L'Hebdo #115 : La Réserve fédérale annonce des baisses de taux limitées pour 2025 et le retour triomphal du Footsie

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. FED : une décision attendue, mais des perspectives qui inquiètent

La Réserve Fédérale Américaine a réduit ses taux directeurs de 25 points de base, les ramenant à une fourchette de 4,25 % à 4,50 %, conformément aux attentes des investisseurs. Cependant, c’est le discours de Jerome Powell qui a semé le trouble. Alors que la Fed projetait en septembre quatre baisses de taux pour 2025, Powell a laissé entendre qu’il n’y en aurait probablement que deux, sous réserve de signaux clairs d’un ralentissement de l’inflation. Cette annonce a refroidi les espoirs d’un assouplissement monétaire rapide, d’autant plus que les politiques économiques du futur gouvernement Trump, jugées inflationnistes, compliquent la tâche de la Fed. Résultat : les rendements obligataires à 10 ans ont grimpé à 4,55 %, leur plus haut niveau depuis mai, tandis que les marchés actions ont fortement réagi, craignant une économie bridée par des taux élevés.

 

2. Une semaine noire pour les indices mondiaux

La prudence affichée par la Fed a déclenché une vague de corrections sur les marchés boursiers. À Wall Street, les indices ont enregistré leurs pires performances depuis des mois : le Nasdaq a plongé de 3,6 %, le S&P 500 a reculé de 3 %, et le Dow Jones a perdu 2,6 %. Les secteurs les plus sensibles, comme l’immobilier et la santé, ont été particulièrement touchés. En Europe, le CAC40 a chuté de 1,82 %, entraîné par les inquiétudes sur les politiques monétaires et les perspectives économiques mondiales. Les perdants de la semaine incluent ArcelorMittal (-6,19 %) et Stellantis (-7,27 %), tandis que Renault (+4,58 %) a profité de la hausse des ventes automobiles. Même en Asie, les indices ont fléchi, reflétant une nervosité globale alimentée par les incertitudes sur les perspectives économiques pour 2025.

 

3. Cryptomonnaies et matières premières dans la tourmente

Le marché des cryptomonnaies a connu une semaine chaotique. Après avoir atteint un sommet historique à 108 000 dollars, le Bitcoin a perdu 12 % en trois jours, terminant autour de 93 500 dollars. Les investisseurs, refroidis par la baisse des actifs risqués, ont retiré 680 millions de dollars des ETF Bitcoin en une seule journée, une sortie record depuis leur lancement. L’ether a également chuté de 19 %, reflétant une aversion grandissante pour le risque.
Les matières premières n’ont pas été épargnées : le Brent a reculé de 3 %, passant sous les 72 USD le baril, tandis que le cuivre et l’aluminium ont enregistré plusieurs séances consécutives de baisse. L’or, malgré son statut de valeur refuge, a fléchi à 2 600 USD l’once, pénalisé par la hausse des rendements obligataires aux États-Unis. Les marchés de l’énergie et des métaux de base ont subi l’impact de la vigueur du dollar et des perspectives de demande en baisse pour 2025, illustrant une ambiance morose en cette fin d’année.

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📰 Le dossier de la semaine : La Réserve fédérale annonce des baisses de taux limitées pour 2025

La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) clôture l'année 2024 avec une décision attendue mais prudente : de nouvelles baisses de taux d'intérêt, accompagnées de projections modérées pour l'année à venir. Dans un contexte marqué par une inflation toujours au-dessus de l'objectif et des incertitudes économiques, la Fed choisit d'adopter une approche mesurée pour maintenir l'équilibre entre soutien à l'économie et maîtrise des risques. Ces décisions, surveillées de près par les marchés, auront des répercussions majeures sur les emprunts, la consommation et les investissements en 2025.

 

1. Des perspectives modérées pour 2025 : prudence de la Fed

 

Lors de sa réunion de décembre 2024, la Réserve fédérale (Fed) a opté pour une approche plus mesurée en matière de réduction des taux d'intérêt. Bien qu'elle ait abaissé ses taux de 0,25 %, les ramenant dans une fourchette de 4,25 % à 4,5 %, ses prévisions actualisées ne tablent désormais que sur deux baisses en 2025, contre quatre envisagées en septembre.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a souligné que les taux avaient déjà été réduits d'un point de pourcentage, ce qui rapproche l'institution d'un taux neutre. 

Cette approche progressive repose sur deux principales incertitudes :

  • L'évolution de l'inflation : Bien que l'inflation ait nettement reculé sur deux ans, elle reste supérieure à l'objectif de 2 %. La Fed anticipe un retour à cette cible d'ici 2027, avec une modération progressive.

  • Les incertitudes liées à la politique commerciale : D'éventuelles modifications des politiques tarifaires pourraient influencer l'inflation, mais les impacts restent difficiles à quantifier pour l'instant.

 

Selon nous, la prudence de la Fed semble justifiée, car l'inflation demeure au-dessus de 2 %, tandis que des incertitudes subsistent sur les politiques économiques. Toutefois, une détente des taux est attendue en 2025, ce qui pourrait soulager les ménages et les entreprises via des coûts d'emprunt réduits. Les marchés, alignés sur ces projections, s'attendent désormais à une seule baisse pour 2025 selon l'outil FedWatch du CME. Cette modération pourrait permettre à la Fed d'éventuellement surprendre avec des réductions plus marquées, stimulant ainsi les marchés.

 

2. Une économie solide malgré les défis

 

Un autre point fort de la réunion de décembre réside dans l'optimisme affiché par la Fed sur la santé de l'économie américaine. Jerome Powell a déclaré être « confiant dans les fondamentaux économiques », ce qui se reflète dans les nouvelles projections de croissance et d'emploi.

 

En effet, le PIB américain devrait progresser de 2,1 % en 2025, légèrement au-dessus des prévisions de septembre (2 %). Pour le taux de chômage, il est désormais estimé à 4,3 % pour 2025, contre une prévision précédente de 4,4 %. Ces chiffres soulignent la résilience des consommateurs face à une politique monétaire restrictive, appuyée par une consommation soutenue et une croissance économique robuste. Le PIB du troisième trimestre a d’ailleurs dépassé les attentes, atteignant un taux annualisé de 3,1 %, grâce à une consommation dynamique de 3,7 %.

 

Notre point de vue est que les données confirment une économie américaine en bonne santé, soutenue par une consommation solide et une croissance supérieure à la moyenne historique. Les prévisions de la Fed renforcent la confiance dans une reprise progressive, même avec des taux d’intérêt encore relativement élevés.

 

3. La volatilité des marchés : une opportunité pour les investisseurs patients

 

Malgré des gains significatifs sur les indices boursiers en 2024, les marchés ont montré des signes de repli après la réunion de la Fed. Cela s’explique en partie par des prises de bénéfices en fin d’année et un ajustement des attentes des investisseurs.

Le S&P 500, malgré une baisse de 3,5 % après son pic, affiche encore une hausse de 24 % sur l’année.

Les rendements obligataires ont légèrement progressé, avec un taux à 10 ans dépassant 4,5 %, reflétant des attentes modérées sur les baisses de taux.

 

Notre analyse est que la volatilité actuelle n’altère pas les fondamentaux économiques. Pour les investisseurs à long terme, ces fluctuations offrent des opportunités pour diversifier et ajuster leurs portefeuilles, en ciblant des actifs de qualité adaptés à leurs objectifs.

 

En conclusion, la Fed adopte une approche équilibrée face à une économie solide mais toujours confrontée à des incertitudes. Les baisses de taux attendues en 2025 devraient apporter un soutien progressif, créant des conditions favorables pour les investisseurs et les entreprises américaines. 

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🏦 Investissement : Le retour triomphal du Footsie

Fin 2022, une annonce avait fait grand bruit : Londres perdait sa place de leader financier en Europe en termes de capitalisation boursière, évincée par Paris. Pendant près d’un an et demi, la capitale française avait dominé la scène, un coup dur pour la City. Mais en 2024, la tendance s’inverse. Londres reprend sa couronne, profitant notamment d’un repli marqué du CAC 40, qui a chuté de près de 1000 points depuis son sommet atteint en mai, enregistrant cinq semaines consécutives de baisse.

 

Le FTSE 100 : symbole de la puissance boursière britannique

Le FTSE 100, créé en 1984, est l’indice emblématique de la Bourse de Londres. Cet acronyme de "Financial Times Stock Exchange" regroupe les 100 plus grandes capitalisations du Royaume-Uni, représentant près de 70 % de la valeur totale du marché londonien. Au 22 décembre 2024, l’indice affiche une progression de 11 %, tandis que ses variantes — le FTSE 250 (+6 %), le FTSE 350 (+10 %) et le FTSE All-Share (+9,5 %) — montrent également des performances honorables.

 

Une composition sectorielle atypique

Le FTSE 100 est souvent perçu comme un indice « anti-ESG » en raison de sa forte exposition à des secteurs controversés sur le plan environnemental, social et de gouvernance (ESG). Bien que les secteurs financiers (21,8 %) et de la consommation de base (16,3 %) dominent, d’autres secteurs à risque ESG significatif, comme l’industrie (11,8 %), l’énergie (11 %) et les matériaux de base (7 %), y occupent une place importante. Selon Sustainalytics, plus de 50 % des entreprises de l’indice présentent un risque ESG moyen ou élevé.

Parmi les poids lourds de l’indice, on retrouve Shell (7,8 %) et BP (3 %), tous deux classés comme présentant un risque ESG élevé. British American Tobacco (2,7 %) et Rio Tinto (2,3 %) complètent cette liste. Les entreprises comme AstraZeneca (7,9 %) et HSBC (6,9 %), mieux notées, figurent parmi les leaders, tandis qu’Unilever (5,8 %) bénéficie d'une croissance soutenue par sa stratégie de diversification et son implantation accrue en Inde.

 

Performances contrastées selon les secteurs

Le secteur financier brille cette année, soutenant la performance du FTSE 100. Des banques comme NatWest Group (+85 %), Barclays (+71 %), et Standard Chartered (+47 %) affichent des gains impressionnants, à l’instar des assurances telles que Just Group (+70 %) et Beazley (+50 %). Dans le domaine de la gestion d’actifs, 3i Group (+54 %) et Hargreaves Lansdown (+52 %) se distinguent.

En revanche, les secteurs énergétiques et extractifs souffrent. Les tensions au Moyen-Orient et les perspectives économiques chinoises pèsent sur des entreprises comme BP (-13 %), Rio Tinto (-12 %), et Glencore (-17 %). Une exception notable : Anglo American (+23 %), portée par des rumeurs de rachat.

 

Les entreprises à surveiller

Parmi les performances remarquables de l’année, DS Smith (+95 %) se distingue grâce à une offre de rachat par International Paper, valorisée à 6,8 milliards d’euros. Rolls-Royce Holdings, avec une progression de +87 %, occupe la deuxième place. À l’opposé, JD Sports Fashion (-35 %) illustre les difficultés du secteur du sport.

 

Remaniements en vue dans les indices

Le FTSE Russell, filiale du London Stock Exchange Group, prévoit des ajustements dans les indices. Des entreprises comme B&M European (-35 %), Frasers (-14 %), et Vistry (-22 %) pourraient être écartées du FTSE 100, au profit de Games Workshop (+42 %) ou St James's Place (+28 %). Ces changements reflètent une dynamique en évolution constante, symbolisant la résilience et la compétitivité de la place boursière londonienne.

 

En conclusion, la reprise de Londres en tant que première place financière européenne met en évidence les forces et les faiblesses de l’économie britannique, tout en illustrant les défis et les opportunités qui attendent le FTSE 100 dans les années à venir.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Vivendi introduit ses filiales issues de scission à la Bourse de Londres (Canal+), sur Euronext Amsterdam (Havas) et sur Euronext Growth Paris (Louis Hachette). Vivendi qui quitte en parallèle le S&P Europe 350. Vivendi sort de l'indice CAC 40, remplacé par Bureau Veritas après la scission.

 

  • Porsche Automobil annonce de lourdes dépréciations et retire ses prévisions annuelles. 

 

  • Novo Nordisk investit 1,2 milliard de dollars dans une nouvelle usine au Danemark.

 

  • Palantir, MicroStrategy et Axon vont rejoindre le Nasdaq 100. Illumina, Super Micro Computer et Moderna en font les frais.

 

  • Le conseil d'administration d'EBay autorise le rachat d'actions pour un montant de 3 milliards de dollars.

 

  • LG Electronics vise une valorisation de 15 milliards de dollars l'introduction en bourse de sa filiale indienne en 2025.

 

  • Stellantis prévoit d'investir 8 milliards d'euros dans ses activités italiennes d'ici 2026.

 

  • Moody's abaisse la perspective sur la dette de sept banques françaises (dont BNP Paribas, Crédit Agricole mais pas Société Générale) après la baisse de la note de la France.

 

  • Nestlé lance des piqûres de protéines pour les utilisateurs de médicaments amaigrissants aux États-Unis.

 

  • Orsted cède 50% de sa participation dans trois projets terrestres aux États-Unis pour 572 millions de dollars.

 

  • Mastercard va racheter jusqu'à 12 milliards de dollars d'actions.

 

  • Honda Motor et Nissan entament des pourparlers en vue d'une fusion, le titre Nissan flambe. Foxconn aurait aussi approché Nissan en vue d'un rachat.

 

  • EssilorLuxottica renouvelle son accord de licence avec Prada pour 10 ans.

 

  • Fnac Darty ne contestera pas l'amende de 109 M€ de l'Autorité de la concurrence pour des faits concernant Darty antérieurs à 2014.

 

  • Apple serait en pourparlers avec Tencent et ByteDance pour déployer des fonctions d'IA en Chine.

 

  • Vinci remporte deux contrats d’infrastructures de transport en République tchèque pour 417 M€.

 

  • Le Crédit Agricole est sur le point d'acquérir la participation restante de 30,5 % dans CACEIS auprès de Banco Santander.

 

  • Diageo envisage de vendre la vodka Ciroc après la fin de son partenariat avec le rappeur Diddy.

 

  • Boeing a obtenu sa plus grosse commande d'avions de l'année avec l'achat ferme de 100 B737 MAX par la compagnie low-cost turque Pegasus Airlines.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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