L'Hebdo #114 : Le rallye du Père Noël peut-il redresser la Bourse de Paris et nos conseils pour rentabiliser un investissement dans une passoire thermique

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. La baisse des taux anime les marchés

Cette semaine, les banques centrales ont occupé le devant de la scène avec une série de décisions sur les taux directeurs. La Banque du Canada et la Banque nationale suisse ont surpris les marchés en réduisant leurs taux respectivement de 50 points de base, une mesure plus audacieuse que prévu. La Banque centrale européenne (BCE), quant à elle, a opté pour une approche plus mesurée, abaissant son principal taux de dépôt de 25 points de base. Ces ajustements visent à stimuler des économies en proie à des signaux de ralentissement.

Toutefois, ces décisions n'ont pas suffi à générer un consensus clair parmi les investisseurs, qui restent divisés sur les perspectives de relance économique. L'attention se porte désormais sur la Réserve fédérale américaine (Fed), qui annoncera sa décision mercredi prochain. Avec une probabilité estimée à 96 %, les marchés s'attendent à une baisse de 25 points de base. Cette décision sera déterminante pour les orientations des investisseurs à l’approche de 2025, notamment en ce qui concerne les prévisions d'assouplissements supplémentaires au premier semestre.

 

2. La Chine entre espoir et déception

La Chine a une fois de plus capté l'attention des marchés cette semaine, alternant annonces porteuses et désillusions. Le Politburo a dévoilé un plan de soutien économique destiné à stimuler la demande intérieure et à relancer le marché immobilier. Ces engagements ont rapidement redonné de l’élan aux indices chinois, permettant au MSCI China d’enregistrer une hausse de 3,2 % en début de semaine. Par ailleurs, Pékin a annoncé une politique monétaire "modérément souple" et des ajustements anticycliques pour renforcer son économie.

Cependant, ces promesses n'ont pas été suivies de détails concrets lors de la Conférence centrale sur le travail économique, suscitant la frustration des investisseurs. Les indicateurs économiques, tels que les chiffres décevants des importations et exportations, ajoutent à ce climat d’incertitude. Par ailleurs, des rumeurs évoquent une croissance économique réelle inférieure aux données officielles, ce qui pourrait affaiblir davantage la confiance. Sur le plan géopolitique, les tensions autour de Taïwan et les relations commerciales conflictuelles avec les États-Unis continuent d’alimenter un climat fragile.

 

3. Wall Street ralentit, mais l’intelligence artificielle s’envole

Wall Street, qui avait enchaîné les records ces dernières semaines, a montré des signes de fatigue. Les grands indices américains, notamment le S&P 500 et le Nasdaq 100, ont reculé légèrement après des annonces défavorables. Nvidia, l’un des piliers de la tech, a perdu 2,5 % en raison d’une enquête antitrust lancée par la Chine, tandis que d’autres valeurs technologiques ont corrigé après une période de forte croissance.

Malgré ce ralentissement, la thématique de l’intelligence artificielle (IA) reste un moteur puissant des marchés actions. Broadcom, spécialiste des semi-conducteurs, a surpris les marchés en publiant des résultats bien supérieurs aux attentes, entraînant une flambée de 14 % de son cours hors séance. Cette performance souligne l'engouement des investisseurs pour les entreprises positionnées sur les technologies d'avenir, malgré un contexte économique et géopolitique volatil.

­

📰 Le dossier de la semaine : CAC 40 : Le rallye du Père Noël peut-il redresser la Bourse de Paris ?

Alors que l'année touche à sa fin, les investisseurs s'interrogent : la Bourse de Paris profitera-t-elle du traditionnel "rallye de Noël" pour terminer 2024 sur une note positive ? Ce phénomène bien connu, caractérisé par une hausse des marchés financiers en fin d’année, pourrait redonner un souffle aux indices en difficulté.

 

Un rallye attendu, mais pas garanti

Le mois de décembre est historiquement l’un des meilleurs pour les marchés financiers. Ce fameux rallye de Noël, mis en lumière par la publication financière l’Almanach du trader dès les années 1970, concerne les cinq dernières séances de l’année et les deux premières du mois de janvier. Il s’explique en partie par une conjonction de facteurs : un regain d’optimisme des investisseurs, des primes de fin d’année incitant à investir et un marché dominé temporairement par les particuliers, souvent plus enclins à l'achat.

Cependant, pour le CAC 40, le contexte reste délicat. Depuis le début de l'année, l'indice phare de la Bourse de Paris accuse un recul de 1,62 % (au 12 décembre), une performance bien en deçà des autres grandes places européennes. En comparaison, l’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 progresse de 8,5 %, tandis que le DAX 40 allemand a atteint un record historique avec une hausse de 21,8 % sur l’année.

Les raisons de cette sous-performance sont multiples : un contexte politique tendu en France depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin, et la faiblesse des groupes de luxe, fortement impactés par le ralentissement de l’économie chinoise.

 

Des signaux contrastés pour la fin d’année

Malgré les statistiques favorables au rallye de Noël, les perspectives pour le CAC 40 restent incertaines. Selon Christopher Dembik, stratège chez Pictet AM, les espoirs sont faibles. "Les investisseurs privilégient les actifs américains, plus rémunérateurs, au détriment des actifs français", souligne-t-il. Cette tendance pourrait s’accentuer en fin d’année, limitant les chances d’un rebond significatif à Paris.

Pourtant, les actions américaines, déjà en forte hausse en 2024 (+26,5 % pour le S&P 500), continuent d’attirer les investisseurs grâce à leur dynamique. Depuis 1928, les deux derniers mois de l'année affichent un rendement médian de 5,22 %, et en année électorale, ce chiffre grimpe à 6,25 %.

 

Une saisonnalité toujours favorable

Historiquement, le quatrième trimestre est particulièrement propice aux hausses boursières. Selon Deutsche Bank, l'indice paneuropéen Stoxx Europe 600 progresse en moyenne de 3 % durant cette période, contre seulement 1 % pour les autres trimestres.

Aux États-Unis, cette tendance est encore plus marquée. Même après une forte progression annuelle, les statistiques montrent que le S&P 500 peut continuer sur sa lancée : une hausse de 25 % en année N se traduit souvent par un gain supplémentaire de près de 9 % en année N+1.

 

Et après Noël : l’effet janvier

Si le rallye de Noël est attendu, un autre phénomène boursier, moins connu, prendra le relais : l'effet janvier. Ce cycle particulier favorise les petites capitalisations, qui surperforment les grandes entreprises durant le premier mois de l’année. Ce mouvement s’explique notamment par des stratégies de "window dressing" des gérants de fonds et l’optimisation fiscale des investisseurs particuliers.

 

Conclusion : un optimisme mesuré pour la Bourse de Paris
Si les marchés américains et européens pourraient bénéficier de cette dynamique de fin d'année, le CAC 40 reste dans une position délicate. Un éventuel rebond dépendra de facteurs externes, mais aussi de la capacité des entreprises françaises à retrouver la confiance des investisseurs. Quant au rallye du Père Noël, il pourrait bien passer au-dessus de la Bourse de Paris cette année, laissant la question ouverte pour 2025.

­

🏠 Immobilier : Nos conseils pour rentabiliser un investissement dans une passoire thermique

Investir dans un bien classé parmi les "passoires thermiques" peut sembler risqué. Pourtant, ces logements à faible performance énergétique séduisent certains investisseurs grâce à leur prix attractif et leur potentiel de rentabilité après rénovation. Voici nos clés pour réussir votre projet.

 

1. Choisir stratégiquement son bien

 

Les logements énergivores (classes E, F ou G) se négocient souvent bien en dessous du prix du marché. Les biens classés G s'achètent en moyenne 14 % moins cher que les biens classés D, soit une économie d'environ 458 € par m².

Cependant, un prix bas ne garantit pas une bonne affaire. Pour être rentable, le bien doit pouvoir être loué, ce qui nécessite des travaux pour atteindre une performance énergétique minimale de classe D d’ici 2034. Si le bien est en copropriété, la réalisation de ces travaux peut devenir un défi, car elle dépend aussi des décisions collectives des copropriétaires.

 

Conseil : Pour réduire les risques, privilégiez des biens classés F ou E, qui offrent plus de flexibilité dans le calendrier des rénovations.

 

2. Planifier les travaux de rénovation

 

La rentabilité d’un investissement repose sur une rénovation efficace. Inutile de viser une classe énergétique A. L’objectif est de passer au moins à la classe D, le minimum requis pour continuer à louer le bien après les échéances réglementaires.

L’audit énergétique, obligatoire pour les maisons individuelles depuis avril 2023, est un outil précieux pour estimer le coût des travaux nécessaires. En copropriété, la tâche est plus complexe et nécessite l’intervention d’un professionnel du bâtiment pour évaluer les travaux et établir un budget précis.

 

Conseil : Pensez aussi à estimer le temps nécessaire pour finaliser les travaux. Une période de plusieurs mois sans location peut affecter la rentabilité globale de l’investissement.

 

3. Étudier le marché locatif local

 

Un bien rénové reste rentable uniquement s’il trouve preneur. Analysez la demande locative dans la zone où se situe le logement. Vérifiez que la taille et l’emplacement du bien correspondent aux attentes des locataires potentiels.

Par exemple, dans une ville étudiante, les studios et deux-pièces sont généralement plus recherchés que les grandes surfaces. Si vous investissez dans un grand logement, vous pourriez envisager la colocation pour maximiser les revenus locatifs.

Enfin, fixez un loyer compétitif. Trop élevé, il risque de provoquer une vacance locative. Trop bas, il réduit la rentabilité, d’autant plus en zones tendues où les hausses entre deux locataires sont encadrées.

 

4. Profiter des aides financières

 

La rénovation énergétique peut être coûteuse, mais plusieurs dispositifs d’aide permettent de limiter l’impact financier. Depuis juillet 2024, MaPrimeRénov’ Parcours accompagné est accessible à tous les propriétaires bailleurs, sans conditions de revenus. Elle couvre jusqu’à 63 000 € de travaux, avec une bonification de 10 % pour les biens F ou G qui atteignent une classe D après rénovation.

D’autres aides, comme Ma Prime Logement Décent de l’Anah, sont également disponibles, sous réserve de respecter certains critères, comme plafonner les loyers ou louer à des ménages modestes.

Enfin, jusqu’à fin 2025, les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier d’un avantage fiscal en cas de rénovation. Le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global est doublé, passant de 10 700 € à 21 400 €, sous réserve que le bien atteigne une classe énergétique minimale de D après travaux.

 

Conclusion : un investissement calculé
Investir dans une passoire thermique peut être une stratégie payante si vous évaluez soigneusement les coûts, les contraintes et les opportunités. En planifiant vos travaux et en utilisant les aides financières, vous pouvez transformer un logement énergivore en une véritable source de rentabilité tout en contribuant à la transition énergétique.

­

💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Allianz et Amundi ont cessé les discussions sur la fusion de leurs activités de gestion d'actifs.

 

  • JCDecaux décroche le contrat des abribus de Rome en Italie.

 

  • BYD est sur le point de dépasser son objectif de ventes pour 2024, et pourrait même surpasser Ford et Honda en termes de chiffres de ventes.

 

  • Carrefour a mené à bien son plan de rachat d'actions 2024 en acquérant 7% de son capital.

 

  • Moody's a relevé la note crédit de TotalEnergies de "A1" à "Aa3".

 

  • Allianz relève ses objectifs financiers pour les trois prochaines années.

 

  • Le régulateur de la concurrence en Chine enquête sur le géant américain des puces Nvidia.

 

  • LVMH prend 20% des Domaines de Fontenille.

 

  • Stellantis et CATL créent une usine de batteries en Espagne.

 

  • Sanofi obtient une désignation accélérée aux États-Unis pour deux vaccins combinés contre la grippe et le COVID-19.

 

  • Orsted vend sa participation de 50% dans le parc éolien Greater Changhua 4 pour 1,64 milliard de dollars.

 

  • Apple prévoit d'intégrer des connexions satellites à sa montre intelligente en 2025, selon Bloomberg.

 

  • Eurazeo est en négociation exclusive pour céder sa participation majoritaire dans la société française d'assurance des entreprises Albingia à Fiblac, la holding de la famille dirigeante d'Albingia.

 

  • La Société de la Tour Eiffel a vendu un ensemble immobilier à Marseille pour 40,5 millions d'euros.

 

  • Google a lancé Gemini 2.0, un nouveau modèle d'intelligence artificielle conçu pour créer des agents intelligents.

 

  • Louise Trotter nommée Directrice de la Création de Bottega Veneta (Kering) à la place de Mathieu Blazy, qui file chez Chanel.

 

  • Audi, la filiale de Volkswagen, arrêtera la production à Bruxelles d'ici le 28 février.

 

  • Rio Tinto va investir 2,5 milliards de dollars pour accroître la production de lithium en Argentine et a été retenu par Codelco pour un partenariat sur un projet de lithium au Chili.

­

Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse, BFM Bourse

Précédent
Précédent

L'Hebdo #115 : La Réserve fédérale annonce des baisses de taux limitées pour 2025 et le retour triomphal du Footsie

Suivant
Suivant

L'Hebdo #113 : Une fin d'année en beauté et comment utiliser la société civile familiale pour structurer et transmettre son patrimoine