L'Hebdo #103 : Les mesures de relance sont importantes mais insuffisantes et les villes à choisir pour un meilleur rendement dans l’immobilier meublé
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. Wall Street reprend les rênes malgré les incertitudes de la Fed
La semaine a été marquée par une dynamique forte des marchés financiers américains, malgré une certaine nervosité initiale autour de la politique monétaire de la Réserve fédérale. La Fed a décidé de baisser ses taux directeurs de 50 points de base, une mesure plus généreuse que prévu, tout en adoptant un discours accommodant qui a rassuré les investisseurs. Ce mouvement est perçu comme une réponse à une inflation encore élevée, mais maîtrisée, et une tentative de maintenir l'élan économique sans risquer de freiner l’activité. Le marché avait déjà anticipé cette baisse, mais après une légère correction, notamment vendredi, les indices majeurs ont rebondi. Les secteurs technologiques ont particulièrement bien performé avec une progression notable du Nasdaq et du S&P 500, chacun en hausse de 1,4 % sur la semaine.
2. La Chine tente de redynamiser son économie : conséquences globales
La Chine a dominé l'actualité économique cette semaine, avec une série d'annonces visant à relancer une économie en difficulté. Face à une croissance en berne, l'effondrement de l'immobilier, et la menace de la déflation, les autorités chinoises ont déployé un nouveau train de mesures pour soutenir la reprise. La Banque populaire de Chine (PBOC) a réduit de 20 points de base son taux de prise en pension à 7 jours, tout en abaissant le ratio de réserves obligatoires pour les grandes banques publiques, passant de 10 % à 9,5 %. Cette action, combinée à des mesures de soutien au marché immobilier, telles que la baisse du taux d'acompte pour l'achat de résidences secondaires, cherche à stimuler la demande intérieure. Par ailleurs, des prêts sont désormais accessibles aux intermédiaires financiers pour soutenir les marchés actions, renforçant ainsi la confiance dans les actifs à risque. Ces initiatives ont déclenché une réaction positive immédiate sur les marchés asiatiques mais aussi américains et européens, illustrant l’optimisme des investisseurs quant à l’efficacité de ce plan de relance. Toutefois, les analystes restent prudents : si ces mesures sont plus robustes que les précédentes, elles risquent de ne pas suffire à redresser l’économie à long terme sans un effort plus global et concerté. Pour les marchés occidentaux, notamment européens, les implications sont claires. Le secteur du luxe, qui dépend fortement de la demande chinoise, a vu ses actions rebondir après l’annonce de ces mesures. À court terme, cela a donné un répit à des géants comme LVMH, Kering, et Hermès, qui avaient subi des baisses importantes ces dernières semaines. Toutefois, l’impact à plus long terme reste à voir, surtout si la Chine ne parvient pas à atteindre son objectif de 5 % de croissance cette année.
3. Performances des indices boursiers : un retour en force des marchés mondiaux
Sur le plan des performances hebdomadaires des marchés boursiers, les indices ont montré des signes de reprise malgré la volatilité liée aux annonces de politique monétaire et économique. Aux États-Unis, le S&P 500 a progressé de 0,62 %, marqué par une montée des valeurs technologiques comme Nvidia et PDD, qui ont bénéficié de la confiance renouvelée des investisseurs. Le Nasdaq a flirté avec ses plus hauts historiques, en grande partie grâce à des valeurs phares comme Microsoft, Apple, et Meta. De l’autre côté de l’Atlantique, le CAC 40 à Paris a enregistré une hausse impressionnante de 3,89 % sur la semaine, tiré par le rebond spectaculaire des valeurs du luxe. LVMH a bondi de 18,84 %, Kering de 18,47 %, et Hermès de 15,65 %, profitant de l’optimisme des marchés chinois. Cependant, tout n’était pas rose dans le paysage européen. Les valeurs bancaires comme Crédit Agricole (-3,46 %) et les secteurs pétroliers, avec TotalEnergies en baisse de 5,48 %, ont montré des signes de faiblesse, en partie à cause de la baisse des prix du pétrole, qui ont chuté de 3,41 % pour le Brent, revenant à 71,94 $ le baril. Au Japon, le Nikkei 225 a été l'un des grands gagnants de la semaine avec une hausse de 5,58 %, illustrant la résilience de l’économie asiatique face aux incertitudes mondiales. Enfin, l’or a progressé de 1,26 %, terminant la semaine à 2 653,33 dollars l’once, tandis que l’euro est resté stable face au dollar, s’échangeant à 1,12 $. Ces résultats montrent que malgré les inquiétudes sur l’état de l’économie mondiale, les marchés restent dynamiques, alimentés par les espoirs de nouvelles mesures de soutien monétaire et fiscal à travers le globe.
📰 Le dossier de la semaine : Chine, les mesures de relance sont importantes, mais insuffisantes
Lors d'une conférence de presse conjointe improvisée mardi, plusieurs responsables économiques chinois ont dévoilé un ensemble de mesures visant à redonner confiance à une économie chinoise en perte de vitesse. Cette série de baisses de taux d'intérêt, de financements pour le marché boursier et de soutiens au secteur immobilier constitue le plan économique le plus agressif de la deuxième économie mondiale depuis la pandémie de Covid.
Cette stratégie a suscité l'enthousiasme des investisseurs : l’indice boursier chinois CSI 300 a bondi de 4,3 % mardi, marquant sa meilleure journée depuis juillet 2020. Les marchés mondiaux ont également progressé. Cependant, ce qui compte vraiment pour la Chine et l'économie mondiale, c'est de savoir si ce plan peut relancer de manière substantielle et durable la demande, qui fait cruellement défaut au pays. À cet égard, le dernier tir économique de Pékin ne semble pas suffisant.
En commençant par les mesures monétaires, la Banque Populaire de Chine (PBoC) a annoncé une réduction de 50 points de base du ratio des réserves obligatoires des banques, ainsi que des baisses des taux de prêt, d'hypothèque et de dépôt. Ces mesures devraient améliorer la liquidité du système bancaire et encourager l’activité de prêt. Cependant, avec des entreprises et des ménages toujours soucieux de réduire leur endettement, surtout après les effets du ralentissement du marché immobilier, une forte augmentation de la demande de prêts nécessiterait probablement des réductions plus importantes des taux d'intérêt, d’autant que les taux réels restent élevés en raison de la faible inflation.
Ensuite, pour revitaliser le marché immobilier – où les prix baissent et les ventes stagnent – les autorités ont abaissé le ratio de versement initial pour les achats de résidences secondaires. La PBoC a également promis de meilleures conditions pour les entreprises publiques achetant des stocks de logements invendus auprès des promoteurs. Bien que cela représente des améliorations par rapport aux politiques précédentes, celles-ci n'ont, pour l'instant, pas réussi à stimuler les ventes de manière significative. La réduction de l'énorme stock de logements invendus est cruciale pour relancer l'économie, mais les économistes estiment qu'il faudrait davantage de subventions ou une restructuration des dettes dans ce secteur.
Enfin, pour relancer son marché boursier, les autorités ont annoncé la création d'un fonds de 500 milliards de yuans (environ 71 milliards de dollars) destiné à aider les courtiers, compagnies d'assurance et fonds à acheter des actions. La PBoC fournira également des financements pour aider les entreprises à procéder à des rachats d'actions. Bien que les marchés aient réagi positivement, ces mesures ne sont qu'un répit temporaire face à un problème plus fondamental : les performances des actions chinoises et la confiance des investisseurs ont été structurellement affaiblies par la répression de Xi Jinping contre les entreprises technologiques et les créateurs de richesse.
En résumé, les mesures de relance annoncées mardi ne s'attaquent toujours pas à la réalité des défis économiques de la Chine. La demande intérieure est freinée par un taux d'épargne élevé et une faible confiance dans le secteur privé. Parallèlement, la volonté de Pékin de s'appuyer sur une croissance tirée par les exportations est mise à mal par la guerre commerciale croissante avec les États-Unis. Les dernières mesures sont mal adaptées à ces problèmes, et pourraient surtout viser à maintenir l'objectif annuel de croissance de 5 % fixé par Pékin.
Ce dont la Chine a réellement besoin, c'est d'un plan de relance fiscale ciblé pour augmenter la demande et lutter contre les pressions déflationnistes. Les ménages, notamment les plus modestes, ont besoin d'un soutien accru. Cela implique d'améliorer la sécurité sociale et l'accès aux soins de santé afin de réduire les préoccupations financières qui incitent à épargner. Des incitations pour acheter les stocks de logements invendus et encourager l'investissement des entreprises seraient également utiles. Enfin, pour redynamiser l'esprit entrepreneurial et l’investissement en Chine, il est essentiel de stabiliser les politiques et de déréguler le secteur privé. Mais tout cela demande à Pékin de surmonter sa réticence à engager des dépenses importantes et son désir de maintenir un contrôle sur le secteur privé.
Ce plan de relance constitue, au moins, un pas dans la bonne direction. Il montre que les responsables chinois prennent conscience de la nécessité urgente de redynamiser l'économie. Mais pour sortir la Chine de cette période difficile, il faudra plus d'argent, une réponse politique mieux ciblée et un abandon des discours qui ont sapé la confiance des investisseurs et des consommateurs.
🏠 Immobilier : Investissement locatif : quelles villes choisir pour un meilleur rendement dans l’immobilier meublé ?
Se lancer dans l’investissement locatif meublé est évidemment une super stratégie pour diversifier ses revenus, mais toutes les villes ne garantissent pas le même niveau de rentabilité. Selon le nouveau baromètre publié par jedeclaremonmeuble.com (JD2M), les performances locatives varient fortement d’une ville à l’autre. Découvrons ensemble les villes où il est actuellement le plus intéressant d'investir pour maximiser les rendements locatifs.
Les rendements observés pour les locations meublées dépendent de plusieurs facteurs : l’attractivité de la ville, la demande locative, et bien entendu le prix au mètre carré. À la surprise générale, certaines zones rurales ou villes moyennes se révèlent bien plus rentables que les grandes métropoles. Cela s'explique par des prix d’achat plus accessibles et une moindre régulation des loyers, notamment pour les locations saisonnières.
Dans les résultats de l’étude JD2M, on observe que les meilleures performances se trouvent dans des départements souvent perçus comme peu attractifs. Par exemple, la Meuse, connue pour sa faible densité de population et son manque d’opportunités d’emploi, enregistre un rendement net moyen de 15,3 %, plaçant ce département en tête du classement.
D’autres zones rurales comme le Territoire de Belfort (10 % de rendement) et l’Aveyron (8,5 %) apparaissent également comme des choix prometteurs pour les investisseurs à la recherche de rendements élevés. Cependant, investir dans ces zones n’est pas sans risques : le marché locatif y est plus étroit et les périodes sans locataires peuvent être plus longues, ce qui peut impacter négativement la rentabilité réelle du bien.
Pour ceux qui préfèrent un compromis entre le risque et la rentabilité, les villes moyennes constituent une autre option. Ces dernières offrent des prix immobiliers relativement bas, tout en garantissant une certaine stabilité du marché locatif. Parmi les villes à forte rentabilité, on retrouve :
Quimper : 9,8 %
Lorient : 9,6 %
Valenciennes : 9 %
La Rochelle : 8,7 %
Niort : 8,1 %
Poitiers : 7,5 %
Pau : 7,2 %
Ces villes, bien qu’éloignées des grandes métropoles, présentent des marchés locatifs dynamiques grâce à leur attractivité économique locale et leur potentiel touristique.
Pour les investisseurs plus prudents, les grandes villes restent un choix privilégié malgré des rendements plus faibles. En effet, ces zones bénéficient d’une forte demande locative, réduisant ainsi les risques de vacance. Selon JD2M, les meilleures rentabilités dans les grandes métropoles s’observent à :
Marseille : 8,6 %
Montpellier : 7,4 %
Nice et Strasbourg : 6,2 %
Lille : 6,2 %
Toulouse : 6,1 %
Lyon : 5,5 %
Bordeaux : 5,3 %
Nantes : 5,2 %
Paris : 4,2 %
Il est à noter que bien que les rendements soient plus faibles, ces villes offrent souvent la possibilité de réaliser des plus-values à la revente grâce à la valorisation progressive de l’immobilier. Paris, par exemple, a enregistré une baisse des prix de 10,7 % sur les deux dernières années, ce qui peut représenter une opportunité d'achat à moyen terme pour des investisseurs patients.
Pour conclure, j'ai envie de vous rappeler que l'une des clés pour optimiser la rentabilité de votre investissement locatif meublé réside dans le choix du régime fiscal. Contrairement au régime micro-BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), où un abattement forfaitaire est appliqué, le régime réel permet de déduire les charges réelles supportées par le propriétaire : travaux, intérêts d'emprunt, assurances, charges de copropriété, etc. Cela permet de maximiser le rendement net en allégeant le poids fiscal. De plus, l’amortissement du bien (sur 20 à 30 ans) ainsi que celui du mobilier (sur 5 à 10 ans) peuvent être déduits, ce qui peut considérablement améliorer la rentabilité de votre investissement sur le long terme.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
Vivendi renforce Canal+ avant sa scission en lui apportant GVA, Dailymotion et L'Olympia.
BNP Paribas annonce la signature d'un accord avec HSBC pour l'acquisition de son unité de banque privée en Allemagne pour un montant non divulgué.
Les sidérurgistes européens (ArcelorMittal, Norsk Hydro, ThyssenKrupp…) demandent à Bruxelles de faire face à l'afflux d'exportations chinoises.
Coca-Cola annonce investir un milliard de dollars au Nigeria.
Sept groupes médias français assignent Google pour lui réclamer 1 Md€ afin d'obtenir réparation pour ses pratiques jugées anticoncurrentielles sur le marché de la publicité en ligne.
Vodafone Idea a signé un accord de 3,6 milliards de dollars avec les fabricants de réseaux Nokia, Ericsson et Samsung pour la fourniture d'équipements sur une période de trois ans.
CMA CGM va racheter 48% de Santos Brasil pour 1,2 milliard de dollars et lancera une offre publique d'achat.
Stellantis lance la recherche d'un successeur à son PDG Carlos Tavares.
Casino, Intermarché et Auchan annoncent la création de l'alliance Aura Retail.
Barclays a aidé UniCredit à prendre une participation dans Commerzbank, selon Reuters
Petrobras veut une participation de 40% dans le méga-bloc pétrolier de Galp en Namibie.
Sanofi a reçu deux offres de sociétés de capital-investissement pour sa filiale de santé grand public, qui pourrait être valorisée 15 milliards d'euros, a rapporté Bloomberg.
Orange va quitter la Bourse de New York.
Forsee Power lance un système de batteries de traction ferroviaire à haute énergie "très compétitif".
Microsoft va dépenser 1,3 milliard de dollars au Mexique pour le cloud et la technologie d'IA.
Le directeur financier de Global Payments prévoit une croissance du BPA ajusté de 10 % en 2025.
Renault a cédé à Nissan 195 473 600 actions Nissan pour 494 millions d'euros.
LVMH monte au capital du holding de Moncler.
Bouygues remporte un contrat de 247 M€ en Australie.
Tikehau Capital finalise l'acquisition d'actifs immobiliers de commerce auprès de Casino pour plus de 200 millions d'euros.
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse