L'Hebdo #112 : Optimiser votre portefeuille pour la fin de l'année et les villes offrant des rendements locatifs supérieurs à 10 % brut par an

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. La nomination de Scott Bessent rassure Wall Street et booste les indices américains

L’arrivée annoncée de Scott Bessent à la tête du Trésor américain a marqué un tournant dans la perception des marchés financiers vis-à-vis de la future administration Trump. Ancien collaborateur de George Soros, partisan du libre-échange et fin connaisseur des marchés, Bessent est vu comme une figure rassurante. Contrairement aux profils plus controversés de l’entourage de Trump, il apporte pragmatisme et crédibilité. Cette annonce a renforcé l’optimisme des investisseurs, avec un S&P500 qui enregistre une progression de 1,48 % sur la semaine et se maintient à moins de 1 % de son sommet annuel.

Les petites valeurs américaines, mesurées par l’indice Russell 2000, ont également profité de cet élan avec une progression impressionnante de 1,5 % en une seule séance, dans un contexte de rachats à bon compte, typique de la période du Black Friday. Cette dynamique positive contraste fortement avec les marchés européens, où les investisseurs peinent à retrouver confiance. En parallèle, le dollar a légèrement reculé face aux grandes devises, reflétant l’idée que Bessent pourrait modérer certaines décisions protectionnistes de Trump, jugées inflationnistes par le marché.

 

2. L’Europe face à ses défis : un CAC40 en perte de vitesse et des tensions sur la dette française

Alors que Wall Street continue de tirer les marchés mondiaux, l’Europe reste en proie à des difficultés économiques et politiques majeures. Le CAC40 a enregistré une cinquième semaine consécutive de baisse, terminant à -1,29 %, et marquant une contre-performance annuelle de -3,8 %. Depuis son sommet atteint en mai, l’indice parisien a perdu près de 1 000 points, plombé par le secteur du luxe, où des géants comme Kering et LVMH subissent les conséquences du ralentissement de la consommation chinoise. Ce coup d’arrêt, combiné à des résultats d’entreprises décevants, a transformé des valeurs autrefois considérées comme défensives en titres cycliques très sensibles à l’économie mondiale.

Les tensions politiques en France aggravent encore la situation. Le risque de censure du gouvernement et l’absence de validation du budget pour 2025 ont contribué à une dégradation de la perception du marché obligataire. Le spread entre les taux français et allemands a atteint 0,87 %, un record depuis 2012. Les investisseurs s’inquiètent de l’endettement élevé de la France et de son déficit budgétaire, que certains économistes qualifient de "plus mauvais de la zone euro". À ce rythme, la dette française se rapproche des conditions d’emprunt de pays comme la Grèce, signe inquiétant pour une économie majeure de l’Union européenne.

 

3. Matières premières et géopolitique : le cessez-le-feu au Proche-Orient pèse sur le pétrole et la défense

Les marchés des matières premières ont été fortement influencés par des facteurs géopolitiques cette semaine. L’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah a entraîné une baisse significative des prix pétroliers. Le Brent a reculé à 72,03 USD le baril, enregistrant une chute hebdomadaire de -4,2 %, tandis que le WTI américain est descendu à 68,90 USD. Les tensions apaisées au Proche-Orient ont réduit la prime de risque géopolitique, incitant les investisseurs à l’attentisme avant la réunion de l’OPEP+, prévue le 5 décembre. Ce sommet pourrait déboucher sur un report des augmentations de production, compte tenu de la faiblesse actuelle des prix.

Les valeurs liées à la défense ont également souffert de cet apaisement. En France, Thales a chuté de -4,49 %, et Saab en Suède a enregistré un recul de -3 %. En parallèle, le secteur des métaux industriels a montré des signes de nervosité, notamment face à la politique commerciale américaine sous l’administration Trump. Le zinc s’est distingué avec une hausse à 3 130 USD, tandis que l’or a reculé sous la pression d’un dollar en hausse.

Dans ce contexte, les marchés européens peinent à trouver un catalyseur positif. L’attente de nouvelles annonces de la BCE en décembre pourrait redonner un peu d’élan, mais l’incertitude demeure forte. Les indicateurs avancés laissent entrevoir une fin d’année difficile pour les indices européens, alors que les États-Unis continuent de creuser l’écart en termes de performance boursière.

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📰 Le dossier de la semaine : Optimiser votre portefeuille pour la fin de l'année

Nous avons récemment ajusté nos orientations en matière d'allocation d'actifs opportuniste, qui représentent des recommandations opportunes pour plusieurs catégories d'actifs sur la base de nos perspectives de marché mondial sur un à trois ans. Les voici : 

 

Ceci n'est pas un conseil en investissement

 

1. Surpondérer les investissements en actions, en privilégiant les actions américaines. 

Si la hausse actuelle des taux d'intérêt a renforcé l'attrait des obligations, le potentiel d'appréciation des prix des obligations américaines de bonne qualité pourrait être limité à court terme dans un contexte de croissance économique solide. À l'inverse, nous pensons que la dynamique des actions américaines, qui se sont bien comportées au cours de l'année écoulée, devrait se poursuivre en 2025, même si c'est à un rythme plus lent. Nous nous attendons à ce que la vigueur relative de l'économie et des bénéfices des entreprises américaines, en particulier par rapport aux marchés internationaux développés, leur donne un coup de pouce. Une légère réorientation des obligations américaines de bonne qualité et/ou des actions internationales des marchés développés vers les actions américaines de grande et moyenne capitalisation peut aider à profiter de ces avantages cycliques potentiels tout en maintenant un niveau de qualité au sein de votre portefeuille.
 

2. Privilégier la dette des marchés émergents par rapport aux obligations américaines à haut rendement, en raison de leur plus grande sensibilité aux taux d'intérêt et de leurs valorisations attrayantes. 

La réallocation des obligations américaines à haut rendement vers la dette des marchés émergents dans le cadre d'une allocation obligataire bien diversifiée peut contribuer à augmenter la sensibilité aux taux d'intérêt de votre portefeuille. Nous pensons que cela est bénéfique dans ce contexte, d'autant plus que la dette des marchés émergents surperforme généralement au cours des trimestres qui suivent la première baisse des taux de la Fed.

En outre, les écarts de crédit des obligations américaines à haut rendement sont historiquement bas, ce qui renforce l'attrait de la classe d'actifs de la dette des marchés émergents, qui est de meilleure qualité et bien diversifiée. 
 

3. Réexaminez l'utilité des liquidités dans votre portefeuille, en réduisant le risque de réinvestissement le cas échéant. Les rendements des obligations à court terme et des placements assimilables à des liquidités sont susceptibles de suivre de près les baisses de taux des banques centrales, ce qui met en évidence le risque de réinvestissement de ces placements.

Pour un portefeuille d'investissement conçu pour des objectifs à plus long terme tels que la retraite, nous recommandons de réduire la surpondération des liquidités et des obligations à court terme, compte tenu du risque de réinvestissement qu'elles présentent. Une réallocation vers des investissements obligataires à moyen ou long terme peut aider votre portefeuille à bénéficier des taux plus élevés d'aujourd'hui pendant une période plus longue.

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🏠 Immobilier : Les villes offrant des rendements locatifs supérieurs à 10 % brut par an

Les propriétaires bailleurs sont de plus en plus préoccupés par la rentabilité de leurs investissements locatifs face à des contraintes fiscales accrues, à la hausse de la taxe foncière et au plafonnement des loyers. Cependant, certaines villes se démarquent encore avec des rendements bruts annuels particulièrement attractifs, dépassant les 10 %. Voici un tour d’horizon des villes offrant ces opportunités.

 

Saint-Quentin
Située dans l’Aisne, cette ville propose un rendement brut moyen de 12,8 % par an pour un T2. Avec un prix d'achat très abordable d’environ 1 000 €/m² et un loyer moyen de 11,2 €/m², Saint-Quentin se hisse en tête des villes les plus rentables.

 

Mulhouse
Grâce à sa proximité avec la Suisse et l'Allemagne, Mulhouse combine accessibilité et dynamisme. Le prix d’achat moyen de 1 298 €/m² permet de dégager une rentabilité brute de 12 %. Les prix de l’immobilier y connaissent même une hausse de 3,3 % cette année.

 

Belfort
Bien que les prix de l’immobilier aient chuté de 6 % en un an (et de 10,8 % sur trois ans), Belfort reste attractive avec une rentabilité brute moyenne de 11,6 % pour un T2. Le coût moyen d’acquisition est ici de 1 227 €/m².

 

Charleville-Mézières, Saint-Étienne et Creil
Ces villes affichent également des rendements bruts compétitifs, oscillant entre 10,2 % et 10,8 %.

 

Chalon-sur-Saône
Dernière du classement à dépasser la barre symbolique des 10 %, cette commune reste une option intéressante pour les investisseurs.

Un point commun : des prix d'achat très abordables

 

Les villes citées partagent un atout majeur : un prix d’acquisition inférieur à 1 700 €/m², bien en deçà de la moyenne nationale (3 065 €/m²). Cet écart rend ces investissements attrayants à première vue. Toutefois, ces prix bas s'expliquent souvent par des indicateurs économiques peu favorables, comme une démographie en baisse ou un taux de chômage élevé.

 

Bien que prometteurs sur le papier, ces investissements comportent des défis :

  • Vacance locative : La demande locative dans ces villes est moins intense qu’en zones métropolitaines. Il est donc essentiel de proposer un bien en bon état et idéalement situé.

  • Impacts économiques : Le chômage élevé ou la baisse démographique peuvent augmenter les risques d’impayés ou de retards de loyers.

  • Charges diverses : Les coûts annexes, tels que les travaux de rénovation, les charges de copropriété et les taxes locales, peuvent réduire significativement la rentabilité nette.

 

Pour les investisseurs recherchant un compromis entre rendement et sécurité, certaines communes proches des grandes villes offrent des perspectives intéressantes :

  • Grenoble : Échirolles et Saint-Martin-d’Hères affichent des rendements supérieurs à 8 %, portés par une forte population étudiante.

  • Lyon et Bordeaux : Des villes comme Vaulx-en-Velin (7 %) ou Pessac (6 %) restent attractives grâce à leur proximité avec ces métropoles dynamiques.

  • Île-de-France : En Seine-Saint-Denis, des communes comme Saint-Denis ou Noisy-le-Sec proposent des rendements bruts d’environ 7 %, malgré des prix d’achat plus élevés.

 

Investir avec prudence

Les rendements élevés vont de pair avec des risques accrus. Avant d’investir, il est indispensable d’évaluer tous les paramètres, notamment la fiscalité, les charges et la tension locative. Bien que ces opportunités puissent sembler alléchantes, un investissement réussi repose sur une analyse rigoureuse et une gestion proactive.

 

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • ArcelorMittal a annoncé qu'il retarde les investissements verts prévus dans l'UE. La société a aussi confirmé la fermeture des sites de Reims et Denain, 135 emplois menacés.

 

  • Eurazeo lève un fond de continuation de 180 millions d'euros.

 

  • La France propose à Atos SE de racheter la branche Advanced Computing pour 500 à 625 M€ de valeur d'entreprise, mais renonce aux activités Mission Critical Systems et Cybersecurity Products. L'action a été multipliée par 3,6 en deux séances, après le projet de rachat. 

 

  • La justice allemande a laissé peu d'espoirs à 8500 investisseurs réclament 750 M€ à Wirecard.

 

  • Amazon investit 4 milliards de dollars de plus dans Anthropic

 

  • Le gouvernement américain a l'intention de réduire la subvention fédérale initiale accordée à Intel de 8,5 milliards de dollars à moins de 8 milliards de dollars, selon le NYT

 

  • Renault dément envisager la vente d'un bloc d'actions Nissan à Honda.

 

  • Generali négocierait un rapprochement avec Natixis AM (BPCE), selon le FT.

 

  • La F1 valide l'arrivée de General Motors en tant que 11e équipe en 2026.

 

  • Google va construire un câble sous-marin reliant Darwin (Australie) à l'île Christmas.

 

  • Sony serait en train de développer une nouvelle console portable pour les jeux PS5.

 

  • Stellantis a confirmé mardi qu'aucune fermeture d'usine n'était prévue à court terme en France, après l'annonce de la fermeture du site britannique de Luton et d'une estimation de baisse de production de 20% cette année dans l'hexagone.

 

  • Teleperformance acquiert l'américain ZP Better Together pour 490 M$.

 

  • EasyJet annonce un bénéfice annuel plus faible que prévu.

 

  • Apple envisage des partenariats avec des entreprises chinoises comme Baidu, ByteDance et Moonshot pour surmonter les difficultés réglementaires liées au lancement de ses modèles d'IA en Chine.

 

  • Hyundai Motor va racheter pour 716 millions de dollars d'actions.

 

  • Crédit Agricole désigné établissement d'importance systémique mondiale (G-SIB) en catégorie 2.

 

  • Capgemini a bouclé sa 11e opération d'actionnariat salarié, permettant aux employés de monter à 8% du capital.

 

  • Bpifrance prête 9 M€ à Afyren.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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