L'Hebdo #123 : Marchés financiers, entre titres alarmants et réalité des tendances et quels arbitrages faire face à la baisse du taux du Livret A ?
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. L'inflation américaine reste un sujet brûlant
Alors que les investisseurs espéraient un essoufflement de l’inflation aux États-Unis, les derniers chiffres publiés ont montré qu’elle restait persistante. L'indice des prix à la consommation a légèrement dépassé les attentes, confirmant que la pression sur les prix ne s’atténue pas aussi vite que prévu. Cette situation complique les perspectives d’une baisse rapide des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui surveille de près ces données avant d’ajuster sa politique monétaire. En réaction, les rendements obligataires se sont tendus, entraînant une hausse du dollar et une flambée de l’or, valeur refuge par excellence, qui a atteint un nouveau record. Malgré ces tensions, les marchés financiers n'ont pas cédé à la panique. Après un début de séance difficile, les indices ont progressivement regagné du terrain, illustrant une certaine résilience des investisseurs face aux incertitudes macroéconomiques.
2. Trump relance la guerre commerciale
L’actualité économique a également été marquée par une nouvelle offensive de Donald Trump sur le terrain du commerce international. Le président américain a annoncé l’instauration de droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium, visant en particulier le Mexique et le Canada, principaux fournisseurs des États-Unis. Mais au-delà de ces mesures ciblées, il a également évoqué l’application de taxes "réciproques", qui pourraient toucher l’Europe et l’Asie dans les semaines à venir. Cette stratégie protectionniste a immédiatement ravivé les craintes d’une nouvelle guerre commerciale, avec des risques de représailles de la part des partenaires commerciaux des États-Unis. Pourtant, les marchés ont relativisé ces annonces, estimant qu’elles pourraient avant tout servir de levier de négociation et ne pas être appliquées immédiatement. Cette prudence explique pourquoi, malgré le potentiel impact inflationniste de ces décisions, les indices boursiers n’ont pas été durablement affectés.
3. L’optimisme l’emporte sur les marchés
Malgré ce contexte économique tendu, les marchés boursiers ont enregistré une semaine positive, portés par des résultats d’entreprises globalement solides. Les valeurs du luxe, de la technologie et des services financiers ont tiré leur épingle du jeu, avec des performances remarquables pour des groupes comme Hermès, Legrand, Adyen et Coca-Cola. En Europe, le CAC 40 et le DAX ont poursuivi leur ascension, inscrivant de nouveaux records, tandis qu’aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq restent proches de leurs plus hauts historiques. Cette dynamique haussière s’explique en partie par l’espoir d’une résolution du conflit en Ukraine, Donald Trump ayant affirmé vouloir accélérer les négociations avec Vladimir Poutine. L’attente d’une normalisation des relations commerciales et géopolitiques permet ainsi aux investisseurs de conserver une attitude optimiste, malgré les incertitudes persistantes sur la trajectoire de l’inflation et des taux d’intérêt.
👉 La semaine prochaine, l'attention des marchés se portera sur les discours des banquiers centraux et de nouvelles publications d’entreprises majeures comme HSBC, Rio Tinto, Walmart et Airbus.
📰 Le dossier de la semaine : Marchés Financiers, entre titres alarmants et réalité des tendances
Deux mois après le début de l'année, les marchés évoluent dans un environnement contrasté où les gros titres, le sentiment des investisseurs et la réalité économique ne coïncident pas toujours. Si l'inflation a nettement reculé depuis son pic post-pandémie, elle reste tenace, contraignant la Fed à un équilibre délicat face aux risques tarifaires. Parallèlement, les entreprises affichent des performances solides malgré un contexte incertain, et les marchés européens, souvent sous-estimés, montrent une résistance notable.
Le point commun entre ces dynamiques est la solidité des fondamentaux économiques, qui continuent de soutenir la résilience des marchés financiers. Voici notre analyse des tendances majeures influençant l'environnement d'investissement.
I. Inflation : Entre pressions et stabilisation
a) Titres alarmants : Les prix augmentent en janvier, faisant craindre un retour à une forte inflation.
L'indice des prix à la consommation (CPI) de janvier a progressé de 0,5 % par rapport au mois précédent et de 3 % sur un an, soit la plus forte hausse annuelle depuis juin. L'alimentation et l'énergie ont joué un rôle significatif, notamment avec une flambée de 15 % des prix des œufs en raison de la grippe aviaire. D'autres éléments, comme les prix des voitures d'occasion (+2,2 %), les assurances automobiles (+2 %) et l'hébergement (+1,4 %), ont également contribué à cette hausse.
b) Réalité du marché : L'inflation progresse moins vite, mais le coût de la vie reste élevé.
