grands pays européens, contribuent également à cet élan haussier. Toutefois, il reste à voir si ces facteurs pourront soutenir la croissance sur le long terme, d’autant que les marchés américains demeurent attractifs pour les investisseurs sur une période plus étendue.

 

Une diversification toujours essentielle

Avec ces tendances émergentes, la diversification des portefeuilles apparaît comme une stratégie judicieuse. L’élargissement du leadership boursier, la stabilisation des rendements obligataires et la performance notable des actions européennes soulignent l’intérêt de répartir ses investissements entre différentes classes d’actifs et régions. Pour les investisseurs, combiner des actions de grandes et moyennes capitalisations dans divers secteurs – et inclure une part d’obligations de qualité ainsi qu’une exposition aux marchés internationaux – permet de mieux gérer les incertitudes du contexte actuel et de saisir les opportunités à moyen et long terme.

En somme, même si 2025 présente déjà des tendances prometteuses, les investisseurs avisés pourraient trouver dans la diversification une clé pour naviguer dans un environnement de marché en pleine mutation.

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🏠 Immobilier : Loi de finances 2025 : Nouveaux leviers pour redynamiser le secteur immobilier résidentiel

La promulgation de la loi de finances 2025, officialisée le 14 février (publiée au Journal Officiel le 16 février), intervient après une longue période de débats et d’incertitudes. Elle apporte une série de mesures qui pourraient transformer durablement le paysage immobilier résidentiel.

 

Réinventer le soutien aux primo-accédants avec le PTZ

Dès le 1ᵉʳ avril 2025 et jusqu’au 31 décembre 2027, le prêt à taux zéro (PTZ) s’appliquera à l’ensemble des logements neufs, qu’il s’agisse d’habitats collectifs ou individuels. Ce dispositif, destiné à faciliter l’accession à la propriété pour les ménages modestes, reste subordonné à des conditions de ressources. Le gouvernement mise sur cet élargissement pour stimuler la construction neuve et contrer la tendance à la baisse d’activité dans ce secteur. Toutefois, les modalités précises – notamment la répartition du financement selon que le bien soit collectif ou une maison individuelle – seront définies ultérieurement par décret. Les professionnels évoquent déjà un impact potentiel significatif, avec la perspective de 30 000 ventes supplémentaires dès cette année et une réactivité des banques à distribuer ce nouveau dispositif.

 

Favoriser la transmission familiale pour booster la construction

Un autre pilier du nouveau budget concerne l’encouragement aux donations en vue de l’achat d’un logement neuf. Les transferts d’argent entre membres d’une même famille (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants) seront désormais exonérés de droits de mutation, sous certaines conditions. Pour être éligible, le bénéficiaire devra conserver le bien pendant au moins cinq ans, et les plafonds fixés sont de 100 000 euros par donateur et 300 000 euros par bénéficiaire. Cette mesure, qui s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2026, pourrait représenter une part considérable des transactions actuellement réalisées sous le régime Pinel. Malgré les avis partagés, nombreux sont ceux qui voient dans ce dispositif un moyen d’instaurer une confiance nouvelle chez les ménages et de soutenir le secteur de la construction neuve, même si certains aspects – comme son applicabilité aux maisons individuelles – restent à clarifier.

 

Ajuster les frais pour encadrer les achats immobiliers

À l’inverse des mesures de soutien, la loi introduit un changement moins bien accueilli : la possibilité pour les collectivités locales d’augmenter les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) de 0,5 point. Concrètement, les frais de notaire, souvent assimilés aux DMTO, pourront atteindre jusqu’à 5 % de la valeur d’achat. Pour alléger cet impact, une exonération partielle sera accordée aux primo-accédants pour la tranche de la transaction ne dépassant pas 250 000 euros. Cette majoration, applicable du 1ᵉʳ avril 2025 au 31 mars 2028, risque néanmoins de grever les budgets des acquéreurs. Plusieurs acteurs, dont la Fédération nationale de l’immobilier, s’inquiètent d’un surcoût pouvant atteindre 1 500 euros pour un achat de 300 000 euros, une charge qui s’ajoute aux augmentations habituelles des taxes foncières.

 

Repenser la fiscalité des locations meublées

Enfin, le texte modifie le traitement fiscal des plus-values issues de la revente de biens en location meublée non professionnelle (LMNP). Désormais, l’amortissement comptable déductible des recettes locatives sera réintégré dans le calcul de la plus-value, alourdissant ainsi la fiscalité de ces opérations. Certaines catégories, comme les résidences étudiantes ou seniors, en sont épargnées, tandis que les résidences de tourisme restent concernées. Par ailleurs, le gouvernement envisage une refonte plus globale de la fiscalité locative et du statut du bailleur privé, avec, en perspective, une harmonisation partielle avec la fiscalité des revenus du capital. Cependant, aucune mesure concrète ne devrait être mise en œuvre avant 2026.

 

En synthèse, cette loi de finances représente un pari audacieux pour revitaliser le marché résidentiel. Si le renouveau du PTZ et les exonérations en matière de donation offrent des perspectives de dynamisation de la construction neuve, l’augmentation des DMTO et le durcissement fiscal sur certains dispositifs locatifs pourraient, eux, modérer l’enthousiasme des acheteurs. L’impact global de ces mesures dépendra en grande partie de leur application concrète et de l’évolution du contexte économique dans les mois à venir.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • La Française des Jeux annonce une hausse de ses bénéfices annuels mais avertit d'un impact fiscal sur ses perspectives 2025.

 

  • Dell s'apprête à vendre pour 5 milliards de dollars de serveurs d'IA à xAI, selon Bloomberg.

 

  • Berkshire Hathaway réduit sa participation dans Bank of America et Citigroup, mais pas dans Apple. Le groupe prend pied dans Constellation Brands.

 

  • Meta prévoit d'investir dans des robots humanoïdes pilotés par l'IA, selon une note interne.

 

  • Capgemini prévoit une marge de 13,3% à 13,5% en 2025 après un exercice 2024 sans surprise.

 

  • Valneva anticipe un CA de 180 à 190 M€ en 2025.

 

  • LVMH a annoncé un plan de rachat de ses propres actions à hauteur d'un milliard d'euros.

 

  • Tikehau Capital lève 1,2 Md€ pour la troisième génération de son fonds de stratégie d'opportunités spéciales.

 

  • Tesla lance la production en série de son modèle Y remanié dans son usine de Shanghai.

 

  • Stellantis annonce un recentrage sur les moteurs thermiques et le développement du diesel, selon Les Echos.

 

  • JCDecaux remporte un contrat de 10 ans pour gérer la publicité extérieure dans trois aéroports internationaux en Arabie saoudite.

 

  • HSBC publie des bénéfices annuels de 32,3 Mds$, légèrement meilleurs que prévu, et va racheter 2 Mds$ d'actions.

 

  • Toyota soutient l'usine de batteries LG Energy Solution avec une commande de 1,5 milliard de dollars, selon Bloomberg.

 

  • Renault dépasse ses prévisions de bénéfices pour 2024.

 

  • Carrefour propose un dividende exceptionnellement gonflé à 1,15 EUR, malgré des résultats un peu inférieurs aux attentes, et va lancer une réflexion sur ses actifs.

 

  • Mercedes-Benz subit une chute de 40% du bénéfice d'exploitation de sa division automobile en 2024, mais va racheter 5 Mds€ d'actions.

 

  • Apple a lancé son nouvel iPhone moins cher, baptisé iPhone 16e, disponible en blanc et en noir à partir de 599 USD aux Etats-Unis.

 

  • Salesforce en pourparlers avec Microsoft, Oracle et Google au sujet d'un accord sur l'informatique dématérialisée pour gérer l'IA, selon The Information.

 

  • Prada obtient un accès exclusif de quatre semaines aux données financières de Versace (Capri Holdings), selon les infos de Reuters.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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