L'Hebdo #108 : Octobre 2024, analyse des événements clés et perspectives pour les investisseurs et faut-il vendre maintenant son or ou continuer à acheter

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. La saison des résultats d’entreprises ajoute à la volatilité
Les marchés boursiers ont été fortement influencés cette semaine par les publications de résultats d'entreprises, en particulier aux États-Unis où les géants de la tech sont sous les projecteurs. Les investisseurs ont été partagés entre la satisfaction liée aux résultats solides d’entreprises comme Alphabet et Amazon, et la déception causée par ceux de Microsoft et Meta, en raison des dépenses accrues liées à l'intelligence artificielle. Ces coûts élevés, nécessaires pour se positionner dans la course à l’IA, suscitent des inquiétudes quant à la rentabilité future, surtout dans un contexte économique incertain. En Europe, la situation est similaire, où des géants comme Capgemini et Pernod Ricard ont déçu, entraînant une baisse notable des indices tels que le CAC 40 et le Stoxx Europe 600. Cette période de résultats d'entreprises s'annonce encore mouvementée alors que plusieurs multinationales doivent encore annoncer leurs performances trimestrielles.

 

2. Tensions géopolitiques et incertitudes internationales
Les préoccupations géopolitiques ont également marqué cette semaine. La situation tendue entre Israël et l'Iran, les protestations de Pékin contre les ventes d’armes américaines à Taïwan, et les restrictions américaines sur les investissements en technologies avancées en Chine ont renforcé les incertitudes sur les marchés. Ces éléments de tension géopolitique ont généré une hausse temporaire de l'or, considéré comme une valeur refuge, qui a atteint un nouveau sommet annuel. Parallèlement, le pétrole a connu une baisse de 3,57 %, les investisseurs jugeant que les frappes israéliennes n’ont pas directement impacté la production pétrolière. Dans ce contexte international incertain, les fluctuations de valeurs sont exacerbées par les craintes d'une escalade des tensions, qui pourrait perturber davantage les marchés financiers mondiaux.

 

3. L'attente de l'élection présidentielle américaine et des décisions de la Fed
À quelques jours de l’élection présidentielle américaine et de la prochaine réunion de la Fed, les marchés restent sur le qui-vive. L'issue de cette élection, couplée à la possible réduction des taux d'intérêt par la Fed, sont des éléments cruciaux qui vont influencer les décisions d’investissement dans les jours à venir. Les indicateurs économiques récents, bien que mitigés, ont conforté l’idée d’une réduction progressive des taux directeurs, un objectif de la Fed pour soutenir l’économie. Toutefois, les créations d'emplois ont fortement baissé en octobre, impactées par des grèves et des ouragans, rendant l’interprétation difficile. En Asie, la situation est également sous observation, avec un léger redressement des indices PMI chinois pour octobre, soutenu par des mesures de relance de Pékin. La semaine prochaine pourrait donc être déterminante, tant aux États-Unis qu’en Asie et en Europe, en fonction de la politique monétaire et des résultats des élections.

 

Performances hebdomadaires des principaux indices et actifs

  • CAC 40 : -1,18 %

  • Société Générale : +14,99 %

  • STOXX Europe 600 : -1,52 %

  • S&P 500 : -1,37 %

  • Nikkei 225 : +0,37 %

  • Or : stable à 2 735,8 USD

  • Brent Crude Oil : -3,57 %

  • Euro / Dollar US : +0,35 %

 

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📰 Le dossier de la semaine : Octobre 2024, analyse des événements clés et perspectives pour les investisseurs

L'année 2024 n'est pas encore terminée, mais avec dix mois écoulés, elle a déjà été riche en événements. Nous mettons en avant trois faits marquants récents : la présidentielle approche, la Réserve fédérale a entamé une baisse des taux d'intérêt et le marché boursier enregistre une forte hausse pour la deuxième année consécutive.

Bien que rien de tout cela ne soit inédit, ces événements restent assez rares et significatifs pour susciter chez les investisseurs une question légitime : que peut-on attendre pour la suite ? Examinons donc chaque point et analysons les périodes antérieures pour mieux comprendre les effets potentiels sur les marchés.

 

La présidentielle américaine

À mesure que la journée électorale s'éloigne et que l'on passe au-delà des réactions partisanes à l'arrivée d'un nouveau président, le marché tend à se recentrer sur des éléments plus durables : l'économie, les taux d'intérêt et les bénéfices des entreprises, autrement dit, les fondamentaux. Cela est rassurant car l'histoire nous montre que les présidents influencent peu la performance à long terme des marchés ; ce sont les fondamentaux qui le font. Voici quelques éléments à retenir pour la période post-électorale :

  • Les données historiques montrent que la volatilité des marchés augmente souvent avant les élections, puis diminue par la suite. Depuis la Seconde Guerre mondiale, la volatilité boursière a significativement baissé le mois suivant les élections. Par exemple, l'indice VIX, qui mesure la volatilité du marché, a chuté de près de 40 % dans les dix jours suivant l'élection de 2020.

  • En ce qui concerne la performance, le marché boursier a généralement bien performé après les élections, avec une tendance haussière observée depuis plus de 80 ans. Sur le long terme, on constate même que la performance boursière est stable, peu importe le parti au pouvoir, comme l'illustrent les gains respectifs de 65 % sous Biden, 81 % sous Trump et plus de 70 % sous Obama.

 

Les réductions de taux d'Intérêt par la Fed

Passons maintenant à un événement qui a des implications plus durables : les réductions des taux d'intérêt par la Réserve fédérale. Après une longue attente, la Fed a abaissé ses taux en septembre, marquant le début d’une période de politique monétaire accommodante. Contrairement aux cycles précédents où les réductions étaient motivées par des crises économiques, cette fois-ci, la Fed vise à relâcher légèrement le frein pour soutenir une inflation modérée et un marché du travail en léger ralentissement.

Historiquement, les réductions de taux sont favorables aux marchés. Même en incluant les crises de 2001 et 2007, le marché boursier a affiché une hausse moyenne de 6 % un an après la première baisse de taux et de 24 % après deux ans. Lorsque ces baisses de taux ne sont pas associées à une récession, les rendements sont encore plus élevés.

 

Le marché boursier en forte hausse

Enfin, avec un marché haussier célébrant son deuxième anniversaire en octobre, voyons les performances après des périodes similaires. Si le S&P 500 maintient sa hausse de plus de 22 % jusqu'à la fin de 2024, ce sera la deuxième année consécutive avec un rendement de 20 % ou plus, un événement assez rare dans l'histoire des marchés. Depuis 1950, seulement cinq périodes ont enregistré deux années consécutives de gains de 20 % ou plus. En revanche, lorsqu'une année est suivie d'un gain de 20 %, le rendement moyen l'année suivante reste positif, avec une moyenne de 12 %.

Bien que les gains de 20 % par an soient relativement courants, les performances annuelles consécutives de cette ampleur sont plus rares. En l'absence de bouleversements majeurs, nous pensons que les conditions fondamentales comme la croissance économique, la politique de la Fed et les bénéfices des entreprises plaident pour un optimisme mesuré des investisseurs en 2025.

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🏦 Investissement : Or, faut-il vendre maintenant ou continuer à acheter ?

Le prix de l’or a franchi la barre des 2 500 euros l’once, atteignant un sommet historique après une hausse de 28 % depuis le début de 2024. Face à ce record, de nombreux investisseurs s’interrogent : est-ce le bon moment pour vendre ou, au contraire, faut-il continuer d’acheter ?

 

Les raisons de la hausse 

Cette montée fulgurante du métal précieux s’explique par plusieurs facteurs : une inflation persistante contre laquelle l’or sert de protection, des tensions géopolitiques croissantes et les achats massifs d’or par les banques centrales de pays comme la Chine, la Russie et la Turquie. Pour les épargnants, cet environnement incertain rend l’or particulièrement attractif, malgré une volatilité accrue.

 

Vendre ou conserver ? 

Malgré son prix élevé, aucun expert ne recommande un désinvestissement total de l’or. Bien que la hausse rapide du cours pourrait susciter la crainte d’une bulle, l’or reste un actif de protection dans un portefeuille diversifié. Cependant, comme le souligne Guillaume Lasserre de LBP AM, il pourrait être pertinent de diversifier ses actifs refuges en explorant des options comme le dollar.

 

Or physique vs or papier 

L’or physique présente des coûts d’assurance, mais offre une sécurité tangible en cas de crise. À l’inverse, l’or papier (ETF, futures, options) est plus accessible à court terme, mais comporte des risques accrus si le marché se retourne. Pour les nouveaux investisseurs, l’achat progressif est toujours conseillé afin de lisser le coût d’acquisition.

 

Bon à savoir : En cas de plus-value, la vente d’or est soumise à une taxe de 36,2 %, mais bénéficie d’un abattement de 5 % par an à partir de la troisième année, avec une exonération totale au bout de 22 ans.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Volkswagen envisage des réductions de salaires et de primes pour économiser 4 milliards d'euros. 

 

  • Permira prend 40% de K-Way auprès de BasicNet sur la base d'une valorisation de 505 millions d'euros.

 

  • Blackstone est en pourparlers pour racheter à EQT des participations dans des gazoducs américains pour 3,5 milliards de dollars, a appris Reuters.

 

  • Google développe une IA capable d'utiliser un navigateur web. 

 

  • Les infections à cause de hamburgers de McDonald's se multiplient aux Etats-Unis. Le groupe exclut que les steaks hachés soient à l'origine de l'épidémie d'E. coli.

 

  • Les États-Unis poursuivent Lyft, affirmant que l'entreprise a gonflé les perspectives de revenus des chauffeurs.

 

  • Le bénéfice de LG Energy Solution recule au troisième trimestre en raison de la faiblesse de la demande de véhicules électriques.

 

  • Vinci participera à l'extension du métro de Chicago pour environ 1 milliard d'euros.

 

  • L'Italie va réduire son aide à l'industrie automobile, notamment Stellantis, d'environ 5 milliards de dollars.

 

  • Adidas annonce une hausse de ses ventes en Chine au troisième trimestre. 

 

  • Le bénéfice de Lufthansa chute comme prévu.

 

  • S&P abaisse la note de Kering de "A-" à "BBB+".

 

  • Capgemini abaisse à nouveau son objectif d'évolution du chiffre d'affaires pour 2024.

 

  • Sanofi s'associe à SandboxAQ pour la découverte de médicaments pilotée par l'IA.

 

  • UBS affiche 1,4 milliard de dollars de gains au 3e trimestre.

 

  • Société Générale dépasse les attentes au 3e trimestre après un fort rebond de sa marge d'intérêts.

 

  • Le chiffre d'affaires de BYD dépasse celui de Tesla pour la première fois.

 

  • Un litige autour de la TVA oppose le fisc et le groupe Canal+ (Vivendi) pour 655 millions d'euros.

 

  • Fitch relève la note d'UniCredit à BBB+.

 

  • OpenAI lance son propre moteur de recherche internet, concurrent de Google (Alphabet).

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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