L'Hebdo #109 : Les implications de la victoire de Donald Trump pour les marchés et les portefeuilles boursiers et un potentiel de rebond malgré des vents contraires pour les small caps ?

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. Résultats électoraux et impact sur les marchés

Les élections présidentielles américaines de cette semaine ont marqué un tournant majeur pour les marchés financiers avec la réélection de Donald Trump et la prise de contrôle du Sénat par les Républicains. Ce basculement politique a provoqué une réaction intense à Wall Street, où les grands indices, notamment le S&P500 et le Nasdaq, ont atteint de nouveaux sommets. Les investisseurs saluent cette stabilité politique, avec l’espoir d’une continuité dans les politiques pro-business de Trump, qui pourraient renforcer la croissance économique américaine. En revanche, les places européennes adoptent une posture plus prudente, anticipant des tensions commerciales potentielles et un impact moins favorable sur leurs propres marchés. En somme, si la perspective d’une présidence républicaine rassure les marchés américains, elle suscite en Europe des interrogations sur la politique commerciale à venir et ses répercussions sur les secteurs sensibles, tels que le luxe et l’énergie.

 

2. Baisse des taux de la Réserve Fédérale

Dans le cadre de sa politique monétaire, la Réserve fédérale a décidé cette semaine de réduire son taux directeur de 25 points de base. Cette décision, en ligne avec les attentes des marchés, vise à soutenir la consommation et l’investissement, contribuant à la dynamique haussière des indices boursiers américains. Cependant, les taux d’intérêt longs continuent d’augmenter, alimentés par des prévisions inflationnistes liées à l’augmentation des dépenses publiques et aux baisses d’impôts promises par l’administration Trump. Cette hausse des taux longs pourrait entraîner une pression sur les petites entreprises, plus sensibles aux coûts de financement. Ainsi, bien que la baisse des taux favorise le court terme, elle pose des questions sur la soutenabilité de cette politique, notamment si les anticipations d’inflation continuent de croître.

 

3. Essor des cryptomonnaies

Les cryptomonnaies ont connu une flambée cette semaine, portée par la réélection de Donald Trump et ses promesses de créer un cadre plus favorable aux actifs numériques. Le Bitcoin a ainsi franchi un nouveau record historique, atteignant les 80 000 dollars, tandis que d’autres cryptomonnaies, comme l’ether et le solana, ont également vu leur valeur augmenter de manière significative. L'administration Trump a laissé entendre qu’elle mettrait en place des régulations favorables à l'innovation dans ce secteur, attirant des investisseurs qui voient cette orientation comme un potentiel de croissance. Cette dynamique reste toutefois conditionnée aux actions concrètes de la nouvelle administration, et les attentes sont élevées parmi les acteurs du marché, qui espèrent une transformation durable du paysage réglementaire en faveur des cryptomonnaies.

 

Voici les performances hebdomadaires des principaux indices boursiers mondiaux pour la semaine du 4 au 8 novembre 2024 :

 

  • Le CAC 40 termine à 7 338,67 points, enregistrant une baisse de 1,17 % sur la semaine. 

  • Le Dow Jones affiche 43 988,99 points, avec une légère hausse de 0,59 %. 

  • Le S&P 500 clôture à 5 995,54 points, en progression de 0,38 %. 

  • Le Nasdaq atteint 19 286,78 points, enregistrant une faible hausse de 0,09 %. 

  • L'indice allemand DAX recule à 19 215,48 points, soit une diminution de 0,76 %. 

  • Le FTSE 100 à Londres s’établit à 8 072,39 points, en baisse de 0,84 %. 

  • Le Nikkei 225 au Japon termine la semaine à 39 468,50 points, marquant une légère hausse de 0,19 %. 

  • Enfin, le Hang Seng à Hong Kong clôture à 20 728,19 points, enregistrant une baisse de 1,07 %.

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📰 Le dossier de la semaine : Quelles sont les implications de la victoire de Donald Trump pour les marchés et les portefeuilles boursiers ?

 

Le lendemain de l'élection présidentielle américaine de 2024, le marché financier mondial réagit vivement à la victoire de Donald Trump. Avec des gains significatifs pour les actions américaines, une hausse des rendements obligataires et un dollar en pleine progression, les acteurs du marché se posent des questions importantes: ces mouvements vont-ils durer ? Quels impacts à moyen et long terme la présidence de Trump pourrait-elle avoir sur les marchés ? On regarde ça ensemble. 

