L'Hebdo #107 : La hausse des rendements obligataires américains met en pause le rally boursier : analyse des forces en jeu et perspectives futures et tout comprendre sur le PACS
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. Résultats d’entreprises : Une saison contrastée entre performances et déceptions
Cette semaine, la saison des résultats d’entreprises s'est intensifiée, mettant en lumière des performances inégales et suscitant des réactions marquées sur les marchés financiers. Tesla a impressionné avec des prévisions optimistes et une hausse record de 22 %, rassurant les investisseurs quant à ses perspectives de croissance pour 2024, tandis que Carrefour et Bic ont également surpris positivement avec des résultats bien supérieurs aux attentes. À l'inverse, certains poids lourds comme Michelin, Kering, et IBM ont déçu, les deux premiers révisant à la baisse leurs prévisions pour l'année, ce qui a pesé sur leurs cours respectifs. Cette dynamique a accentué la volatilité sur les marchés, les actions fluctuants au gré des annonces de résultats. Alors que des géants technologiques comme Apple, Microsoft, et Amazon doivent encore dévoiler leurs chiffres, les investisseurs demeurent attentifs, craignant que d'éventuelles contre-performances ne freinent l'élan haussier des indices.
2. Géopolitique et course à la présidentielle américaine : Incertitudes et impacts sur les marchés
L'actualité géopolitique et les élections américaines se sont imposées cette semaine comme des éléments clés, influençant non seulement les marchés américains mais aussi les devises mondiales. À quelques jours du scrutin présidentiel, le dollar a profité de la montée en cote de Donald Trump, qui prône des politiques perçues comme inflationnistes, ce qui pourrait maintenir les taux d’intérêt élevés. Par ailleurs, l’intensification des tensions au Moyen-Orient, avec Israël renforçant son offensive dans la bande de Gaza et les tensions croissantes avec le Liban, maintient la pression sur les cours des matières premières. Les investisseurs restent donc prudents face à ces incertitudes, scrutant de près les répercussions économiques potentielles de cette instabilité, qui pourrait également peser sur les actions des secteurs énergétique et militaire.
3. Taux d’intérêt et politiques monétaires : Anticipations et volatilité accrue sur les obligations
Les taux d’intérêt et les politiques monétaires sont au cœur des préoccupations des investisseurs, qui surveillent de près l'évolution des rendements obligataires et les décisions des grandes banques centrales. Aux États-Unis, le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a grimpé à un niveau record cette semaine, atteignant 4,26 %, signe que le marché s'attend à ce que la Fed maintienne sa politique de taux élevés pour contenir l'inflation. En parallèle, la Banque centrale de Chine a abaissé ses taux pour stimuler l’économie, tandis que la Banque du Canada et la Fed tiendront leurs réunions respectives dans les jours à venir. Ces décisions seront déterminantes pour la stabilité des marchés, particulièrement sur les obligations, qui subissent une forte volatilité. Les investisseurs espèrent ainsi trouver des indices sur les orientations futures en matière de politique monétaire, et surveilleront également les rapports économiques américains prévus d’ici la fin du mois pour ajuster leurs anticipations.
Voici un récapitulatif des performances des principaux indices boursiers, matières premières et devises pour la semaine :
CAC 40 (France) : clôture à 7 497 points, en baisse de -1,52 % sur la semaine.
Stoxx Europe 600 (Europe) : clôture à 518,81 points, enregistrant une baisse de -1,18 %.
S&P 500 (États-Unis) : terminé la semaine à 5 808,12 points, en recul de -0,96 %.
Nikkei 225 (Japon) : a clôturé à 37 913,92 points, avec une perte plus marquée de -2,74 %.
Or : 2 745,68 USD, en hausse de +0,82 %.
Pétrole brut Brent : 75,53 USD, en progression de +3,61 %.
Euro / Dollar US : le taux de change est de 1,08 USD pour 1 EUR, en baisse de -0,66 %.
📰 Le dossier de la semaine : La hausse des rendements obligataires américains met en pause le rally boursier : analyse des forces en jeu et perspectives futures
La récente pause dans la progression des marchés boursiers attire l'attention des investisseurs sur un phénomène clé : la montée des rendements obligataires. Alors que la Fed a amorcé un cycle d’assouplissement en abaissant son taux directeur, les rendements des bons du Trésor continuent de grimper, défiant ainsi les prévisions initiales. Cette tendance soulève des interrogations : la hausse des rendements pourrait-elle freiner durablement la dynamique haussière des marchés ? Pour comprendre les implications de ce mouvement, on va examiner les facteurs qui alimentent cette montée des taux, évaluer les conséquences sur les stratégies d’investissement et anticiper la direction que pourrait prendre le marché obligataire dans les mois à venir.
I. Quels facteurs expliquent l'augmentation des rendements ?
Les dernières données économiques montrent une amélioration plus marquée que prévu. Les créations d’emplois de septembre aux USA ont atteint leur plus haut niveau en six mois, et le taux de chômage a reculé, réduisant les inquiétudes sur le marché du travail. De même, la croissance des ventes au détail a fait grimper l’estimation en temps réel du PIB au troisième trimestre à 3,4 % selon la Fed d’Atlanta, ce qui suggère un trimestre de croissance au-dessus de la moyenne et éloigne temporairement les craintes d'une récession.
Face à ces données solides, les marchés ont aussi réévalué les perspectives d'inflation, anticipant un cycle de baisse des taux moins rapide et moins profond. Par conséquent, une réduction de taux significative n'est plus attendue, et les chances d'une baisse modeste en novembre sont passées de 100 % à 90 %.
L’économie américaine surprend également par une hausse notable de la productivité, favorisée par l’adoption de technologies avancées telles que l’intelligence artificielle. Cette évolution pourrait soutenir une croissance élevée à long terme sans générer d’inflation, ce qui justifierait des taux d’intérêt plus élevés que lors des cycles économiques passés.
À l’approche des élections présidentielles, les préoccupations budgétaires sont sur le devant de la scène. La dette devrait croître significativement sous chaque candidat, ce qui pourrait forcer la Fed à maintenir des taux plus élevés et augmenter l'offre d’obligations à long terme.
II. Jusqu'où peuvent monter les rendements ?
La volatilité récente sur le marché des bons du Trésor américain a fait grimper le rendement des obligations à 10 ans, oscillant entre 3,6 % et 4,2 %. Bien que la Réserve fédérale ait entamé une réduction progressive de son taux directeur, il est probable que les rendements continuent d'évoluer à la hausse dans un avenir proche. À court terme, ils pourraient atteindre temporairement les 4,5 % ou même légèrement plus, mais il est peu probable qu’ils dépassent les sommets de 2023. Plusieurs raisons viennent modérer les projections d'une hausse prolongée des rendements.
Scénario d’atterrissage en douceur : La Fed vise une transition d'une croissance économique rapide à une expansion plus modérée sans tomber en récession. Dans ce contexte, une normalisation des taux devrait se faire de manière progressive. Les données récentes, notamment le rapport solide sur l’emploi de septembre, montrent que le marché du travail reste robuste. Toutefois, les tendances indiquent un ralentissement progressif des créations d’emplois et une modération des salaires. Avec cette croissance économique maîtrisée, la Fed pourrait maintenir des taux d’intérêt stables à moyen terme, limitant ainsi une hausse excessive des rendements obligataires.
Prévisions d’inflation : L'inflation devrait graduellement atteindre l'objectif de 2 % de la Fed d'ici 2025. Bien que certains segments, notamment l'immobilier, contribuent encore à une inflation persistante, les indicateurs en temps réel sur les loyers montrent des signes de stabilisation. Avec le ralentissement de la croissance économique et de l'emploi, la pression sur les prix dans le secteur des services devrait également diminuer. Cette prévision d'une inflation maîtrisée pourrait réduire la nécessité de maintenir des rendements obligataires élevés.
Politique de la Fed : Bien que le rythme des baisses de taux reste débattu, la Fed semble déterminée à assouplir progressivement sa politique d’ici 2025. Historiquement, chaque baisse de taux de la Fed entraîne une réduction des rendements obligataires à travers la courbe, comme cela a été observé au milieu des années 1990. Par exemple, lors du "soft landing" de 1995, le rendement à 10 ans a brièvement augmenté de 0,6 % avant de s’aligner à la baisse avec la trajectoire de réduction de la Fed. Un tel ajustement pourrait à nouveau se produire, empêchant les rendements de s’élever de manière incontrôlée.
Contexte politique et budgétaire : Les élections américaines à venir et une possible division au sein du Congrès pourraient limiter les nouvelles dépenses budgétaires. Si les démocrates conservent le Sénat et que les républicains obtiennent la majorité à la Chambre, les initiatives fiscales devraient être limitées, empêchant une hausse trop marquée de la dette. Cette stabilité budgétaire pourrait apaiser les pressions sur les rendements à long terme.
Demande robuste pour les obligations américaines : Malgré les inquiétudes croissantes quant à la dette américaine, les bons du Trésor restent un placement de choix pour les investisseurs internationaux, surtout en période d’incertitude économique. La stabilité des États-Unis, couplée à la liquidité de son marché obligataire, fait du Trésor américain une valeur refuge de référence. Même lors de périodes tendues, comme la dégradation de la note de crédit des États-Unis en 2011, les rendements ont chuté en raison de la forte demande. Cette dynamique pourrait continuer de soutenir les obligations américaines et limiter la hausse des rendements.
III. Les facteurs qui devraient limiter la hausse des rendements
La Fed devrait poursuivre son cycle de réduction des taux jusqu’en 2025, bien que de manière mesurée. Le taux directeur, après l’ajustement pour l’inflation, est proche de son plus haut niveau en deux décennies. Dans les précédents cycles de réduction, cette baisse des taux a aussi entraîné une diminution progressive des rendements à long terme sur les obligations. Cela a notamment été observé lors du cycle de "soft landing" des années 1990, où le rendement à 10 ans a initialement augmenté de 0,6 % après une baisse de taux de la Fed en juillet 1995, avant de s’apaiser à des niveaux plus bas.
Une impasse politique est attendue si le Congrès reste divisé après les élections, avec les démocrates possiblement majoritaires au Sénat et les républicains à la Chambre. Cela limiterait l’ampleur des nouvelles initiatives fiscales, réduisant les risques d'explosion des dépenses publiques et donc de hausses de rendement massives sur les obligations.
Les rendements augmentent actuellement pour des raisons en grande partie positives, notamment la résilience de l’économie américaine et la réduction des risques de récession. Bien que les perspectives à court terme soient marquées par une volatilité accrue et des incertitudes électorales, les fondamentaux solides du marché devraient offrir des opportunités pour les investisseurs.
Dans cette dynamique, les actifs à revenu fixe représentent une option attrayante. Les rendements élevés actuels permettent de renforcer les portefeuilles avec des obligations de plus longue durée, tandis que les taux d’intérêt devraient progressivement baisser avec la politique de la Fed.
🏦 Droit civil : Tout comprendre sur le PACS
Le Pacte civil de solidarité, communément appelé Pacs, célèbre son 25ème anniversaire et son attrait ne cesse de croître. Ce statut, à mi-chemin entre le mariage et le concubinage, séduit de plus en plus de couples. Mais quels engagements implique-t-il réellement ? Qui peut conclure un Pacs ? Quels en sont les bénéfices fiscaux ?
1. Qui peut conclure un Pacs ?
Pour se pacser, les deux partenaires doivent être majeurs et libres de tout engagement matrimonial ou pacte. La législation impose également l'absence de lien familial direct : un Pacs est donc interdit entre des parents proches (comme un parent avec son enfant, un grand-parent ou un demi-frère), mais reste envisageable entre cousins germains. Il est également possible de se pacser à l’étranger pour les citoyens français, et en France pour les ressortissants étrangers majeurs dans leur pays d'origine.
2. Où se pacser et à quel coût ?
Plusieurs options sont possibles pour officialiser un Pacs : en mairie, chez un notaire ou dans un consulat à l’étranger. Dans les administrations publiques, l’enregistrement est gratuit, mais chez le notaire, des frais s'appliquent. La rédaction d'une convention par un notaire coûte environ 101,41 €, sans compter les frais d'enregistrement de 125 €. Bien que cette option soit payante, elle offre des conseils personnalisés sur le régime à adopter (indivision ou séparation des biens) et des solutions pour les dépenses communes.
3. Les engagements mutuels au sein d’un Pacs
Les partenaires pacsés se doivent un soutien mutuel : contributions aux charges du foyer et assistance réciproque. Cette solidarité financière s’étend aux dettes nécessaires à la vie quotidienne du couple, sauf accord contraire pour des dettes plus importantes. Contrairement au mariage, le Pacs ne prévoit pas d’obligation de fidélité ni de devoir alimentaire envers la famille de l’autre, mais il impose une adresse commune.
4. Implications fiscales du Pacs
L’année de la conclusion du Pacs, les partenaires doivent remplir une déclaration fiscale commune. Ce statut permet parfois une réduction d'impôt grâce au quotient familial, en particulier si l’un des partenaires gagne beaucoup plus que l'autre. Cependant, lorsque les revenus sont similaires, l’impact fiscal du Pacs peut être minime. Pour l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), le patrimoine est déclaré conjointement, ce qui peut être désavantageux si le couple détient des biens immobiliers significatifs.
5. Comment se séparer dans le cadre d’un Pacs ?
La dissolution d’un Pacs est relativement simple et peut être décidée par les deux partenaires ou un seul. En cas d’accord mutuel, il suffit de déposer un formulaire de dissolution à l'administration concernée. Si un seul partenaire souhaite rompre le pacte, une notification doit être envoyée par un commissaire de justice (anciennement huissier). La dissolution prend effet dès que les formalités sont finalisées.
6. Partage des biens à la rupture du Pacs
En cas de dissolution, le partage des biens dépend du régime choisi lors de la signature du Pacs. Par défaut, le régime de la séparation des biens s’applique, mais il est possible d’opter pour l’indivision. Dans ce cas, les biens acquis durant le Pacs sont divisés également, sauf indication contraire. Les biens personnels, les héritages et donations restent la propriété exclusive du partenaire concerné, même sous le régime d’indivision.
7. Droits du survivant en cas de décès
Le décès d’un partenaire pacsé entraîne la fin du Pacs, mais offre peu de droits au survivant, contrairement au mariage. Il peut toutefois occuper gratuitement le logement commun pendant un an. Les biens en indivision sont transférés aux héritiers, mais le survivant peut racheter la part du défunt. Les pacsés bénéficient néanmoins d’une exonération des droits de succession, bien qu’en l’absence de testament, ils n’héritent pas du patrimoine du défunt.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
Boeing a cédé à Thales Digital Receiver Technology, une petite filiale de défense qui fabrique des équipements de surveillance pour l'armée américaine.
Icade attend un cash-flow net courant 2024 dans la borne haute de sa prévision.
LVMH lance un plan d'actionnariat salarié.
Interparfums confirme sa prévision de ventes et précise son objectif de marge pour 2024.
La Française des Jeux en passe de détenir 98,6% du suédois Kindred après l'extension de son OPA.
Le marché automobile européen s'est contracté de 4,2% en septembre, selon les données de l'ACEA.
Logitech revoit à la hausse ses perspectives pour l'année.
Microsoft lance des "agents IA" à créer soi-même.
La croissance organique de L'Oréal ralentit à 3,4% au T3.
Thales confirme ses objectifs de croissance de l'activité et de marge pour 2024.
Vivendi enregistre un chiffre d'affaires de 4,75 milliards d'euros au troisième trimestre.
Roche confirme ses prévisions après une croissance de 9% au T3.
Le chiffre d'affaires d'Heineken recule au troisième trimestre, mais les perspectives pour l'exercice sont confirmées.
Le PDG d'ASML s'attend à ce que les États-Unis exercent une pression croissante pour restreindre davantage les ventes de technologies de semi-conducteurs à la Chine.
Dassault Systèmes réduit ses prévisions de CA et de marge opérationnelle pour 2024.
Kering annonce un ralentissement de l'activité plus marqué qu'attendu au troisième trimestre.
Hermès réitère ses objectifs de moyen terme après un 3e trimestre 2024 "robuste".
Renault confirme ses objectifs pour 2024 après un 3e trimestre meilleur que prévu.
Le bénéfice de Barclays au troisième trimestre augmente de 18%, dépassant les prévisions.
Les bénéfices de Sanofi au troisième trimestre dépassent les prévisions du marché, grâce aux ventes de vaccins.
Vinci, en petite croissance au T3, confirme ses prévisions hors taxe exceptionnelle.
Remy Cointreau réduit ses perspectives de ventes, les États-Unis et la Chine pesant sur le deuxième trimestre.
Nexity maintient ses objectifs pour 2024 et observe des signaux encourageants pour l'immobilier.
Les bénéfices de Mercedes plongent de 64% au troisième trimestre en raison de la faiblesse de la demande de voitures de luxe en Chine.
La justice américaine refuse le rapprochement entre Coach (Tapestry) et Michael Kors (Capri Holdings).
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse