L'Hebdo #100 : Ce qu'il ne fallait pas louper cet été et les perspectives clés sur la volatilité du marché
📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine
1. Un début septembre turbulent : chute des valeurs technologiques et du luxe, les matières premières sous pression
Début septembre s'inscrit dans la tendance historique des marchés financiers, marqués par des ventes massives, principalement sur les valeurs technologiques et du luxe. Ces mouvements sont alimentés par les inquiétudes concernant la croissance mondiale, notamment à cause des chiffres économiques décevants des États-Unis et de la Chine. Le CAC 40 a perdu 4,44 % sur la semaine, tandis que les grandes capitalisations comme LVMH (-9,24 %), STMicroelectronics (-10,25 %) et Hermès (-11,96 %) ont particulièrement souffert. En revanche, certaines valeurs ont tiré leur épingle du jeu, comme Orange (+4,81 %) et Unibail-Rodamco-Westfield (+4,44 %). Sur les autres indices, le STOXX Europe 600 et le S&P 500 ont respectivement reculé de 3,52 % et 4,25 %. Au Japon, le Nikkei 225 a chuté de 5,84 %. Sur le front des matières premières, le pétrole Brent est descendu à 71 $ le baril, plombé par les doutes sur la demande mondiale malgré les efforts de l’OPEP+. De plus, l’or est resté stable à 2 509 $ l’once, tandis que le cuivre pâtit des inquiétudes liées à la récession en Chine et dans d’autres économies majeures.
2. FED : première baisse de taux probable le 18 septembre
Les investisseurs attendent avec impatience les conclusions de la Réserve fédérale, qui se réunira les 17 et 18 septembre. La Fed fournira aux marchés non seulement une décision actualisée sur les taux d'intérêt, mais aussi une nouvelle série de prévisions économiques et son très attendu « dot plot », qui décrit la trajectoire attendue des taux d'intérêt par les membres du FOMC. Selon nous, la Fed réduira probablement les taux d'intérêt lors de cette réunion de septembre, ramenant le taux des fonds fédéraux de 5,25 % - 5,5 % à 5,0 % - 5,25 %. Nous pensons que le président de la Fed, Jerome Powell, continuera à se concentrer sur les deux aspects du double mandat de la Fed : l'inflation et le marché du travail. L'inflation des dépenses de consommation personnelle (PCE) est déjà tombée en dessous de l'objectif de 2,6 % de la Fed pour 2024, tandis que le taux de chômage a également dépassé les 4,0 % attendus par la Fed cette année. Ainsi, nous pensons que les deux volets du double mandat s'orientent désormais clairement vers un assouplissement de la politique monétaire. Selon nous, la Fed abaissera probablement les taux d'intérêt à un rythme progressif jusqu'en 2025, apportant un certain soutien aux ménages et réduisant les coûts d'emprunt pour les consommateurs et les entreprises. Historiquement, lorsque la Fed assouplit sa politique et que l'économie ne tombe pas dans une récession imminente, les marchés boursiers ont tendance à bien se comporter dans ce contexte.
3. Marchés sous tension : attente des décisions de la BCE et de la Fed, cryptomonnaies en déclin
L’attention des investisseurs est désormais tournée vers les prochaines décisions des banques centrales. La BCE pourrait abaisser ses taux directeurs lors de sa réunion de jeudi, offrant ainsi un répit aux marchés européens. Aux États-Unis, les données sur l’inflation et les prix à la production pour août, publiées cette semaine, devraient donner des indices sur les prochaines actions de la Fed. Dans le secteur des cryptomonnaies, la baisse du Bitcoin (-1 %) et de l’Ether (-1,3 %) reflète le malaise général des marchés financiers, accentué par des sorties massives des ETF Bitcoin Spot. La volatilité pourrait perdurer tant que les statistiques économiques mondiales resteront incertaines.
🏠 Patrimoine : Ce qu'il ne fallait pas louper cet été
Alors que l'été s'achève et que l'incertitude économique persiste, il est temps de s'intéresser aux changements récents qui pourraient impacter vos finances personnelles. Pour éviter des décisions précipitées et mieux structurer votre patrimoine, voici 8 évolutions récentes qui pourraient vous concerner.
1. Des taux d’intérêt en baisse pour les crédits immobiliers
Les conditions des prêts immobiliers s'améliorent légèrement. En juillet 2024, le taux moyen des crédits s’est établi à 3,62 %, contre 4,24 % en décembre dernier. Ce recul, bien qu'encore modeste, pourrait aider à revitaliser un marché immobilier actuellement en difficulté.
2. Investissement obligatoire dans le non coté pour les nouveaux PER
À partir d’octobre 2024, les plans d’épargne retraite (PER) devront inclure une part minimale d'investissements non cotés. Les gestionnaires devront allouer au moins 4 % pour les profils équilibrés et 8 % pour les profils dynamiques dans des actifs comme le private equity. Exception pour les épargnants en gestion libre. Cette réforme vise à diversifier les placements en soutenant des secteurs moins accessibles aux épargnants traditionnels.
3. Prolongation de l’encadrement des loyers en zones tendues
Le dispositif d’encadrement des loyers, renouvelé jusqu’en juillet 2025, continue de limiter les hausses de loyers dans les villes où la demande est élevée. Cette mesure concerne aussi bien les logements meublés que non meublés, sauf en cas de rénovation. Paris reste une des principales villes concernées par cette régulation, avec un ajustement récent des plafonds de loyers.
4. Nouvelles possibilités de déblocage anticipé de l’épargne salariale
Depuis juillet 2024, trois nouvelles options permettent aux salariés de débloquer anticipativement leur épargne salariale placée sur un PEE (rénovation énergétique de la résidence principale, activité de proche aidant et achat d’un véhicule propre). Aussi, les plafonds de l’abondement employeur pour les plans d’épargne retraite collectifs ont été augmentés, offrant plus de souplesse aux épargnants tout en renforçant les investissements responsables.
5. Révision des critères du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)
Les petites surfaces bénéficient depuis juillet 2024 d’une révision des seuils du DPE. Cela permet à certains logements de moins de 40 m² de changer de classe énergétique, une évolution attendue par les acteurs de l’immobilier. Cette mesure améliore la valorisation de ces biens et les rend plus attractifs pour les investisseurs.
6. Taux stables pour le Livret A et baisse du LEP
Depuis le 1er août 2024, les taux du Livret A et du LDDS restent inchangés à 3 % jusqu’en février 2025. Le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP), quant à lui, a été revu à la baisse, passant de 5 % à 4 %. Malgré cette réduction, le LEP demeure l'un des produits d’épargne les plus avantageux pour les ménages modestes.
7. Majoration de la taxe d'habitation pour certaines résidences secondaires
Les propriétaires de résidences secondaires dans des zones touristiques pourraient constater une augmentation de leur taxe d'habitation. Cette année, 2 500 communes supplémentaires peuvent appliquer cette majoration, notamment dans les zones tendues où la demande immobilière est forte.
8. Insolvabilité d'une assurance-vie luxembourgeoise
En août 2024, l’ACPR a déclaré l'insolvabilité de FWU Life Insurance Lux S.A., une compagnie d’assurance-vie luxembourgeoise. Environ 30 000 assurés français sont affectés par cette défaillance, un rappel que les assurances-vie étrangères ne sont pas nécessairement plus sûres que les produits français.
🏦 Investissement : Trois perspectives clés sur la volatilité du marché
Après une période prolongée de calme sur les marchés financiers, le mois d'août a marqué le retour de la volatilité, une phase souvent inconfortable, mais de courte durée. En abordant septembre et octobre, les deux mois précédant l'élection présidentielle américaine, nous avons identifié trois perspectives clés sur la volatilité du marché.
1. La volatilité, un coût inévitable pour les investisseurs :
Dans le monde de l’investissement, il faut parfois serrer les dents. La volatilité représente le prix à payer pour espérer des rendements positifs et la croissance de la valeur des portefeuilles. Les fluctuations des marchés, qu'elles soient à la hausse ou à la baisse, sont normales, même dans les périodes les plus prospères.