 

1. Des "Trump Trades" réactualisés : un retour à 2016 ?

Brian Garrett, responsable de l'exécution des actions chez Goldman Sachs, remarque un retour des stratégies populaires observées lors de la première élection de Trump en 2016. À cette époque, les investisseurs avaient renforcé leurs positions sur les banques, les technologies et les énergies. Ces secteurs, déjà gagnants en 2016, bénéficient aujourd'hui encore des prévisions d’allègements fiscaux, d’un environnement favorable aux fusions-acquisitions et d’une dérégulation accrue. Cependant, Garrett souligne que le contexte de 2024 diffère notablement de celui de 2016, avec un marché et une économie qui avaient déjà intégré en partie une potentielle victoire de Trump.

 

2. Un changement de cap pour les énergies renouvelables et une baisse de la volatilité

Un des mouvements inattendus de cette élection concerne le secteur des énergies renouvelables, en baisse de 15 à 20 %. Les investisseurs craignent des modifications de l’IRA (Inflation Reduction Act), qui pourrait affecter directement les revenus et bénéfices de ce secteur. 

De plus, l’indice VIX de la volatilité, souvent considéré comme un baromètre de la peur du marché, a chuté brusquement après l'élection. Christian Mueller-Glissmann, responsable de la recherche en allocation d'actifs chez Goldman Sachs, note que ce recul rapide est inhabituel. En effet, l’incertitude semble persister, bien que les marchés montrent une grande résilience face aux possibles changements de politique.

 

3. Une politique inflationniste anticipée et l'impact sur les obligations

La réélection de Trump pourrait relancer des politiques fiscalement expansionnistes, avec des allègements fiscaux et une dérégulation massive. Mueller-Glissmann prévient que ces mesures pourraient pousser les taux d'intérêt à la hausse, notamment les rendements des obligations à long terme. Bien que les actions en bénéficient pour l’instant, l’inquiétude grandit quant aux effets inflationnistes de ces politiques. Pour Garrett, bien que les attentes de baisses de taux par la Réserve fédérale se soient atténuées, la Fed pourrait tout de même se montrer prudente, surtout face à un rebond de l'économie américaine.

 

4. Quelles stratégies d'allocation de portefeuille en période de "fin de cycle" ?

Du côté des allocations de portefeuille, la situation semble indiquer une période de "fin de cycle" économique, sans pour autant annoncer une récession imminente. Mueller-Glissmann recommande une surpondération des actions et une sous-pondération du crédit. Les marchés d'actions, qui offrent une certaine flexibilité et des opportunités de croissance, se révèlent plus attractifs. Dans un tel contexte, la prudence reste de mise, et les investisseurs cherchent à se protéger contre les risques sans pour autant négliger les possibilités de gains.

Bien que les actions américaines et asiatiques (hors Japon) soient surpondérées dans les portefeuilles de Goldman Sachs, l'Europe, en revanche, fait face à de plus grandes incertitudes économiques. Les tensions commerciales et les problèmes économiques internes de l’Europe renforcent la prudence. Selon Mueller-Glissmann, l’Asie présente des opportunités intéressantes, notamment grâce à des valorisations attractives et des politiques de relance budgétaire favorables. Quant au Japon, il a permis une diversification efficace dans cette phase, grâce à la force du dollar.

 

En conclusion, la victoire de Trump soulève de nombreuses questions pour les investisseurs, avec un mélange d’optimisme pour certains secteurs et de prudence pour d’autres. À court terme, les marchés semblent encouragés par les perspectives de dérégulation et de réduction d’impôts. Cependant, des incertitudes demeurent, notamment concernant la politique de taux d’intérêt de la Fed et les impacts potentiels des tensions commerciales internationales. Les investisseurs devront surveiller de près ces évolutions pour ajuster leur stratégie en conséquence.

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🏦 Investissement : Small caps, un potentiel de rebond malgré des vents contraires ?

Les petites et moyennes valeurs, aussi appelées "small caps" et "mid caps", sont souvent reconnues pour leur flexibilité et leur potentiel de croissance rapide. Pourtant, depuis le début de 2024, ces valeurs peinent à retrouver des niveaux de performance significatifs. Leurs rendements sont en retrait par rapport aux grandes valeurs, notamment en raison de plusieurs facteurs de marché qui jouent en leur défaveur. Qu'est-ce qui explique ce désamour et quelles sont les perspectives de redressement pour ces entreprises ?

 

Depuis janvier 2024, les petites et moyennes valeurs accusent un retard de performance : -4 % pour l'indice CAC Mid 60 et -5 % pour le CAC Small, tandis que le CAC 40 reste relativement stable. En Europe, bien que l'écart soit moins prononcé, le MSCI Europe Small Cap et le MSCI Europe Mid Cap suivent une tendance similaire, restant en retrait par rapport au MSCI Europe. Cet écart de performance souligne un déclin de l'intérêt des investisseurs pour ce segment du marché.

 

Deux facteurs majeurs expliquent cette sous-performance :

  • La concurrence des ETF : L’essor des fonds passifs, notamment les ETF , a profondément modifié le comportement des investisseurs. Les ETF, ayant une approche d’investissement majoritairement passive, privilégient les valeurs les plus liquides, soit les grandes entreprises. Cette croissance limite les flux de capitaux vers les petites valeurs, souvent moins liquides.

  • La disparition de la prime de valorisation : Autrefois, les small caps bénéficiaient d'une prime par rapport aux grandes entreprises en raison de leur potentiel de croissance supérieur. Aujourd'hui, cette prime tend à disparaître, principalement en raison des changements de préférences des investisseurs. Cela impacte directement la valorisation des petites et moyennes entreprises, rendant le segment moins attractif qu'auparavant.

 

Sur la base des ratios cours/bénéfices attendus pour 2025, les petites et moyennes valeurs sont actuellement alignées avec les grandes entreprises. Historiquement, cette situation indique une opportunité de rattrapage, car les small caps sont souvent valorisées davantage en raison de leur potentiel de croissance et de leur flexibilité.

 

Les petites et moyennes valeurs se démarquent par leur capacité d’adaptation et leur focalisation sur des niches de marché. Contrairement aux grandes entreprises, elles peuvent ajuster rapidement leurs stratégies pour saisir de nouvelles opportunités. En outre, la proportion d'entreprises dirigées par des fondateurs ou des actionnaires significatifs est plus élevée dans ce segment, ce qui favorise un alignement des intérêts avec ceux des investisseurs. Le fait que le dirigeant ait une part de son capital investi réduit les risques de décisions aventureuses, renforçant ainsi la stabilité des petites entreprises.

 

La récente baisse des taux d'intérêt pourrait jouer en faveur des small caps, leur offrant un meilleur accès au financement. Ces entreprises, parfois à la recherche de capitaux pour soutenir leur croissance, pourraient bénéficier de cette conjoncture pour financer leurs projets à des coûts réduits. Toutefois, la sélection reste cruciale : il est recommandé de privilégier des entreprises solides, avec des bilans sains et des perspectives de rentabilité à court terme, en évitant celles qui sont trop dépendantes de refinancements constants.

 

Si les petites valeurs offrent des opportunités de rebond, elles doivent être choisies avec une attention particulière. Les secteurs à fort potentiel, comme la technologie ou les énergies renouvelables, sont attractifs, mais certaines entreprises peuvent encore être éloignées de la rentabilité. Le choix doit donc se porter sur des acteurs ayant déjà démontré leur capacité à générer des revenus stables, et qui n'ont pas de besoins urgents en capitaux.

 

Les petites et moyennes valeurs, malgré des vents contraires, conservent des caractéristiques attractives pour les investisseurs. Leur agilité, leur capacité d’innovation et leur potentiel de croissance font d’elles un segment à surveiller. Pour l'investisseur averti, une sélection minutieuse de ces valeurs pourrait offrir des opportunités de rendement intéressantes dans un environnement de taux favorable.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Nvidia et The Sherwin-Williams chassent Intel et Dow Inc du Dow Jones depuis le 8 novembre.

 

  • TF1 vend la marque Ushuaïa à L'Oréal.

 

  • Eurazeo prévoit une collecte de l'ordre de 4 milliards d'euros en 2024.

 

  • Honda Motor affiche une baisse de 15 % de son bénéfice d'exploitation au T2.

 

  • Toyota maintient ses prévisions malgré une chute du bénéfice.

 

  • Teleperformance réaffirme ses objectifs annuels et réalise un chiffre d'affaires de 2,52 milliards d’euros au T3.

 

  • Engie s'attend à un résultat net dans le haut de sa fourchette de prévision.

 

  • Bénéteau confirme ses objectifs après un fort repli de son chiffre d'affaires au T3.

 

  • Veolia confirme ses objectifs pour 2024 après des résultats en hausse sur 9 mois.

 

  • Enel annonce une hausse de son bénéfice et de son chiffre d'affaires au T3 et mise sur le nucléaire pour la décarbonisation.

 

  • Boeing et Airbus se partageraient la commande d'avions de ligne de China Airlines.

 

  • La DRH de LVMH Chantal Gaemperle, 17 ans de maison, aurait été mise à pied après plusieurs mois d'enquête, a révélé La Lettre.

 

  • ArcelorMittal pourrait augmenter sa production d'acier en Ukraine si la situation se stabilise. Aussi, la société a vu ses résultats se contracter au T3 mais anticipe un Free-cash-flow positif en 2024.

 

  • Atos lance une augmentation de capital de 233 millions d'euros.

 

  • Le bénéfice d'exploitation de Sony bondit de 42% au premier semestre

 

  • L'action Nissan s'effondre après l'annonce du licenciement de 9000 personnes, la réduction de 20% des capacités de production et le projet de cession d'une partie de sa participation dans Mitsubishi Motors.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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