L'Hebdo #102 : La Fed lance un cycle d'assouplissement monétaire majeur pour soutenir l'économie américaine, faut-il déjà renégocier son crédit avec la baisse des taux ?
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. Les banques centrales en première ligne
Cette semaine, les investisseurs ont gardé les yeux rivés sur les décisions des grandes banques centrales, avec la Fed au cœur de l’attention. Après plusieurs mois de hausse des taux pour lutter contre l'inflation, la Réserve fédérale américaine a enfin enclenché un cycle de baisse des taux, en réduisant ses taux directeurs de 50 points de base. Cette décision, attendue mais encore débattue sur son ampleur, a provoqué des réactions contrastées sur les marchés financiers, certains craignant que la Fed ne soit forcée d'agir plus rapidement à cause d'un ralentissement économique plus prononcé que prévu. De leur côté, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon ont choisi de maintenir le statu quo, laissant leurs taux inchangés. Ce concert d'annonces a tenu en haleine les investisseurs tout au long de la semaine, chaque décision renforçant les attentes sur l’orientation future des politiques monétaires mondiales.
2. Des indices boursiers contrastés et des variations marquées
Sur les marchés, la volatilité a dominé les échanges cette semaine, avec des performances contrastées selon les régions. Aux États-Unis, le S&P 500 a progressé de 1,36%, porté par la perspective d'une politique monétaire plus accommodante. Cependant, certains géants de la tech comme Apple ont freiné la progression, particulièrement sur le Nasdaq, en raison de rumeurs sur des ventes d'iPhone décevantes. En Europe, les indices ont évolué de manière plus mesurée : le CAC 40 a enregistré une légère hausse de 0,47% à 7 500 points, avec des valeurs industrielles comme Saint-Gobain (+5,79%) et ArcelorMittal (+4,68%) qui ont tiré l'indice vers le haut. Toutefois, des poids lourds du luxe, comme LVMH (-2,66%), ont freiné la progression. Du côté asiatique, le Nikkei 225 a bondi de 3,12%, poursuivant une dynamique haussière, tandis que les matières premières ont également connu des variations : l’or a progressé de 1,65% à 2 621,52 $US, et le pétrole Brent a vu son prix augmenter de 4,13%.
3. L'économie chinoise sous curveillance
En dehors des décisions des banques centrales, l'attention des investisseurs s'est également tournée vers la Chine, où des signes inquiétants de ralentissement continuent d’apparaître. Les derniers chiffres concernant les ventes de détail, la production industrielle et les prix de l'immobilier se sont révélés inférieurs aux attentes, alimentant des inquiétudes croissantes sur la santé de la deuxième économie mondiale. Ces données ont poussé la Banque centrale chinoise à agir en déclarant la lutte contre la déflation comme une priorité. Cependant, contrairement à ses homologues occidentaux, Pékin n'a pas encore adopté de mesures fortes pour soutenir son économie. Le marché immobilier, qui continue de plonger, inquiète particulièrement les économistes, menaçant de freiner encore davantage la croissance chinoise. Face à ce contexte, les investisseurs surveillent de près l'évolution de la situation, craignant des répercussions sur l’économie mondiale, notamment via la chaîne d'approvisionnement et le commerce international.
📰 Le dossier de la semaine : La Fed lance un cycle d'assouplissement monétaire majeur pour soutenir l'économie américaine
La Réserve fédérale américaine (Fed) a récemment initié un tournant significatif dans sa politique monétaire en abaissant son taux directeur de 0,5 %, une réduction plus importante que les ajustements habituels de 0,25 %. Cette décision marque la première baisse de taux en quatre ans et fait suite à une période de resserrement monétaire agressif. La Fed vise ainsi à éviter de maintenir une politique trop restrictive et affiche sa détermination à soutenir l'économie avant tout ralentissement notable. Cette baisse intervient dans un contexte où l'inflation a diminué, passant de 9,1 % en juin 2022 à 2,5 % en août, et où le taux de chômage a légèrement augmenté de 3,4 % à 4,2 %. Ces indicateurs ont renforcé la confiance des responsables politiques dans la nécessité d'un assouplissement pour maintenir la croissance économique.
Cette approche proactive de la Fed a pour objectif d'augmenter les chances d'un "atterrissage en douceur" de l'économie américaine, évitant ainsi une récession. Les indicateurs économiques actuels sont encourageants : les dépenses de consommation restent robustes, les demandes d'allocations chômage sont faibles, et la valeur nette des ménages atteint des sommets historiques grâce à l'appréciation des prix de l'immobilier et des actions. De plus, les salaires augmentent plus rapidement que l'inflation depuis mai de l'année dernière, soutenant le pouvoir d'achat des consommateurs. Les conditions financières s'assouplissent également, ce qui devrait favoriser l'investissement et la croissance. Tous ces éléments suggèrent que l'économie est en mesure de poursuivre sa croissance sans entrer en récession, renforçant ainsi la confiance dans la stratégie de la Fed.
La Fed prévoit de poursuivre les baisses de taux pour atteindre un niveau neutre estimé à 2,9 % d'ici 2026. Selon les projections du "dot plot", cela impliquerait des réductions supplémentaires de 0,5 % cette année, probablement lors des réunions de novembre et décembre, suivies de quatre baisses en 2025 et de deux en 2026. Cette stratégie vise à réduire progressivement les coûts d'emprunt pour les consommateurs et les entreprises, stimulant ainsi la croissance économique à long terme. Cependant, la Fed reste attentive aux évolutions économiques futures et ajustera sa politique en fonction des données entrantes, reconnaissant que le point neutre ne pourra être déterminé qu'en temps réel.
Historiquement, le début d'un cycle de baisse des taux sans récession a été favorable aux marchés boursiers, conduisant à des rendements solides six, douze et dix-huit mois après la première réduction des taux. Cependant, étant donné que les valorisations boursières actuelles sont élevées par rapport aux moyennes historiques, le potentiel de hausse pourrait être plus modeste que lors des cycles précédents. Les investisseurs pourraient trouver des opportunités dans les actions cycliques, les entreprises de moyenne capitalisation et les titres de qualité versant des dividendes, qui pourraient commencer à combler l'écart avec les méga-capitalisations technologiques. De plus, une rotation vers ces secteurs pourrait se produire si les conditions économiques continuent de s'améliorer et que les taux d'intérêt baissent, rendant les actions de croissance moins attractives en comparaison.
Enfin, la baisse des taux directeurs a des implications importantes pour les investisseurs obligataires. Avec la perspective de rendements obligataires en baisse, il est recommandé aux investisseurs d'allonger la durée de leurs portefeuilles obligataires pour se protéger contre le risque de réinvestissement à des taux inférieurs à l'avenir. Une allocation excessive aux placements en liquidités pourrait entraîner des rendements moins favorables à mesure que les taux continuent de diminuer. Les investisseurs devraient donc envisager de repositionner leurs portefeuilles en faveur d'obligations à moyen et long terme pour tirer parti de la baisse des taux et sécuriser des rendements plus élevés sur le long terme.
🏠 Immobilier : Faut-il déjà renégocier son crédit avec la baisse des taux ?
Depuis que les taux des prêts immobiliers ont atteint un sommet à la fin de 2023, une baisse progressive s'est amorcée. Cela soulève la question pour les emprunteurs : est-il déjà judicieux de renégocier un crédit souscrit récemment ?
La renégociation des taux est une pratique bien ancrée en France, avec des vagues significatives observées en 2011, 2017 et 2019. Après la crise des dettes souveraines en zone euro, l'assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne a entraîné une chute des taux dans les années 2010, incitant de nombreux ménages à revoir les conditions de leur prêt immobilier.
Cependant, la tendance s'est inversée en 2022 avec le retour de l'inflation et les hausses des taux directeurs de la BCE. Les taux d'emprunt ont quadruplé en moins de deux ans, dépassant 4 % en fin d'année 2023. Aujourd'hui, l'inflation semble maîtrisée, et la BCE commence à baisser prudemment ses taux pour éviter une nouvelle bulle immobilière. Cette situation permet aux banques de proposer des taux plus attractifs, parfois inférieurs à 3,5 % sur vingt ans.
Face à cette évolution, certains emprunteurs se demandent s'il est temps de renégocier leur crédit. Théoriquement, une différence de taux d'au moins 0,7 à 1 point entre l'ancien et le nouveau prêt rend l'opération intéressante. Avec des taux actuels autour de 3,5 %, cet écart est atteint pour ceux qui ont emprunté entre 4,2 % et 4,5 % fin 2023. De plus, renégocier en début de période d'emprunt maximise les économies, car c'est là que les intérêts sont les plus élevés. Toutefois, les professionnels recommandent d'attendre un peu. Ils anticipent une poursuite de la baisse des taux, qui pourraient descendre à 3,2 % ou même approcher les 3 % d'ici la fin de l'année. Patienter pourrait donc permettre de réaliser des économies plus substantielles.
Il est également conseillé de ne pas multiplier les demandes de renégociation. Les banques ne sont pas obligées d'accepter, et un refus pourrait compliquer de futures démarches. Deux options s'offrent aux emprunteurs : renégocier avec leur banque actuelle, ce qui limite les frais aux seuls frais de dossier, ou opter pour un rachat de crédit auprès d'une autre banque. Cette seconde solution peut offrir de meilleures conditions de taux, mais elle engendre des coûts supplémentaires, tels que les indemnités de remboursement anticipé et les frais de mainlevée d'hypothèque. Avant de vous lancer dans cette mission, pensez bien à évoluer l'ensemble des frais associés pour s'assurer que l'opération soit réellement avantageuse.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
Rexel a rejeté une offre de rachat de QXO, libellée à 8,5 milliards d'euros, soit 28,40 EUR l'action.
Intel peut prétendre à 3,5 milliards de dollars de subventions pour la fabrication de puces destinées à l'armée américaine.
Walt Disney et DirecTV concluent un accord qui rétablit la programmation pour 11 millions d'abonnés à la télévision par satellite.
L'Inde accuse Samsung et Xiaomi de collusion avec Amazon et Flipkart.
Sanofi et AstraZeneca obtiennent l'approbation des États-Unis pour la fabrication d'un nouveau vaccin contre le VRS.
EssilorLuxottica étend son partenariat avec Meta Platforms pour développer plusieurs générations de lunettes intelligentes. D'ailleurs, EssilorLuxottica va installer son futur siège social à Paris.
ThyssenKrupp reconsidère son plan d'investissement de 3 milliards d'euros dans un site de production d'acier "vert" en Allemagne, craignant une hausse des coûts.
Intel repousse ses projets d'usine en Allemagne et en Pologne.
Microsoft relève son dividende et renforce son programme de rachat d'actions.
Amazon imposera à nouveau 5 jours par semaine au bureau en 2025.
Danone veut renforcer ses partenariats internationaux pour muscler sa co-innovation.
Generali cède ses activités en Turquie à un groupe d'investisseurs.
BlackRock et Microsoft lancent un fonds doté de 30 milliards de dollars dans l'IA.
Le groupe et Nvidia développent des solutions d'IA avancées avec des agents autonomes.
Stellantis doit faire face à des grèves sans précédent de l'UAW aux Etats-Unis, un an après un débrayage national.
Vinci remporte 200 M€ de contrats routiers en Australie.
Thales va contribuer à produire sept systèmes de défense sol/air pour l'armée française.
Rolls-Royce s'apprête à recevoir un contrat pour des mini-réacteurs nucléaires en République tchèque.
Roche revendique un succès contre la transmission du virus de la grippe.
Publicis acquiert l'agence Mars United Commerce pour environ 600 millions de dollars.
Mercedes avertit à son tour que ses résultats seront plus faibles que prévu, à cause de la conjoncture économique.
Amazon dévoile un logiciel d'IA pour ses vendeurs tiers, l'automatisation gagne du terrain.
Berkshire Hathaway a encore cédé des actions Bank of America, pour 900 millions de dollars
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse