L'Hebdo #104 : Quatre points clés à surveiller en ce début de quatrième trimestre et qui sont les plus fortunés en France potentiellement visés par les hausses d'impôts ?

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

1. Rallye spectaculaire des marchés chinois

Cette semaine, les marchés chinois ont affiché des performances impressionnantes grâce à un ensemble de mesures économiques dévoilées par Pékin pour stimuler la croissance. En seulement cinq séances, l’indice MSCI China a bondi de 17%, reflétant une reprise marquée après plusieurs mois de baisse. La stratégie de relance chinoise a principalement profité aux secteurs sensibles à la demande intérieure, comme l’immobilier et la finance. Cependant, cette euphorie n’a pas été aussi bien ressentie sur les marchés européens, où le CAC 40 a reculé de -3,21%, affecté par des résultats décevants dans le secteur automobile. Par exemple, Stellantis a chuté de -16,7% et Renault de -10,46%, plombant l’indice parisien. Aux États-Unis, les indices ont montré plus de stabilité : le S&P 500 a légèrement progressé de +0,22%, restant à l’écart des turbulences économiques de l’Asie.

 

2. Flambée du prix du pétrole : Une pression sur les marchés

Le prix du pétrole a été l’un des grands sujets de la semaine, avec une hausse spectaculaire de 9,14% pour le Brent. Ce rebond est lié principalement à l’intensification des tensions au Moyen-Orient entre Israël et l’Iran. Cette situation géopolitique a provoqué une flambée des cours de l’énergie, poussant à la hausse des actions dans le secteur. TotalEnergies en a largement bénéficié, enregistrant une hausse de +5,92% sur la semaine. Cependant, cette hausse rapide des prix pétroliers pourrait également exacerber les craintes d'inflation mondiale, compliquant les perspectives économiques des grandes puissances, notamment aux États-Unis où les investisseurs suivent de près la politique monétaire de la Réserve fédérale. Les analystes craignent que la combinaison de prix de l’énergie en hausse et d’une politique monétaire restrictive ne vienne freiner la croissance mondiale à l'approche de 2025.

 

3. Instabilité géopolitique : un frein à la confiance des marchés

La troisième actualité marquante de la semaine concerne l'escalade des tensions géopolitiques, qui a largement influencé le comportement des investisseurs sur les marchés financiers. Le conflit entre Israël et l'Iran, avec des échanges de missiles et une rhétorique de plus en plus belliqueuse, a amplifié les craintes d’une guerre régionale. Ce contexte a poussé les investisseurs à se tourner vers des actifs refuges comme l’or, qui bien qu'en légère baisse de -0,46%, reste un des piliers traditionnels en période de risque. Les marchés européens ont été particulièrement touchés par cette incertitude : l’indice STOXX Europe 600 a perdu -1,8% sur la semaine, marquant une quatrième semaine de baisse consécutive pour plusieurs marchés européens. Les actions technologiques, qui étaient autrefois les favorites des investisseurs, ont également subi des corrections face à la prudence grandissante. La scène géopolitique, combinée aux tensions sur les matières premières et la politique monétaire, continue donc de peser sur la confiance des investisseurs dans l’ensemble des marchés mondiaux.

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📰 Le dossier de la semaine : Les marchés grimpent malgré les incertitudes, quatre points clés à surveiller en ce début de quatrième trimestre

Après trois trimestres marqués par une performance impressionnante des marchés boursiers, avec une hausse de plus de 19 % de l'indice S&P 500, les marchés ont débuté le quatrième trimestre sous le signe de la volatilité. Cette instabilité découle principalement de plusieurs sources d'incertitude pesant sur les investisseurs : le marché du travail américain, les grèves des ports de la côte Est des Etats-Unis, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, et l’élection présidentielle américaine qui approche à grands pas. Cependant, malgré ces facteurs de risque, les marchés semblent s’adapter, et les nouvelles économiques récentes ont apporté un certain soulagement.

Le rapport positif sur l’emploi aux États-Unis et la résolution provisoire des grèves des ports ont redonné de l’élan aux marchés. Toutefois, les incertitudes politiques et géopolitiques persistent, et pourraient continuer à influencer l’évolution des marchés dans les semaines à venir. Sur le plan économique, les fondamentaux restent solides : la Réserve fédérale américaine (Fed) prévoit de diminuer progressivement les taux d’intérêt d’ici 2025, l'inflation continue de ralentir, et bien que la croissance économique ralentisse, elle demeure positive.

 

1. Le marché du travail américain : des surprises positives stimulent les marchés

Le marché du travail américain a surpris les analystes avec des chiffres bien supérieurs aux prévisions. Le rapport sur l'emploi non agricole du mois de septembre a révélé 254 000 emplois créés, contre une prévision de 150 000, tandis que le taux de chômage a baissé à 4,1 %, contre 4,2 % le mois précédent. De plus, les données des mois précédents ont été révisées à la hausse, renforçant encore la confiance des marchés dans la solidité de l'économie.

Ce revirement est particulièrement notable après deux mois consécutifs de rapports sur l'emploi inférieurs aux attentes. La reprise du marché du travail semble indiquer une normalisation après une période d’extrême volatilité post-pandémique. L'offre de main-d'œuvre s'accroît alors que de nouveaux entrants rejoignent le marché et que les travailleurs reviennent à l’emploi, tandis que la demande pour la main-d'œuvre diminue légèrement, comme en témoigne la baisse du nombre d'offres d'emploi au cours de l'année.

Ces évolutions ont rassuré les investisseurs, qui craignaient que le ralentissement de la création d'emplois ne freine la croissance économique. Toutefois, cette amélioration du marché de l'emploi soulève également des questions quant à l'impact sur la politique monétaire de la Fed.

 

Quel impact sur les réductions des taux d'intérêt de la Fed ?

La solidité du marché de l’emploi a immédiatement provoqué des réactions sur les marchés financiers, en particulier sur les obligations du Trésor américain, dont les rendements ont fortement augmenté. Suite à la publication de ces données, les anticipations concernant les prochaines baisses de taux d’intérêt de la Fed ont été ajustées. Au lieu de deux baisses de 0,5 % attendues lors des réunions de novembre et décembre, les marchés s’attendent désormais à deux réductions plus modestes de 0,25 %.

Un rythme plus mesuré de baisse des taux semble désormais plus probable, surtout après la réduction significative de 0,5 % en septembre. En parallèle, la Fed reste vigilante face aux risques de résurgence des pressions inflationnistes, en particulier avec une croissance des salaires toujours élevée, atteignant 4,0 % en glissement annuel. La Fed semble donc déterminée à ramener progressivement les taux d’intérêt dans une fourchette de 3,0 % à 3,5 % d’ici 2025, ce qui devrait soutenir à la fois la consommation des ménages et les investissements des entreprises.

 

2. Résolution provisoire de la grève des ports de la côte Est

Début octobre, les travailleurs des ports de la côte Est, membres de l’International Longshoremen's Association (ILA), un syndicat regroupant 47 000 membres, ont entamé une grève pour réclamer des augmentations salariales et de meilleures protections. Ce mouvement social a touché 36 ports majeurs, perturbant les chaînes d'approvisionnement et entraînant des pertes économiques estimées entre 1 et 5 milliards de dollars par jour.

Toutefois, les inquiétudes économiques liées à cette grève ont été atténuées par l’annonce d’un accord préliminaire seulement trois jours après le début du conflit. L’accord prévoit une augmentation salariale de 62 % sur six ans, faisant passer le salaire horaire moyen de 39 dollars à environ 63 dollars. Bien que cette augmentation des coûts salariaux puisse exercer une pression inflationniste à long terme, elle est jugée préférable à une prolongation de la grève qui aurait pu engendrer des perturbations économiques beaucoup plus graves, comme celles observées pendant la pandémie lorsque de nombreux ports étaient fermés.

 

Les répercussions à surveiller

Si la résolution rapide de la grève a été un soulagement pour l'économie, les marchés surveillent toujours les effets secondaires de cet événement. À cela s'ajoute l’impact de l'ouragan Hélène, qui a dévasté certaines régions et pourrait entraîner une augmentation temporaire des demandes d’allocations chômage. Ces facteurs pourraient faire grimper légèrement les chiffres du chômage, mais ces perturbations devraient être temporaires et les conditions du marché du travail devraient revenir à la normale dans les mois à venir.

 

3. Tensions géopolitiques au Moyen-Orient : une source persistante d'incertitude

Cette semaine, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont également pris de l’ampleur, Israël ayant été visé par une attaque de missiles iraniens. Ces événements ont immédiatement provoqué une hausse des prix du pétrole et des matières premières, ainsi qu’une augmentation des valeurs refuges comme l’or et les obligations du Trésor américain. L’indice de volatilité VIX, souvent considéré comme une mesure de la peur des investisseurs, a également fortement grimpé.

Cependant, au fil de la semaine, les marchés ont partiellement absorbé ces tensions. Les obligations du Trésor, l’or et l’indice de volatilité ont tous baissé, bien que les prix du pétrole restent élevés. L’un des plus grands risques pour les marchés serait une perturbation de l’approvisionnement en énergie, en particulier en pétrole. Par exemple, les prix du pétrole brut WTI ont grimpé de plus de 10 % en une semaine.

Bien que le risque d’une escalade majeure dans la région soit considéré comme faible pour l’instant, les perturbations dans la production et la distribution d’énergie restent un sujet de préoccupation pour les investisseurs. Toutefois, la capacité des États-Unis et d’autres pays à augmenter leur production de pétrole et d'énergie ces dernières années, notamment après la pandémie, a contribué à atténuer ce risque. À plus long terme, la demande mondiale en pétrole et en énergie jouera probablement un rôle plus important dans la détermination des prix que les problèmes d'approvisionnement.

 

4. Les élections présidentielles américaines : une source d'incertitude croissante

À seulement cinq semaines des élections présidentielles américaines, l'incertitude entourant le résultat reste élevée. Bien que peu de nouvelles significatives soient survenues cette semaine, hormis un débat vice-présidentiel jugé peu concluant, les marges de victoire dans plusieurs États clés restent extrêmement serrées.

Historiquement, les marchés boursiers ont tendance à montrer une volatilité accrue dans les semaines précédant une élection présidentielle. Les investisseurs se montrent souvent prudents face à l’incertitude, et les marchés ont tendance à reculer temporairement à l'approche des élections. Cependant, une fois le scrutin passé, les marchés retrouvent généralement leur trajectoire haussière, quel que soit le parti qui prend le contrôle de la Maison Blanche. Cela s'explique par la dissipation d'une partie de l'incertitude qui pèse sur les investisseurs une fois les résultats connus.

 

Préparer ses investissements face à la volatilité

Avec l'élection qui approche et les tensions géopolitiques qui perdurent, des épisodes de volatilité pourraient encore se produire au cours des semaines à venir. Toutefois, ces phases de repli du marché peuvent également offrir des opportunités pour diversifier et rééquilibrer son portefeuille, et ainsi acquérir des actifs de qualité à des prix plus attractifs.

 

Conclusion : La montée des marchés malgré les incertitudes

En conclusion, les marchés boursiers ont entamé le quatrième trimestre en surmontant plusieurs obstacles majeurs. La Fed poursuit sa politique de réduction progressive des taux d'intérêt, l'inflation continue de ralentir, et l'économie américaine semble se diriger vers un "atterrissage en douceur", c’est-à-dire une croissance modérée sans récession. Par ailleurs, les bénéfices des entreprises devraient croître à deux chiffres cette année, et peut-être l’année prochaine également. Dans cet environnement, nous pensons que les marchés actions et obligataires resteront bien soutenus, à mesure que les incertitudes à court terme s'atténuent.

 

Ceci n'est pas un conseil en investissement

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🏠 Fiscalité: Qui sont les plus fortunés en France et pourraient-ils voir leurs impôts augmenter ?

Alors que le gouvernement annonce une nouvelle taxe visant les ménages les plus aisés, beaucoup se demandent ce que signifie réellement être "riche" en France. Est-ce une question de revenu ou de patrimoine ? Décryptons ensemble les différents critères qui définissent la richesse et les disparités qui existent dans le pays.

 

Définir la richesse : revenu ou patrimoine ?

En France, il n'existe pas de définition claire et consensuelle de la richesse. Certains la mesurent à travers les revenus, d'autres se basent sur le patrimoine. Par exemple, sous le mandat de François Hollande, le seuil de richesse avait été fixé à 4.000 euros nets par mois, soit 8 % de la population salariée de l'époque. Mais aujourd'hui, la situation a évolué.

 

Bon à savoir : Le revenu médian mensuel en France s'élève à 1.930 euros nets. Cela signifie que la moitié des Français gagne moins, et l'autre moitié, plus.

 

Les experts parlent souvent de "High Net Worth Individuals" (HNWI), un terme qui désigne les personnes disposant d’un patrimoine à investir d'au moins 1 million d'euros. Ce montant n'inclut ni la résidence principale ni les biens de consommation.

 

Qu’est-ce qu’un « riche » selon l’Observatoire des inégalités ?

 

Selon une étude de l'Observatoire des inégalités publiée en 2024, 7,4 % de la population française est considérée comme riche. Mais comment ce chiffre est-il calculé ? Un individu est défini comme riche s’il perçoit au moins 3.860 euros nets par mois. Ce seuil varie selon la taille du ménage : 5.790 euros pour un couple et 9.650 euros pour une famille avec deux adolescents.

 

Les données de l'INSEE : le patrimoine au cœur de la richesse

Si les revenus sont un indicateur important, le patrimoine l’est tout autant. En 2023, l'INSEE a révélé que 50 % des ménages français possédaient un patrimoine brut supérieur à 177.200 euros. Cependant, cette richesse est très inégalement répartie : les 10 % les plus fortunés détiennent plus de la moitié du patrimoine total.

 

Les inégalités de richesse en France

Les inégalités de patrimoine persistent en France. Par exemple, 58 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, mais parmi les plus aisés, ce chiffre grimpe à 85 %. À l'inverse, 30 % des ménages n’ont aucun bien immobilier dans leur patrimoine. Cela illustre la forte concentration de la richesse dans certaines catégories de la population.

 

Bon à savoir : La moitié des foyers les mieux dotés possèdent 92 % du patrimoine brut total en France, ce qui montre à quel point les inégalités sont marquées dans le pays.

 

Richesse selon l’âge et la région

L'âge et le lieu de résidence influencent également la perception de la richesse. Un jeune de moins de 30 ans est considéré comme "riche" s'il possède un patrimoine de 47.400 euros, tandis qu’un septuagénaire doit atteindre 629.700 euros pour être classé dans cette catégorie.

 

En termes de revenus, les disparités régionales sont importantes. En Île-de-France, le salaire médian est de 2.832 euros, tandis qu’à Mayotte, il s’élève à 1.209 euros. À Paris, il faut toucher environ 6.000 euros nets par mois pour faire partie des 10 % les plus riches. Toutefois, l’immobilier dans la capitale reste très cher : acheter un logement de 60 m² à Paris représente environ 10 années de salaire annuel pour un salarié qualifié.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

  • Stellantis révise à la baisse ses objectifs et perspectives pour 2024.

 

  • Les actionnaires et les créanciers d'Atos approuvent le plan de sauvegarde.

 

  • ThyssenKrupp prévoit des suppressions d'emplois pour accroître sa rentabilité.

 

  • La Chine a demandé à ses entreprises d'éviter d'utiliser des puces Nvidia.

 

  • LVMH vend la marque Off-White à une entreprise américain et rachète Paris Match à Lagardère

 

  • Le marché automobile français enregistre un 5e mois de baisse consécutif (-11,1%), selon la PFA.

 

  • Engie va réaliser 1000 km de lignes électriques au Brésil.

 

  • Unibail poursuit son désendettement avec une cession à Paris pour 172,5 M€.

 

  • JCDecaux acquiert 70% d'IMC et crée une joint-venture en Amérique centrale.

 

  • Nokia enregistre une perte de valeur de 572 millions de dollars à la suite de la vente de son activité de réseaux sous-marins.

 

  • EssilorLuxottica boucle les rachats de Supreme (1,5 milliard de dollars) et Heidelberg Engineering.

 

  • TotalEnergies va investir environ 10,5 milliards de dollars dans des champs de pétrole et de gaz au Suriname. Le groupe tient aujourd'hui une présentation investisseurs depuis New York, où il ambitionne de lancer une ligne de cotation secondaire à Wall Street.

 

  • Eurazeo annonce la cession de 22 hôtels par Grape Hospitality.

 

  • Nike renonce à ses prévisions annuelles après des résultats en baisse mais moins dégradés que prévu.

 

  • Boeing envisage de lever au moins 10 milliards de dollars via une augmentation de capital.

 

  • Apple prépare un nouvel iPhone SE et un iPad Air amélioré pour le début de l'année prochaine, Bloomberg.

 

  • Pink Floyd accepte de vendre ses droits musicaux à Sony pour 400 millions de dollars.

 

  • LVMH devient partenaire mondial de la Formule 1 pour 10 ans.

 

  • Microsoft va investir 4,75 milliards de dollars dans l'IA et l'infrastructure cloud en Italie.

 

  • Berkshire Hathaway réduit encore sa participation dans Bank of America, à 10,2%.

 

  • Rexel se renforce dans le matériel de surveillance et de sécurité avec le rachat d'Itesa.

 

  • La Française des Jeux détient plus de 90% de Kindred et peut donc retirer le dossier de la cote suédoise.

 

  • Le PDG de Banco de Sabadell déclare que le bénéfice annuel de 2024 pourrait dépasser 1,6 milliard d'euros.

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Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse

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