L'Hebdo #118 : Le crédit immobilier en bonne forme pour 2025 et l'économie mondiale tirée par la consommation américaine

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1) Divergences entre les marchés américains et européens
La semaine a mis en lumière une divergence marquée entre les performances des marchés américains et européens. Les investisseurs américains semblent toujours séduits par les promesses de l’intelligence artificielle et de l’innovation technologique, tandis qu’Apple a connu une baisse suite à des rumeurs de recul des ventes d’iPhone en Chine. De l’autre côté de l’Atlantique, le CAC40 a été malmené, reculant de 0,79% vendredi, plombé par les inquiétudes autour des valeurs du luxe. Des rapports sur la faiblesse des ventes en Chine, notamment sur l'île de Hainan, ont accentué les craintes liées à la dépendance du secteur au marché chinois. Cette divergence illustre la résilience des marchés américains, soutenus par une dynamique technologique robuste, face à un marché européen fragilisé par sa sensibilité aux fluctuations de la demande asiatique.

 

2) Politique monétaire américaine et pression sur le dollar
Les solides chiffres de l’emploi aux États-Unis ont fortement influencé les anticipations de politique monétaire cette semaine. Avec 256 000 emplois créés en décembre, largement au-dessus des attentes, et un taux de chômage en baisse à 4,1%, la Fed pourrait maintenir ses taux d’intérêt à des niveaux élevés plus longtemps que prévu. Ce contexte a provoqué une hausse des rendements obligataires américains, le 10 ans atteignant 4,78%, son plus haut niveau depuis mai 2024. Parallèlement, le dollar s’est renforcé, compliquant la situation des marchés émergents. Ces derniers subissent une pression croissante, avec des coûts de financement en hausse, une fuite des capitaux et des tensions sur leurs devises. La vigueur du billet vert rappelle l’impact global de la politique monétaire américaine, exacerbée par les discours de Donald Trump qui entretiennent les tensions commerciales et géopolitiques. Ce renforcement du dollar met également en difficulté l’économie chinoise, déjà fragilisée par des signes de ralentissement interne.

 

3) Reprise des matières premières et tensions géopolitiques
Les marchés des matières premières ont connu une reprise notable cette semaine, soutenue par plusieurs facteurs conjoncturels et géopolitiques. Les prix du pétrole continuent de grimper, enregistrant une troisième semaine consécutive de hausse. Le Brent s’établit à 79,29 USD, soutenu par une forte demande liée à la vague de froid qui sévit aux États-Unis, augmentant les besoins en combustible de chauffage. En parallèle, les tensions avec l’Iran, exacerbées par les menaces de nouvelles sanctions américaines, maintiennent une pression haussière sur les prix de l’énergie. Du côté des métaux, le cuivre progresse à 9078 USD la tonne, soutenu par l'espoir de mesures de relance en Chine, bien que celles-ci tardent à stimuler l’économie. L’or, considéré comme une valeur refuge, continue de gagner du terrain, atteignant 2680 USD, malgré la hausse des rendements obligataires. Ces mouvements reflètent un mélange de craintes liées à la géopolitique, de conditions météorologiques extrêmes et d’espoir autour des perspectives de relance chinoise, même si les effets concrets tardent à se matérialiser.

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🏠 Immobilier : Crédit immobilier, une aubaine pour les emprunteurs en 2025 

En ce début d'année 2025, le marché du crédit immobilier offre de belles opportunités aux ménages français. Entre la baisse des taux d'intérêt, des conditions d'octroi assouplies et une inflation mieux maîtrisée, les perspectives pour les candidats à l'achat immobilier s'améliorent nettement.

 

Des taux d'intérêt en recul constant

Après avoir atteint un sommet de 4,20 % en décembre 2023, les taux des crédits immobiliers sont progressivement redescendus tout au long de 2024, atteignant en moyenne 3,37 % en novembre, selon les données de l'Observatoire du Crédit Logement/CSA. Début 2025, cette tendance favorable se confirme : les courtiers rapportent que près de la moitié des barèmes bancaires affichent une diminution moyenne de 0,10 à 0,15 point.

Concrètement, les taux moyens s'établissent désormais autour de 3,10 % sur 15 ans, 3,30 % sur 20 ans, et 3,20 % sur 25 ans. Pour certains profils, les conditions sont encore plus avantageuses, avec des offres à partir de 2,68 % sur 10 ans ou 3,54 % sur 25 ans.

 

Un contexte économique et politique favorable

Cette baisse des taux s’explique en grande partie par la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui a opéré plusieurs réductions de ses taux directeurs en 2024. Ces ajustements, visant à maîtriser l’inflation, ont permis aux banques de réduire leurs propres coûts de refinancement, leur laissant ainsi plus de marge pour accorder des prêts compétitifs.

Par ailleurs, les établissements bancaires cherchent activement à attirer de nouveaux clients en cette période stratégique. Certaines banques prolongent même des offres à taux préférentiels pour encourager les achats immobiliers, en particulier pour les logements à haute performance énergétique.

 

Les primo-accédants à l'honneur

Les primo-accédants bénéficient également d'une attention particulière. Certaines banques proposent des prêts complémentaires à taux très réduits, allant de 0 à 2 %, sous réserve que le montant soit limité à 10 % du crédit principal, avec un plafond de 30 000 euros. Cette stratégie vise à compenser le report des réformes prévues pour le prêt à taux zéro (PTZ), suspendues dans le contexte politique actuel.

 

Des perspectives encourageantes pour 2025

Avec une inflation maîtrisée (1,3 % en décembre 2024) et des signaux positifs sur le marché, les taux immobiliers pourraient descendre sous la barre symbolique des 3 % d'ici le printemps. Cette situation favorable contribue à redynamiser la demande d'acquisition de logements.

Toutefois, certains experts préviennent que les taux immobiliers ne pourront pas durablement rester inférieurs à ceux des emprunts d’État, qui se situent actuellement autour de 3,3 % sur 10 ans. Une amélioration du climat économique et politique sera donc essentielle pour pérenniser cette tendance.

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🏦 Investissement : L'économie mondiale face au rôle clé des consommateurs américains en 2025

Alors que Donald Trump s'apprête à entamer son nouveau mandat en tant que 47ᵉ président des États-Unis, l'économie mondiale repose plus que jamais sur la capacité de dépense des ménages américains. Ce soutien, toutefois, est largement nourri par des mesures fiscales inédites, sans lesquelles ces consommateurs ne pourraient maintenir leur rôle central dans la dynamique économique globale.

 

Une inflation qui marque une pause

Après plusieurs années de recul, l'inflation semble atteindre un plateau. Aux États-Unis, l'inflation globale est passée de 2,6 % en octobre à 2,7 % en novembre 2024, tandis que les dépenses de consommation hors énergie et alimentation, un indicateur clé pour la Réserve fédérale, sont restées stables. En Europe, la situation est similaire, avec une inflation globale augmentant légèrement de 2,2 % en novembre à 2,4 % en décembre.

 

Politique monétaire : une modération attendue

La Réserve fédérale américaine a clôturé l'année 2024 en réduisant son taux directeur de 25 points de base. Pour 2025, seuls deux ajustements supplémentaires sont prévus, la robustesse du marché de l’emploi et la résilience de l’inflation rendant les perspectives économiques plus stables qu’anticipé. En zone euro, la Banque centrale européenne a également ajusté son taux de dépôt en décembre et pourrait continuer dans cette direction, en raison d’une croissance économique atone.

 

Taux longs : des niveaux élevés malgré les baisses

Aux États-Unis, les taux d’intérêt à long terme ont retrouvé leurs sommets de 2024, portés par une croissance solide et une inflation résiliente. Les rendements des obligations du Trésor à 10 ans ont ainsi connu une hausse notable. En Europe, bien que la conjoncture économique soit plus faible, les rendements obligataires ont suivi la tendance américaine, avec des hausses en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne.

 

Les marchés boursiers en hausse pour la deuxième année consécutive

Malgré une fin d’année plus calme, les marchés actions ont enregistré des performances significatives en 2024, marquant une deuxième année consécutive de gains. L’indice MSCI All Country World a progressé de 25,3 % en euros sur l’année, tandis que des performances contrastées ont été observées selon les régions et secteurs. Les États-Unis, avec le S&P 500, et l’Europe, via le Stoxx 600, ont connu de légères baisses en décembre. À l’inverse, le Japon a affiché une progression de 3,9 % grâce à la faiblesse du yen.

 

Au niveau sectoriel, les domaines de la technologie, de la consommation discrétionnaire et des services de communication se sont distingués par leurs performances positives, tandis que l’énergie, l’immobilier et les matériaux ont affiché des reculs.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • UBS a nommé un médiateur indépendant pour enquêter sur les comptes liés aux nazis au Credit Suisse.

 

  • Eni relance le forage d'un projet gazier au large de l'Égypte.

 

  • Volkswagen et Xpeng renforcent leur collaboration en travaillant ensemble au développement de réseaux de recharge ultra-rapides pour véhicules électriques en Chine.

 

  • Microsoft aura investi 80 milliards de dollars dans les infrastructures pour l'IA d'ici la fin 2025.

 

  • Getty Images envisage de fusionner avec Shutterstock, selon Bloomberg.

 

  • BTG Pactual serait en pourparlers pour racheter les activités brésiliennes de Julius Bär pour environ 1 milliard de reais, soit 150 millions de francs suisses.

 

  • LG Electronics s'associe à Microsoft pour utiliser la technologie d'IA de l'Américain dans ses produits grand public.

 

  • Plusieurs grands constructeurs automobiles, dont Stellantis, Toyota, Ford, Mazda et Subaru, achètent des crédits d'émission de CO2 à Tesla pour se conformer aux strictes réglementations européennes en matière d'émissions et éviter les pénalités.

 

  • BMW annonce que sa filiale de véhicules de luxe Rolls-Royce va investir 376 M$ au Royaume-Uni pour produire des véhicule sur mesure.

 

  • Exxon Mobil estime que les variations des prix du pétrole réduiraient de 500 à 900 millions de dollars ses bénéfices dans l'amont au quatrième trimestre.

 

  • AWS (Amazon) va investir environ 11 Mds$ pour développer son infrastructure aux Etats-Unis (Géorgie) afin de prendre en charge les technologies de cloud computing et d'IA.

 

  • Meta met fin à son programme de "fact-checking" aux Etats-Unis.

 

  • Tencent a racheté un nombre record d'actions après la chute du titre consécutive à l'inscription de l'entreprise technologique sur une liste noire américaine en raison de ses liens avec l'armée chinoise.

 

  • Eiffage renouvelle sa ligne de crédit renouvelable de 2 milliards d’euros.

 

  • Bastide a reçu une extension d'autorisation pour opérer au Canada.

 

  • Shell a annoncé que sa récente découverte de pétrole au large de la Namibie n'était pas viable d'un point de vue commercial.

 

  • SoftBank et Arm Holdings seraient en pourparlers pour acquérir Ampere Computing.

 

  • Spie lance son programme de rachat d'actions.

 

  • Airbus a livré 766 avions en 2024, pour 826 commandes nettes.

 

  • Prada envisage de racheter Versace à Capri Holdings, selon Il Sole 24 ore.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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