Une seule publication ne suffit pas à définir une tendance. La hausse des prix de l'énergie ne devrait pas se reproduire en février, avec des cours du pétrole en moyenne à 72 dollars ce mois-ci, après un pic temporaire à 80 dollars en janvier. Certains facteurs, comme la perturbation des chaînes d'approvisionnement alimentaires, peuvent être ponctuels.
Cependant, l'inflation sous-jacente reste bloquée autour de 3,3 % depuis huit mois, un niveau encore trop élevé pour la Fed. Un point positif : l'inflation des loyers a progressé modérément, et plusieurs indices avancés suggèrent une amélioration de l'inflation future.
II. Politique Monétaire : attente prudente de la Fed
a) Titres alarmants : La Fed n'est pas pressée de baisser ses taux, et des hausses restent possibles.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a rappelé que la politique monétaire reste restrictive et qu'il faut encore du temps pour réduire l'inflation. Suite aux dernières données sur les prix, la probabilité d'une baisse des taux en mars est quasi nulle.
b) Réalité du marché : La Fed maintient une approche prudente, mais une hausse des taux semble improbable.
La banque centrale estime que les taux actuels suffisent à contenir l'inflation. Même si des incertitudes persistent, notamment sur les tarifs douaniers, il est peu probable que la Fed doive relever ses taux. La première réduction pourrait intervenir au second semestre.
III. Leadership des marchés : Reconfiguration en cours
a) Titres alarmants : Les “Magnificent 7” connaissent leur pire saison de résultats depuis 2022.
Les sept grandes valeurs technologiques (Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta, NVIDIA et Tesla) connaissent un ralentissement de leurs profits. Leur valorisation, avec une prime de 35 % par rapport au reste du marché, suscite des interrogations.
b) Réalité du marché : Une diversification bienvenue dans la croissance des bénéfices.
Malgré un ralentissement, les bénéfices des “Magnificent 7” restent robustes (+25 % au quatrième trimestre). Par ailleurs, les profits des autres secteurs (finance, santé, immobilier) s'améliorent après deux ans de stagnation.
Malgré des marchés en demi-teinte ces trois derniers mois, les fondamentaux restent solides. Les corrections peuvent offrir des opportunités d'investissement, notamment sur les valeurs cycliques, les mid-caps et les marchés internationaux. De même, une hausse des taux obligataires américains au-delà de 4,5 % pourrait être une occasion d'allonger la durée des portefeuilles et de sécuriser des rendements attractifs.
🏦 Investissement : Quels arbitrages faire face à la baisse du taux du Livret A ?
La rémunération du Livret A vient de subir une nouvelle réduction, passant de 3 % à 2,4 %. Face à cette baisse de rendement, les épargnants doivent repenser leur stratégie et envisager d'autres placements pour valoriser leur capital. Quelles alternatives sont les plus intéressantes en 2025 ? Des placements plus rémunérateurs sont évidemment à considérer.
📌 Le LEP : un livret toujours attractif
Pour les épargnants éligibles, le Livret d'Épargne Populaire (LEP) reste une option imbattable. Son rendement net est fixé à 3,5 %, bien au-dessus des 2,4 % du Livret A. Toutefois, son accès est soumis à des conditions de revenus strictes : un célibataire doit avoir un revenu fiscal de référence inférieur à 22 419 € (34 393 € pour un couple sans enfants).
📌 Les fonds en euros de l'assurance-vie : une alternative fiable
Malgré un contexte de taux en baisse, les fonds en euros des contrats d'assurance-vie restent compétitifs. En 2025, certains assureurs affichent des rendements autour de 2,5 % à 4 %. Certains contrats proposent même des taux boostés si une partie de l’épargne est investie en unités de compte (UC), comme des actions ou des obligations. Attention cependant : ces supports sont ne garantissent pas le capital.
Côté fiscalité, l’assurance-vie reste attractive : après 8 ans, les gains bénéficient d’un abattement fiscal annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis d’un prélèvement forfaitaire de 7,5 % (au lieu de 12,8 % pour les gains supérieurs à 150 000 €).
📌 Les obligations : une opportunité à saisir ?
Le marché obligataire reste un placement clé en 2025. Les obligations d’entreprises européennes offrent encore des rendements intéressants. Il est pertinent de diversifier entre obligations Investment Grade (moins risquées) et certaines obligations High Yield (plus rémunératrices, avec un rendement autour de 5 à 6 % net de frais). Une autre solution consiste à investir dans des fonds obligataires datés, qui permettent de connaître à l’avance le rendement à l’échéance (à condition qu'il y ait aucun défaut).
📌 Les fonds monétaires : un choix prudent
Les fonds monétaires restent une option pour ceux qui recherchent une solution peu risquée. Cependant, avec la baisse des taux de la Banque Centrale Européenne (BCE), leur rendement devrait chuter à 1,75 % brut d’ici fin 2025. Une alternative consiste à se tourner vers les fonds monétaires en dollars américains, qui pourraient offrir jusqu’à 3,5 % de rendement. Attention néanmoins aux variations du taux de change qui peuvent impacter le capital investi.
📌 L’or : un refuge en période d’incertitude
Considéré comme une valeur refuge, l’or continue d’attirer les investisseurs. En dix ans, son cours a bondi de +122 %, contre +73 % pour le CAC 40 sur la même période. En janvier 2025, l’or a déjà progressé de +8,17 %. Son principal inconvénient ? Il ne génère aucun rendement et dépend des fluctuations du marché.
Faut-il vraiment abandonner le Livret A ?
Du tout. Malgré son rendement réduit, le Livret A conserve des avantages indéniables :
- Disponibilité immédiate des fonds ;
- Aucun impôt ni prélèvement social ;
- Un placement garanti par l’État.
Avec une inflation projetée à 1,8 % en 2025, son rendement réel reste légèrement positif. Il peut donc être judicieux de ne pas fermer complètement son Livret A, mais plutôt de complémenter son épargne avec des placements plus rémunérateurs selon son profil et ses objectifs. Retenez bien la règle d'or : diversifier ses placements est la clé pour diluer le risque.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
Shiseido a annoncé une chute de 73% de son bénéfice annuel en raison de la faiblesse des ventes en Chine.
Kering réduit son dividende après des résultats 2024 en berne, sans surprise.
EssilorLuxottica acquiert la start-up canadienne de technologie médicale Cellview.
Vinci va émettre jusqu'à 400 millions d'euros d'obligations convertibles 2030.
Le géant chinois des batteries CATL prévoit de déposer une demande d'inscription à la cote de la bourse de Hong Kong afin de lever au moins 5 milliards de dollars.
Carrefour prévoit d'acquérir les 32,6% restants de sa filiale brésilienne Atacadão (Carrefour Brésil), et de la retirer de la bourse de Sao Paulo.
Alstom étendant ses contrats avec GTR en ajoutant 30 trains et signant un nouvel accord avec la Deutsche Bahn pour numériser le réseau ferroviaire allemand.
ArcelorMittal envisage de transférer ses activités de support européennes en Inde.
Apple s'associe à Alibaba pour développer des fonctionnalités d'IA pour les utilisateurs d'iPhone en Chine, selon The Information.
Meta Platforms négocie l'acquisition de FuriosaAI, une start-up sud-coréenne spécialisée dans les puces d'intelligence artificielle.
EssilorLuxottica dépasse les attentes et confirme ses objectifs de moyen terme.
Rexel prévoit des ventes stables ou légèrement positives en 2025, après une nette baisse des résultats en 2024.
Accor envisage de vendre sa chaîne d'hôtels F1 à Fortress pour plus de 200 millions d'euros, selon Les Echos..
Eiffage remporte en groupement le contrat pour un nouvel institut au CHU de Bordeaux.
Barclays enregistre une hausse de 24% de son bénéfice annuel avant impôts.
Delivery Hero enregistre une croissance au quatrième trimestre supérieure aux estimations.
Une petite étude révèle que le médicament amaigrissant de Novo Nordisk réduit les envies d'alcool.
Apple va proposer TV+ sur les téléphones Android pour augmenter le nombre d'abonnés, selon Bloomberg.
Le conseil d'administration de Nissan a voté la fin officielle des négociations de fusion avec Honda. KKR chercherait à investir dans Nissan.
Hermès améliore son bénéfice 2024 après un bond des ventes en fin d'année.
Moncler affiche des ventes en hausse de 8% au T4, portées par la Chine.
Porsche supprime 1900 emplois en Allemagne en raison de la faiblesse de la demande de véhicules électriques.
Air Canada prévoit un bénéfice net supérieur aux estimations des analystes pour 2025.
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse