L'Hebdo #113 : Une fin d'année en beauté et comment utiliser la société civile familiale pour structurer et transmettre son patrimoine

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. Wall Street en pleine ascension : records en série malgré les incertitudes mondiales

Wall Street poursuit son ascension impressionnante en 2024, établissant un 56ᵉ record annuel grâce à une progression de 27,6 % du S&P 500 depuis janvier. Cet optimisme persistant des investisseurs est soutenu par la perspective de baisses de taux d’intérêt et par les déclarations de Jerome Powell, président de la Fed, soulignant la solidité de l’économie américaine. En revanche, l’Europe peine à suivre ce rythme effréné. Le CAC40 affiche une progression modeste malgré les incertitudes politiques en France, tandis que l’écart entre les actions américaines et européennes atteint des niveaux sans précédent. Cette dynamique met en lumière la confiance des investisseurs dans les marchés financiers américains, qui continuent d’aspirer des capitaux au détriment des autres économies.

 

2. Tensions politiques en France : la chute du gouvernement Barnier et ses répercussions

La France fait face à une crise politique sans précédent suite à la censure et à la démission du gouvernement Barnier, laissant planer une incertitude sur la gouvernance du pays. Ce chaos politique, marqué par des motions de censure et des divisions profondes au sein de l’Assemblée nationale, pourrait fortement peser sur les actifs français. Les banques, assureurs et grandes entreprises très exposées à l’économie française risquent de souffrir à court terme. Paradoxalement, le CAC40 résiste et enregistre une sixième séance consécutive de hausse, les investisseurs pariant sur une reprise éventuelle de la stabilité. Cependant, cette situation pourrait accroître la prime de risque pour la France, comparée à ses voisins européens. Les semaines à venir seront décisives pour l’économie et les institutions du pays.

 

3. Le Bitcoin atteint des sommets historiques : un tournant pour la cryptosphère

Le bitcoin a franchi un seuil symbolique cette semaine en atteignant un record de 104 000 dollars, avant de se stabiliser autour de 98 000 dollars. Cette hausse spectaculaire est attribuée à l’annonce de Donald Trump de nommer Paul Atkins, partisan des cryptomonnaies, à la tête de la SEC. Cette nomination pourrait annoncer une régulation plus souple et favorable pour les acteurs de la cryptosphère aux États-Unis, attirant davantage d’investissements. L’ether n’est pas en reste, progressant de 3,5 % sur la semaine, tandis que la capitalisation totale du marché des cryptomonnaies atteint un nouveau record de 3 500 milliards de dollars. Cette explosion du marché reflète un engouement croissant des investisseurs pour les actifs numériques, malgré un contexte économique et politique mondial incertain.

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📰 Le dossier de la semaine : Une fin d'année en beauté

Ceci n'est pas un conseil en investissement

 

Alors que les élections américaines ont pris fin, les marchés financiers se sont rapidement tournés vers les conséquences potentielles des nouvelles orientations politiques sur la croissance mondiale, l'inflation et les taux d'intérêt. Dans ce contexte, les marchés actions américains ont particulièrement brillé, atteignant des sommets historiques. Cette performance remarquable a contribué à renforcer les portefeuilles bien diversifiés, offrant une perspective positive pour clôturer l'année.

Les investissements cycliques ont joué un rôle clé dans le rallye post-électoral, témoignant d’un regain de confiance en des perspectives économiques plus favorables à court terme. Ce dynamisme a également été soutenu par un cycle d’assouplissement monétaire initié par les banques centrales.

 

I. Où en étions-nous ?

 

Après les élections américaines, les marchés ont réagi aux changements politiques probables. Avec une victoire républicaine à la Maison-Blanche, au Sénat et à la Chambre des représentants, les investisseurs ont anticipé des politiques favorisant une extension des allègements fiscaux et une déréglementation, ce qui a amélioré les perspectives économiques à court terme.

Cependant, certaines inquiétudes sont apparues, notamment concernant l'inflation, la croissance mondiale et les taux d'intérêt, en raison de politiques commerciales et migratoires plus restrictives et de déficits budgétaires plus élevés. Ces facteurs ont influencé différemment les classes d'actifs, mais globalement, ils ont renforcé la dynamique des actions américaines.

 

a) Performances des actions américaines

 

  • Leadership des actions américaines : En novembre, les actions américaines ont brillé grâce à la résilience économique, à l'augmentation des bénéfices des entreprises et à des innovations technologiques. Les secteurs cycliques (finance, industrie, consommation discrétionnaire) ont mené la reprise.

  • Petites et moyennes capitalisations : Ces catégories ont enregistré les plus fortes hausses, atteignant des sommets historiques. Les petites capitalisations sont devenues la classe d'actifs la plus performante sur 12 mois.

  • Diversification payante : Les portefeuilles bien diversifiés, surpondérés en actions américaines, ont bénéficié de ce large leadership.

 

b) Performances internationales et obligations

 

  • Actions internationales : Leur performance a été freinée par les incertitudes commerciales et géopolitiques. Les marchés émergents, notamment les actions chinoises, ont particulièrement souffert en raison de craintes liées à une hausse des droits de douane.

  • Impact du dollar fort : La montée du dollar, portée par les perspectives de croissance et la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis, a pesé sur les rendements internationaux.

  • Obligations : Bien que les taux d'intérêt aient globalement augmenté, une légère baisse en fin de mois et des revenus d'intérêts constants ont permis aux obligations d’enregistrer des gains. Les performances sur un an des actifs à revenu fixe restent solides.

 

En résumé, les portefeuilles diversifiés ont été soutenus par la forte performance des actions américaines, malgré les défis internationaux et les incertitudes sur les marchés émergents.

 

II. Quelles sont nos recommandations pour l'avenir ?


 

a) Optimisez vos liquidités et réévaluez vos allocations

 

Les liquidités, fonds monétaire et obligations à court terme jouent un rôle essentiel pour couvrir les dépenses immédiates ou comme fonds d’urgence. Toutefois, elles doivent rester limitées dans un portefeuille à long terme. Nous conseillons de maintenir les liquidités à un maximum de 5%.

 

Les baisses de taux prévues par les banques centrales pourraient réduire les rendements des placements liquides, augmentant ainsi le risque de réinvestissement. À long terme, les rendements des liquidités resteront inférieurs à ceux des autres classes d’actifs.

 

b) Stratégies pour les obligations

 

  • Léger ajustement : Sous-pondérez les obligations tout en augmentant leur sensibilité aux taux d’intérêt. La hausse récente des taux les rend plus attractives, mais leur potentiel d’appréciation est limité si la croissance économique reste solide.

  • Réallocation : Diminuez les obligations à court terme de bonne qualité pour privilégier celles à échéances intermédiaires ou longues, ce qui pourrait verrouiller des rendements plus intéressants.

  • Dette des marchés émergents : Considérez une réallocation des obligations américaines à haut rendement vers des obligations émergentes, souvent de meilleure qualité avec des écarts de crédit plus intéressants.

 

c) Focus sur les actions américaines

 

Les actions américaines continuent de dominer grâce à une économie robuste et des bénéfices solides. Nous recommandons de :

  • Surpondérer les actions américaines, particulièrement celles de grande et moyenne capitalisation.

  • Réduire légèrement les positions en actions internationales des marchés développés et en obligations de bonne qualité, au profit des actions américaines.

Bien que certaines incertitudes subsistent, comme les changements de politique commerciale ou d'immigration, l’impact réel de ces mesures prendra du temps à se matérialiser. D’ici 2025, les fondamentaux solides devraient permettre aux actions américaines de continuer à atteindre de nouveaux sommets.

 

 

III. Préparez votre portefeuille pour clôturer l'année sur une note positive


a) Évaluer et ajuster votre portefeuille

 

Pour bien terminer l'année, prenez le temps d'examiner votre portefeuille avec un conseiller financier. Cette révision, basée sur votre situation personnelle et vos considérations fiscales, peut renforcer votre stratégie d'investissement à long terme. Si vous n'avez pas encore de conseiller, pensez à en consulter un pour élaborer une stratégie alignée sur vos objectifs financiers.

 

b) Orientation stratégique : une base solide

Définir une répartition stratégique de vos actifs est essentiel pour aligner votre portefeuille sur vos objectifs de rendement et votre tolérance au risque. Une approche diversifiée, combinant actions et obligations, permet de s'adapter à une vision à long terme, basée sur des perspectives économiques et de marché sur les 30 prochaines années.

  • Diversification équilibrée : Chaque classe d’actifs aura un poids spécifique en fonction de vos objectifs financiers.

  • Vision à long terme : Une répartition stratégique contribue à réduire les risques tout en maximisant les rendements potentiels.

 

c) Conseils opportunistes : tirer parti des conditions actuelles

En complément, nos recommandations opportunistes visent à optimiser votre portefeuille en fonction des dynamiques actuelles du marché. Ces conseils permettent d’ajuster vos investissements pour saisir des opportunités à court terme tout en restant aligné sur vos objectifs.

  • Allocation d’actifs opportuniste : Identifiez des opportunités dans les classes d’actifs qui offrent des potentiels de rendement immédiat.

  • Ciblage stratégique : Renforcez votre portefeuille grâce à des investissements spécifiques dans les styles et secteurs porteurs.

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🏠 Fiscalité: Comment utiliser la société civile familiale pour structurer et transmettre son patrimoine

La société civile, souvent associée à l'immobilier, offre de nombreuses possibilités pour organiser et maîtriser la transmission d’un patrimoine. Bien que la société civile immobilière (SCI) soit la plus connue, ce cadre juridique peut également être adapté à d'autres formes de biens, qu’ils soient immobiliers ou mobiliers.

 

Pourquoi opter pour une société civile familiale ?

Pour des parents souhaitant transmettre de leur vivant une partie de leur patrimoine tout en conservant son contrôle, la société civile familiale constitue une solution stratégique. Ce type de structure permet de gérer les actifs tout en planifiant leur transmission. En clair, la société civile permet de transmettre les avoirs tout en gardant le pouvoir.

La structure est fréquemment utilisée sous forme de SCI pour des biens locatifs ou non, mais elle peut également abriter des biens mobiliers ou un patrimoine diversifié, sous l’appellation de société civile de patrimoine.

 

Le mécanisme de transmission

Dans le cadre de ce montage, ce sont les parts sociales de la société qui sont transmises aux enfants, souvent en nue-propriété. Ce procédé permet de tirer parti des avantages fiscaux du démembrement de propriété et de bénéficier de l'abattement fiscal de 100 000 euros entre parents et enfants, renouvelable tous les 15 ans.

Points clés du démembrement de propriété :

  • Avantage fiscal : La nue-propriété est transmise aux enfants tandis que l’usufruit est conservé par les parents.

  • Gestion optimisée : Les statuts peuvent être aménagés pour permettre au gérant de conserver un contrôle total sur les décisions importantes, y compris la vente des biens.

 

Statuts : un levier pour sécuriser le contrôle parental

Pour garantir une gestion efficace, les statuts de la société civile peuvent stipuler que le gérant, généralement un parent, ne pourra être révoqué qu'à l'unanimité des voix. Ce mécanisme assure que le gérant conserve le contrôle, à condition de détenir au moins une part sociale en pleine propriété ou d’intégrer des clauses spécifiques pour répartir les droits de vote entre usufruitier et nu-propriétaire.

De plus, les statuts peuvent autoriser le gérant à prendre des décisions majeures, comme la vente des biens, sans l’accord des enfants nus-propriétaires. Ce type de flexibilité n’est pas possible dans un démembrement classique.

 

Les avantages fiscaux liés à la SCI

L’utilisation d’une SCI présente aussi des atouts fiscaux intéressants. Par exemple, une donation en nue-propriété via une SCI peut préserver l'exonération des plus-values immobilières liées à la résidence principale. Contrairement à une donation en direct, où les enfants devenus nus-propriétaires pourraient perdre cet avantage en cas de vente après leur départ du domicile familial, une SCI bien structurée permet d’éviter cette contrainte.

Pour cela, il est crucial que les statuts précisent que les plus-values immobilières reviennent à l'usufruitier. Ainsi, les parents usufruitiers peuvent continuer de bénéficier de l’exonération sur la totalité de la valeur du bien. Pour renforcer la sécurité juridique de l’opération, il est conseillé de faire enregistrer les statuts auprès du service des impôts des entreprises, même si cette démarche n’est pas obligatoire.

 

A retenir : Une société civile familiale est un outil puissant pour planifier une transmission patrimoniale tout en conservant un contrôle stratégique. Cependant, sa mise en place nécessite une rédaction minutieuse des statuts et un accompagnement par des professionnels pour garantir sa conformité juridique et fiscale.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Covivio et AccorInvest (Accor) finalisent l’opération de remembrement de la propriété des murs et des fonds de commerce de leurs hôtels pour une valeur totale d’échange de près de 800 M€.

 

  • Alten finalise l'acquisition de Worldgrid à Atos.

 

  • Stellantis et Samsung obtiennent 7,5 Mds$ de financements du Département de l'énergie pour une usine de batteries aux Etats-Unis.

 

  • Saint-Gobain se renforce en Turquie en rachetant la société His Yalitim. Par ailleurs, le groupe finalise l’acquisition de Kilwaughter dans la chimie de la construction au Royaume Uni et en Irlande.

 

  • Sanofi prévoit d'investir 1 milliard d'euros dans une nouvelle usine de production d'insuline à Pékin, en Chine, afin d'accroître ses capacités de production.

 

  • Interparfums exploitera la marque Off-White en parfumerie à partir de fin 2025.

 

  • China Mobile a lancé une OPA sur le fournisseur internet de Hong Kong, HKBN, valorisant la société environ 6,86 MdsHKD (882 M$).

 

  • Alibaba a investi environ 74,5 M$ dans l'opérateur de plateforme de mode sud-coréen Ably, une entreprise licorne.

 

  • Une enquête interne commandée par Pernod Ricard a conclu que des cadres supérieurs de sa filiale indienne avaient violé la loi en s'entendant avec des détaillants d'alcool à New Delhi, selon un document consulté par Reuters.

 

  • Veolia a émis 500 millions d'euros d'obligations à 6 ans avec un coupon de 2,97%.

 

  •  Pierre & Vacances a réalisé son premier bénéfice net depuis 13 ans.

 

  • Meta recherche des développeurs d'énergie nucléaire pour des réacteurs devant démarrer au début de 2030.

 

  • Schneider continue de s'associer à Nvidia pour développer des systèmes de refroidissement.

 

  • EQT a lancé un fonds de transition énergétique et a réalisé sa première acquisition avec un investissement allemand.

 

  • General Motors va prendre une charge de plus de 5 milliards de dollars pour ses activités en Chine.

 

  • Coty signe avec Swarovski un accord de licence pour le développement de son activité beauté.

 

  • Swiss (Lufthansa) va acquérir cinq Airbus A350 supplémentaires. Airbus a livré 87 appareils en novembre et reçu 30 commandes.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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