Historiquement, les actions connaissent environ trois baisses de 5 % par an, une correction de 10 %, et une correction sévère de 15 % à 20 % environ tous les deux ans. Bien que ces reculs soient inévitables, chaque baisse des actions américaines a, jusqu'à présent, été suivie d'un nouveau record. Les investisseurs doivent donc être capables de résister à ces fluctuations pour tirer parti des gains futurs.
2. Volatilité déclenchée par des facteurs émotionnels :
La volatilité peut souvent être provoquée par des changements d’humeur basés sur des événements médiatiques ou des facteurs externes sans lien direct avec les fondamentaux du marché à long terme. Ce fut le cas en août. Les actions technologiques, particulièrement celles des géants du secteur, semblaient surévaluées après une forte hausse en début d'année.
Parallèlement, une stratégie populaire de fonds spéculatifs, impliquant des emprunts en yens pour acheter des actifs dans d'autres devises, a commencé à se défaire après une hausse des taux par la Banque du Japon. Ce dénouement a forcé certains investisseurs à vendre des actions technologiques et d'autres valeurs pour couvrir leurs pertes, amplifiant la correction.
3. Contexte économique toujours favorable malgré les incertitudes :
En dépit des récents soubresauts, les trois principaux moteurs des rendements à long terme restent positifs : la croissance économique, les profits des entreprises, et les taux d'intérêt. L’économie américaine, bien que ralentissant, continue de croître. Nous passons d'une période de croissance supérieure à la moyenne (3-4 % du PIB) à une croissance plus modérée (1-2 % du PIB), une normalisation qui reste soutenable.
Du côté des profits, les entreprises bénéficient d'une augmentation de la productivité et d’une modération des coûts, ce qui laisse présager une hausse continue des bénéfices. Les taux d’intérêt, quant à eux, pourraient être réduits par la Réserve fédérale le 18 septembre, avec une baisse récente de l'inflation et des signes d'un marché du travail plus calme.
Prévoir une hausse de la volatilité à l'approche des élections :
Malgré des fondamentaux économiques solides, il ne faut pas exclure des secousses supplémentaires. L’histoire montre que les mois de septembre et octobre sont souvent marqués par une volatilité accrue, en partie due aux incertitudes liées aux élections présidentielles américaines. Les fluctuations du marché augmentent généralement à l'approche des élections, mais cette tendance s'estompe rapidement après le jour du scrutin.
En conclusion, le risque et la récompense vont de pair en investissement. La volatilité est le prix à payer pour des rendements futurs. Il est essentiel de ne pas réagir de manière excessive aux titres d'actualité et de rester concentré sur les fondamentaux du marché, qui restent favorables dans le contexte actuel.
💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :
TotalEnergies signe un accord de 100 millions de dollars pour investir dans des projets forestiers aux États-Unis afin de préserver le puits de carbone.
Un descendant du fondateur de Chrysler veut racheter Chrysler et Dodge, mais Stellantis n'est pas vendeur.
Atos dégrade ses prévisions 2024 à 2027 mais estime que cela ne modifie pas le calendrier de sa restructuration financière.
Goldman Sachs prévoit de licencier 1300 personnes, soit 3 à 4% de ses effectifs.
Ford doit rappeler 91 000 véhicules en raison d'un problème de soupapes de moteur, selon les autorités de régulation américaines. BMW rappelle des Mini Coopers électriques en raison de problèmes de batterie.
Safran finalise l'acquisition de Preligens, spécialiste de l'IA.
Forvia et Ubisoft vont quitter l'indice STOXX Europe 600 le 23 septembre.
Swiss Life augmente son bénéfice d’exploitation de 7% au S1.
Tesla prévoit une Model Y à six places, dont la production est prévue pour 2026 en Chine, selon Reuters.
Stellantis a cessé temporairement la production des deux modèles américains les plus vendus de Jeep.
Johnson & Johnson condamné à payer plus d'un milliard de dollars dans l'affaire de l'acquisition de robots chirurgicaux.
Pernod Ricard abandonne le contrat de sponsoring du PSG après des critiques.
Source : Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters, ABC Bourse